
Mise à jour : septembre 2026. Cet article s’appuie sur les dernières données disponibles de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Les chiffres relatifs à 2025 sont provisoires ou estimés pour certains pays.
Le marché mondial du vin traverse une période de profonde recomposition. Les surfaces viticoles diminuent, la production reste affectée par des conditions climatiques difficiles et la consommation recule dans plusieurs marchés historiques. Dans le même temps, le commerce international conserve un rôle beaucoup plus important qu’il y a trente ans et la création de valeur reste très concentrée entre quelques pays exportateurs.
En 2025, le vignoble mondial couvre environ 7,0 millions d’hectares, la production atteint 226,7 millions d’hectolitreset la consommation est estimée à 208 millions d’hectolitres. Les exportations mondiales représentent 94,8 millions d’hectolitres, pour une valeur de 33,8 milliards d’euros.
Cette nouvelle édition de l’Agridata consacrée au vin analyse l’évolution du vignoble, de la production, de la consommation et des échanges internationaux depuis 1995. Elle permet également de situer la France dans une filière devenue plus internationale, mais confrontée à une demande moins dynamique.
Ce qu'il faut retenir
- Le vignoble mondial a diminué d’environ 10 % entre 1995 et 2025, passant de 7,82 à 7,03 millions d’hectares.
- La production mondiale de vin s’établit à 226,7 millions d’hectolitres en 2025, soit l’un des niveaux les plus faibles observés depuis plusieurs décennies.
- L’Italie, la France et l’Espagne réalisent ensemble un peu plus de 48 % de la production mondiale.
- La consommation mondiale est tombée à 208 millions d’hectolitres, en baisse de 14 % depuis 2018 selon l’OIV.
- Les États-Unis restent le premier marché en volume, devant la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
- Les exportations mondiales ont progressé de plus de 72 % en volume depuis 1995, malgré leur recul récent.
- La France n’est que le troisième exportateur en volume, mais demeure nettement le premier exportateur mondial en valeur.
Comment mesurer le marché mondial du vin ?
Les données utilisées dans cet article proviennent principalement de l’Organisation internationale de la vigne et du vin. Plusieurs précautions sont nécessaires pour les interpréter correctement.
La surface du vignoble ne correspond pas uniquement aux vignes destinées à la vinification. Elle comprend également les surfaces consacrées aux raisins de table et aux raisins secs, ainsi que les jeunes vignes qui ne sont pas encore productives. Cette définition explique notamment la place élevée de la Chine, de la Türkiye, de l’Inde ou de l’Iran dans le classement mondial des surfaces.
La production de vin exclut les jus et les moûts. Elle associe les vins issus des raisins récoltés au premier semestre dans l’hémisphère Sud et au second semestre dans l’hémisphère Nord.
La consommation est généralement estimée selon la méthode de la consommation apparente : production augmentée des importations, diminuée des exportations et ajustée, lorsque les informations sont disponibles, des variations de stocks. Les résultats doivent donc être considérés comme des estimations, en particulier dans les pays où les données sur les stocks sont incomplètes.
Enfin, les valeurs du commerce international sont exprimées en euros. Leur évolution dépend donc non seulement des volumes et des prix, mais également de la composition des produits échangés et des variations de change.
Comment le vignoble mondial a-t-il évolué depuis 1995 ?
La surface viticole mondiale est passée de 7,82 millions d’hectares en 1995 à 7,03 millions en 2025, soit une contraction d’un peu plus de 10 %. Le recul n’a pas été parfaitement linéaire, mais il s’est accentué au cours des dernières années : le vignoble mondial a perdu près de 358 000 hectares entre 2020 et 2025.
Cette évolution traduit plusieurs phénomènes : restructuration des vignobles européens, arrachages liés à la faiblesse de la demande, adaptation aux contraintes climatiques, évolution de la rentabilité des exploitations et réorientation de certaines surfaces vers d’autres cultures. En 2025, l’OIV estime que la surface mondiale diminue encore de 0,8 % par rapport à 2024.
Graphique 4.1 Évolution de la surface du vignoble mondial entre 1995 et 2025
Quels pays possèdent les plus grandes surfaces viticoles ?
Avec 919 000 hectares, l’Espagne conserve en 2025 le plus vaste vignoble du monde. Elle devance la France, la Chine et l’Italie, dont les surfaces sont relativement proches, entre 726 000 et 740 000 hectares. Les États-Unis occupent la cinquième place avec 415 000 hectares, devant la Turquie avec 395 000 hectares.
Il faut néanmoins distinguer la taille du vignoble de son orientation productive. Les vignobles français, italiens et espagnols sont très largement associés à la filière vin. À l’inverse, une proportion importante des surfaces chinoises, turques, indiennes, iraniennes, ouzbèkes et afghanes produit des raisins de table ou des raisins secs.
Les trajectoires nationales sont également contrastées. Depuis 1995, les surfaces ont nettement reculé en Espagne, en France, en Italie, au Portugal et en Roumanie. À l’inverse, elles ont progressé en Chine, en Inde, en Australie, au Chili et, dans une moindre mesure, aux États-Unis.
Graphique 4.2 Répartition des surfaces viticoles mondiales par pays en 2025
Comment la production mondiale de vin a-t-elle évolué ?
La production mondiale de vin reste fortement variable d’une année à l’autre. Elle dépend des surfaces en production, mais surtout des rendements, eux-mêmes très sensibles au gel, à la grêle, aux excès de pluie, aux sécheresses et aux vagues de chaleur.
Après plusieurs récoltes relativement abondantes au cours des années 2000 et 2010, la production mondiale a atteint seulement 236,1 millions d’hectolitres en 2023, puis 225,3 millions en 2024. En 2025, elle se redresse très légèrement à 226,7 millions d’hectolitres, soit une hausse de 0,6 %, mais reste inférieure de 9,4 % à la moyenne des cinq campagnes précédentes selon l’OIV.
Le millésime 2025 constitue ainsi la troisième campagne consécutive de faible production. L’OIV souligne l’impact répété des gelées précoces, des pluies excessives et des sécheresses prolongées. Dans certains pays, la faiblesse de la demande et l’importance des stocks ont également pu encourager des stratégies de production plus prudentes.
Graphique 4.3 Évolution de la production mondiale de vin entre 1995 et 2025
Quels sont les principaux pays producteurs de vin ?
L’Europe demeure le centre de gravité de la production mondiale. En 2025, l’Union européenne produit environ 136 millions d’hectolitres, soit près de 60 % du total mondial.
L’Italie est le premier producteur avec 44,4 millions d’hectolitres. Elle devance la France, dont la production atteint 36,1 millions, et l’Espagne avec 28,7 millions. Les États-Unis occupent la quatrième place avec 20 millions d’hectolitres.
Les principaux producteurs de l’hémisphère Sud suivent des trajectoires plus contrastées. L’Australie atteint 11,3 millions d’hectolitres en 2025, devant l’Argentine avec 10,8 millions, l’Afrique du Sud avec 10,2 millions et le Chili avec 8,4 millions. La Nouvelle-Zélande ne produit que 3,7 millions d’hectolitres, mais sa production est plus de six fois supérieure à celle de 1995.
Sur longue période, la progression du Chili, de l’Australie, de l’Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande illustre la montée en puissance des pays dits du « Nouveau Monde ». Cette expansion ne remet toutefois pas en cause la prééminence de l’Italie, de la France et de l’Espagne.
Graphique 4.4 Évolution de la production des principaux pays producteurs entre 1995 et 2025
Comment la répartition de la production mondiale s’est-elle transformée ?
En 1995, l’Italie et la France produisaient chacune plus d’un cinquième du vin mondial. Avec l’Espagne, les trois pays concentraient environ 52 % de la production mondiale. En 2025, leur part cumulée reste très élevée, mais elle est revenue à un peu plus de 48 %.
Le poids relatif de la France diminue particulièrement, passant de 21,7 % à 15,9 % de la production mondiale entre 1995 et 2025. L’Italie reste en tête avec 19,6 %, tandis que l’Espagne progresse de 8,3 % à 12,7 %. Les États-Unis représentent 8,8 % du total mondial en 2025.
La diversification géographique est surtout visible derrière ce premier groupe. L’Australie, le Chili, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande ont accru leur place, alors que plusieurs producteurs européens historiques, parmi lesquels la Roumanie, la Hongrie, la Grèce ou la Moldavie, ont perdu du terrain.
Graphique 4.5 Répartition de la production mondiale de vin par pays en 1995
Graphique 4.6 Répartition de la production mondiale de vin par pays en 2025
Comment la consommation mondiale de vin évolue-t-elle ?
La consommation mondiale de vin est estimée à 208 millions d’hectolitres en 2025, en baisse de 2,7 % par rapport à 2024. Elle a diminué d’environ 14 % depuis 2018 et se situe à son niveau le plus bas de la série étudiée.
Ce recul résulte à la fois de tendances structurelles et d’un contexte économique défavorable. Dans les marchés matures, les habitudes de consommation évoluent sous l’effet du renouvellement des générations, de la recherche de modération, de la concurrence d’autres boissons et de la diversification des occasions de consommation. Depuis 2020, la pandémie, l’inflation et les incertitudes économiques ont en outre pesé sur le pouvoir d’achat.
La baisse n’est cependant pas uniforme. Certains marchés poursuivent leur développement tandis que d’autres connaissent une contraction ancienne et durable. La diminution observée en Chine, en France et, plus récemment, aux États-Unis explique une part importante du recul mondial.
Graphique 4.7 Évolution de la consommation mondiale de vin entre 1995 et 2025
Quels sont les principaux pays consommateurs de vin ?
Les États-Unis restent le premier marché mondial avec 31,9 millions d’hectolitres consommés en 2025, soit 15,3 % du total. Ils devancent la France avec 22,0 millions, l’Italie avec 20,2 millions et l’Allemagne avec 17,8 millions. Le Royaume-Uni complète le groupe de tête avec 12,3 millions d’hectolitres.
Les évolutions de long terme diffèrent fortement. Depuis 1995, la consommation a progressé aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, au Brésil, au Japon et au Canada. Elle a fortement reculé dans plusieurs pays producteurs historiques, notamment en France, en Italie, en Espagne et en Argentine.
La Chine constitue un cas particulier. Après une phase de croissance rapide, son marché s’est contracté à partir de 2018. La consommation chinoise n’atteint plus que 4,8 millions d’hectolitres en 2025, en baisse de 13 % sur un an.
Graphique 4.8 Les principaux pays consommateurs de vin en 2025
Dans quels pays consomme-t-on le plus de vin par habitant ?
La consommation totale et la consommation par habitant apportent deux lectures complémentaires du marché. Les pays les plus peuplés disposent généralement des volumes les plus importants, mais ne sont pas nécessairement ceux où le vin occupe la plus grande place dans les habitudes de consommation.
Les États-Unis constituent de loin le premier marché en volume en 2024, avec 33,3 millions d’hectolitres, mais leur consommation apparente ne représente qu’environ 9,8 litres par habitant. À l’inverse, la France et l’Italie associent un marché de grande taille à une consommation individuelle élevée : respectivement 22,7 et 22,3 millions d’hectolitres, soit 33,1 et 37,8 litres par habitant.
L’Allemagne et le Royaume-Uni occupent une position intermédiaire. Leurs marchés atteignent respectivement 18,6 et 12,6 millions d’hectolitres, pour une consommation de 22,3 et 18,2 litres par habitant. L’Espagne et l’Australie présentent des niveaux proches de 20 litres par habitant.
Le Portugal se distingue par la consommation apparente la plus élevée, avec 49,8 litres par habitant, malgré un marché total beaucoup plus réduit que ceux de la France ou de l’Italie. La Géorgie et la Slovénie dépassent également 30 litres par habitant.
À l’autre extrémité du graphique, plusieurs marchés importants restent caractérisés par une faible consommation individuelle. La Chine représente environ 5,5 millions d’hectolitres, mais seulement 0,4 litre par habitant. Le Brésil, le Japon, la Russie, le Canada et l’Afrique du Sud affichent également une consommation par habitant nettement inférieure à celle des principaux pays européens producteurs.
Le nuage de points permet ainsi de distinguer quatre profils : les grands marchés à forte consommation individuelle, les grands marchés à consommation modérée, les petits marchés à forte consommation par habitant et les marchés où le vin reste encore peu présent.
Ces estimations doivent néanmoins être interprétées avec prudence. Elles rapportent la consommation apparente à l’ensemble de la population, et non uniquement aux adultes. Dans les petits pays et territoires, les résultats peuvent aussi être influencés par le tourisme, les achats transfrontaliers, les réexportations et les limites des statistiques de stocks.
Graphique 4.9 Consommation totale et consommation apparente de vin par habitant en 2024
Quelle place le commerce international occupe-t-il sur le marché du vin ?
La filière vitivinicole s’est fortement internationalisée depuis le milieu des années 1990. Les exportations mondiales sont passées de 55,0 millions d’hectolitres en 1995 à 94,8 millions en 2025, soit une progression de plus de 72 %.
Cette croissance est encore plus visible lorsqu’on rapporte les échanges à la production mondiale. En 1995, les volumes exportés représentaient l’équivalent d’environ 22 % de la production de vin. Cette proportion atteint près de 42 % en 2025. Le vin est donc beaucoup plus échangé entre pays qu’il y a trente ans, ce qui renforce la dépendance des producteurs à l’évolution des marchés internationaux.
Ce ratio doit néanmoins être interprété comme un indicateur de l’internationalisation de la filière. Les vins exportés au cours d’une année peuvent provenir de récoltes antérieures, tandis qu’une même quantité peut parfois être comptabilisée dans plusieurs flux lorsqu’elle est réexportée.
La progression des échanges n’a pas été linéaire. Les exportations mondiales ont culminé à 112,2 millions d’hectolitres en 2021, avant de reculer pendant plusieurs années consécutives. En 2025, elles diminuent encore de 4,7 % par rapport à 2024.
La valeur mondiale des exportations recule également de 6,7 % en 2025, pour atteindre 33,8 milliards d’euros. Le prix moyen diminue légèrement à 3,56 euros par litre, mais demeure historiquement élevé et supérieur de 24 % à son niveau d’avant la pandémie selon l’OIV.
Graphique 4.10 Évolution du commerce mondial du vin depuis 1995
Les données agrégées de l’OIV permettent de mesurer l’internationalisation croissante de la filière vitivinicole. Pour comprendre plus précisément la géographie actuelle des échanges, les données douanières d’UN Comtrade permettent d’identifier les principaux pays exportateurs et importateurs, les catégories de vins échangées et les grandes relations commerciales en 2025.
Quels pays dominent les exportations mondiales de vin en 2025 ?
Les données d’UN Comtrade confirment la forte concentration des exportations mondiales de vin autour de quelques grands pays producteurs européens. En 2025, les exportations recensées représentent environ 37,6 milliards de dollars et 95,0 millions d’hectolitres.
La France occupe nettement la première place en valeur, avec 12,7 milliards de dollars d’exportations, soit 33,6 % du total recensé. Elle devance l’Italie, qui atteint 8,8 milliards de dollars et représente 23,3 % des exportations. L’Espagne complète le podium avec 3,2 milliards de dollars, soit 8,6 % du total. À eux trois, ces pays concentrent ainsi environ 65,5 % de la valeur des exportations mondiales de vin.
Graphique 4.11 Principaux exportateurs mondiaux de vin en 2025 (en millions de $)
Le classement en volume est différent. L’Italie arrive en tête avec environ 20,8 millions d’hectolitres, devant l’Espagne avec 18,8 millions et la France avec 12,6 millions. Cette différence entre les classements en valeur et en volume traduit des positionnements commerciaux distincts.
La valeur moyenne des exportations françaises atteint environ 10 dollars par litre, contre 4,20 dollars pour l’Italie et 1,72 dollar pour l’Espagne. Il ne s’agit pas d’un prix de vente au consommateur, mais d’une valeur unitaire à l’exportation. Elle dépend notamment de la gamme des vins commercialisés, du poids des vins effervescents, du conditionnement et de la structure des marchés de destination.
Derrière les trois leaders européens, l’Australie et le Chili représentent chacun un peu plus de 4 % de la valeur mondiale recensée. La Nouvelle-Zélande, l’Allemagne, le Portugal, les États-Unis et l’Afrique du Sud complètent le groupe des principaux exportateurs. Les dix premiers pays concentrent près de 87 % de la valeur des échanges, ce qui témoigne d’un marché particulièrement structuré autour d’un nombre limité d’acteurs.
La France dans le marché mondial du vin
La France ne possède pas le plus grand vignoble et n’est pas systématiquement le premier producteur en volume. Elle occupe néanmoins une position centrale dans la filière grâce à la valeur de ses exportations. En 2025, elle représente environ 33,6 % de la valeur des exportations recensées par UN Comtrade, avec une valeur moyenne proche de 10 dollars par litre. Ce positionnement reflète notamment le poids des vins sous indication géographique, des appellations reconnues et des vins effervescents.
Quels sont les principaux marchés importateurs de vin ?
La géographie des importations est moins concentrée que celle des exportations. Les États-Unis constituent le premier marché mondial, avec environ 6,5 milliards de dollars d’importations en 2025, soit 18,8 % de la valeur recensée dans l’extraction.
Le Royaume-Uni arrive en deuxième position avec 4,9 milliards de dollars, devant l’Allemagne avec 3,0 milliards. Ces trois marchés représentent ensemble près de 41,7 % de la valeur des importations recensées.
Graphique 4.12 Les principaux importateurs mondiaux de vin en 2025 (en millions de $)
Le Canada et le Japon occupent respectivement les quatrième et cinquième places, avec environ 1,9 milliard et 1,7 milliard de dollars d’importations. Les cinq premiers marchés concentrent un peu plus de la moitié de la valeur totale étudiée.
Les Pays-Bas et la Belgique apparaissent également à des niveaux élevés. Leur position doit toutefois être interprétée en tenant compte de leur rôle de plateformes logistiques et commerciales au sein de l’Europe. Une partie des vins importés peut ensuite être réexportée vers d’autres marchés.
La Suisse, la Suède, le Danemark et le Japon se distinguent davantage par la valeur de leurs importations que par leur volume. Cela traduit généralement un positionnement sur des vins à valeur unitaire relativement élevée. À l’inverse, l’Allemagne combine une valeur importante et des volumes particulièrement élevés, ce qui reflète un marché plus diversifié comprenant également des vins d’entrée et de milieu de gamme ainsi que des vins importés en vrac.
Les données d’importation doivent néanmoins être analysées avec prudence. Certains pays, notamment le Royaume-Uni, ne renseignent pas les quantités en litres pour toutes les catégories. Le classement par valeur est donc plus robuste que celui établi à partir des volumes.
Quels types de vin représentent l’essentiel des exportations ?
Les vins tranquilles commercialisés dans des contenants de 2 litres ou moins constituent la première catégorie du commerce mondial. Ils représentent environ 24,9 milliards de dollars, soit 66,2 % de la valeur des exportations recensées. Leur part dans les volumes est plus faible, autour de 50,6 %, ce qui souligne leur valeur unitaire supérieure à celle des vins commercialisés dans de grands contenants.
Graphique 4.13 Exportations mondiales de vin par catégorie en 2025 (en millions de $)
Les vins mousseux occupent une place particulièrement importante en valeur. Ils ne représentent qu’environ 11 % des volumes, mais concentrent 24,5 % de la valeur des exportations, soit près de 9,2 milliards de dollars. Leur valeur moyenne atteint approximativement 8,76 dollars par litre, confirmant le positionnement plus haut de gamme de cette catégorie.
À l’inverse, les vins tranquilles commercialisés dans des contenants de plus de 2 litres représentent environ 38 % des volumes disponibles, mais seulement 9,3 % de la valeur. Cette catégorie regroupe notamment les vins en vrac et certains conditionnements intermédiaires. Elle joue un rôle important dans l’approvisionnement des marchés d’embouteillage et dans les échanges de vins destinés à des segments plus sensibles au prix.
La comparaison entre valeur et volume fait donc apparaître deux logiques complémentaires : d’un côté, les vins mousseux et conditionnés créent l’essentiel de la valeur ; de l’autre, les vins en grands contenants contribuent fortement aux volumes échangés.
Quels sont les grands flux du commerce mondial du vin ?
Les flux bilatéraux montrent l’importance déterminante des grands marchés de consommation nord-américains et européens. Le premier courant commercial en valeur relie la France aux États-Unis, pour environ 2,16 milliards de dollars en 2025. Il est suivi de près par les exportations italiennes vers les États-Unis, qui atteignent 1,98 milliard de dollars.
À eux seuls, ces deux flux représentent environ 11 % de la valeur des échanges bilatéraux recensés. Les États-Unis constituent ainsi un débouché essentiel pour les deux premiers exportateurs mondiaux de vin.
Graphique 4.14 Principaux flux mondiaux du commerce du vin en 2025 (en millions de $)
Le Royaume-Uni constitue l’autre grande destination des vins européens. Les exportations françaises vers ce marché atteignent environ 1,65 milliard de dollars, tandis que celles de l’Italie représentent près de 923 millions de dollars. Malgré le recul récent de la consommation britannique, le pays demeure donc au cœur du commerce international du vin.
L’Allemagne joue également un rôle majeur. Les exportations italiennes vers ce pays atteignent près de 1,28 milliard de dollars, auxquelles s’ajoutent environ 870 millions de dollars de vins français et 387 millions de dollars de vins espagnols. Le marché allemand associe des volumes élevés à une large diversité de positionnements tarifaires.
Le commerce mondial du vin reste par ailleurs très fortement structuré par les échanges intra-européens. La proximité géographique, le marché unique, les réseaux de distribution et le rôle des plateformes logistiques favorisent des flux importants entre la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse.
Quelques grands flux intercontinentaux complètent cette organisation. C’est notamment le cas des exportations australiennes vers la Chine, des vins néo-zélandais vers les États-Unis ou encore des exportations chiliennes vers le Royaume-Uni, les États-Unis, le Brésil et le Japon.
La hiérarchie des flux varie toutefois selon l’indicateur retenu. Les vins français dominent fréquemment les classements en valeur, tandis que les vins italiens, espagnols, chiliens ou australiens occupent une place plus importante lorsque les échanges sont mesurés en volume. Cette différence reflète la diversité des produits, des conditionnements et des niveaux de gamme qui composent le marché mondial du vin.
Quelles perspectives pour le marché mondial du vin ?
Le marché mondial du vin se trouve dans une phase de transformation. Dans plusieurs grands pays consommateurs, les volumes diminuent sous l’effet de l’évolution des modes de vie, des préoccupations sanitaires, du renouvellement des générations et de la concurrence d’autres boissons. La croissance future du secteur ne reposera donc probablement pas uniquement sur une augmentation des quantités consommées.
Les producteurs doivent également composer avec une plus grande variabilité des récoltes. Les épisodes de chaleur, de sécheresse, de gel ou de pluies excessives affectent les rendements et peuvent modifier progressivement la géographie de la production viticole. L’adaptation des cépages, des pratiques culturales et de la gestion de l’eau devient ainsi un enjeu stratégique.
Dans ce contexte, la création de valeur prend une importance croissante. La différenciation par l’origine, la qualité, les indications géographiques, les démarches environnementales et les nouveaux conditionnements peut contribuer à compenser la contraction des volumes. Le développement des vins désalcoolisés ou sans alcool constitue également une piste de diversification, même si ce marché reste encore limité.
Enfin, l’internationalisation du secteur rend les producteurs davantage dépendants de la conjoncture économique, des taux de change, des politiques commerciales et de l’évolution de quelques grands marchés importateurs. La diversification des débouchés et l’adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs seront donc déterminantes pour l’avenir de la filière.
Méthodologie et sources
Les séries sur les surfaces viticoles, la production, la consommation et les volumes échangés proviennent de la base OIV Data Discovery Report, consultée en septembre 2026. La période retenue est 1995-2025 afin de disposer de séries suffisamment homogènes.
Les données 2025 sur la valeur du commerce et la répartition des échanges par catégorie proviennent du rapport State of the World Wine Sector in 2025, publié par l’OIV en mai 2026 à partir de données OIV et GTA.
L’analyse de long terme des échanges mondiaux repose sur les données agrégées de l’Organisation internationale de la vigne et du vin. Les classements par pays, la répartition par catégorie et les flux bilatéraux reposent sur UN Comtrade, à partir des codes douaniers 220410, 220421, 220422 et 220429. Le code 220430 relatif aux moûts de raisin est exclu.
La consommation par habitant a été calculée pour 2024 en divisant la consommation apparente publiée par l’OIV par la population totale 2024 de la Banque mondiale. Les pays de moins d’un million d’habitants ont été écartés du classement afin de limiter les distorsions liées aux petits territoires, au tourisme et aux flux transfrontaliers.
Les données 2025 sont provisoires ou estimées pour certains pays. Les totaux peuvent différer légèrement de la somme des pays en raison des arrondis, des estimations et des différences de couverture statistique.
Sources principales :
À propos de l’auteur
Olivier Frey est consultant et économiste spécialisé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et les coopératives agricoles. Il réalise des études économiques et sectorielles, accompagne les organisations dans leurs réflexions stratégiques et intervient dans le cadre de formations et de conférences.
À travers les articles Agridata, il rassemble, met en forme et analyse des données agricoles et agroalimentaires issues de sources statistiques reconnues afin de rendre accessibles les grandes transformations des filières.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes sur le marché mondial du vin
Quel est le premier pays producteur de vin en 2025 ?
L’Italie est le premier producteur mondial de vin en 2025 avec environ 44,4 millions d’hectolitres. Elle devance la France avec 36,1 millions et l’Espagne avec 28,7 millions d’hectolitres.
Quel pays possède le plus grand vignoble ?
L’Espagne possède le plus grand vignoble du monde avec environ 919 000 hectares en 2025. La surface viticole comprend toutefois les vignes destinées au vin, aux raisins de table et aux raisins secs.
Quel est le premier pays consommateur de vin ?
Les États-Unis sont le premier marché mondial en volume avec environ 31,9 millions d’hectolitres consommés en 2025. La France arrive en deuxième position devant l’Italie et l’Allemagne.
Dans quel pays consomme-t-on le plus de vin par habitant ?
Parmi les pays de plus d’un million d’habitants étudiés, le Portugal arrive en tête en 2024 avec environ 49,8 litres par habitant, devant l’Italie et la France. Il s’agit d’une consommation apparente rapportée à la population totale.
Quel est le premier exportateur mondial de vin ?
L’Italie est le premier exportateur en volume en 2025, devant l’Espagne et la France. En valeur, la France occupe largement la première place avec 11,2 milliards d’euros d’exportations.
Pourquoi la consommation mondiale de vin diminue-t-elle ?
Le recul résulte de plusieurs facteurs : évolution des modes de vie, modération de la consommation d’alcool, renouvellement générationnel, concurrence d’autres boissons, inflation et ralentissement de plusieurs grands marchés, notamment la Chine, la France et les États-Unis.

