
Le riz est l’une des principales céréales cultivées et consommées dans le monde. Il joue un rôle essentiel dans l’alimentation de plusieurs milliards de personnes, particulièrement en Asie, où se concentrent à la fois l’essentiel de la production et de la consommation mondiales.
Depuis 1961, la production mondiale de riz a fortement progressé sous l’effet de l’augmentation des surfaces cultivées, mais surtout de l’amélioration des rendements. Cette croissance s’accompagne d’une profonde évolution de la géographie de la production, dominée par la Chine et l’Inde, tandis que plusieurs pays asiatiques se sont imposés sur le marché international.
Quels sont aujourd’hui les principaux pays producteurs de riz ? Comment les surfaces et les rendements ont-ils évolué ? Quels pays dominent les exportations et les importations ? Quelle place la France occupe-t-elle dans cette filière mondiale ?
Cette édition actualisée d’Agridata analyse l’évolution de la production mondiale de riz entre 1961 et 2024, sa répartition géographique, les surfaces cultivées, les rendements, la consommation et le commerce international. Elle s’appuie principalement sur les données de FAOSTAT et d’UN Comtrade.
Les données de production présentées dans l’article concernent généralement le riz paddy, c’est-à-dire le riz récolté avant décorticage. Les statistiques commerciales regroupent, selon les indicateurs étudiés, le riz paddy, le riz décortiqué, le riz blanchi et les brisures de riz. Cette différence doit être prise en compte lorsque l’on compare production et échanges internationaux.
Comment mesurer la production et la consommation de riz ?
Dans les statistiques de FAOSTAT, la production est exprimée en tonnes de riz paddy, c’est-à-dire le riz récolté avant décorticage et blanchiment. Son évolution dépend à la fois des surfaces récoltées et des rendements. Dans les pays où plusieurs récoltes sont réalisées chaque année sur une même parcelle, celle-ci peut être comptabilisée plusieurs fois dans les surfaces récoltées.
La consommation est plus difficile à mesurer directement. Les chiffres présentés correspondent à la disponibilité alimentaire apparente de riz : ils tiennent compte de la production, des importations, des exportations, des variations de stocks, des pertes et des usages non alimentaires. Ils constituent donc une estimation de la quantité moyenne disponible par habitant, et non de la quantité réellement ingérée.
Enfin, les données commerciales couvrent plusieurs formes de riz : riz paddy, riz décortiqué, riz blanchi et brisures. Elles ne sont donc pas directement comparables aux volumes de production exprimés exclusivement en riz paddy.
Comment la production mondiale de riz a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de riz paddy est passée de 215,6 millions de tonnes en 1961 à 820,2 millions de tonnes en 2024. Elle a donc été multipliée par 3,8 en un peu plus de soixante ans, soit une progression moyenne d’environ 2,1 % par an.
Cette croissance a permis d’accompagner l’augmentation de la population mondiale et de répondre à une demande alimentaire croissante. Elle repose à la fois sur l’extension des surfaces récoltées et, surtout, sur l’amélioration des rendements. Ces deux facteurs seront analysés plus loin dans l’article.
Graphique 18.1 — Évolution de la production mondiale de riz par continent entre 1961 et 2024 (en millions de tonnes de riz paddy)
Une production mondiale presque multipliée par quatre
La progression s’est effectuée par étapes. La production mondiale a dépassé :
- 400 millions de tonnes au début des années 1980 ;
- 600 millions de tonnes à la fin des années 1990 ;
- 700 millions de tonnes au début des années 2010 ;
- 800 millions de tonnes en 2023.
Malgré des baisses ponctuelles liées notamment aux conditions climatiques, aux disponibilités en eau ou aux variations de récolte dans les grands pays producteurs, la tendance de long terme reste nettement orientée à la hausse. En 2024, la production mondiale atteint un nouveau sommet de 820,2 millions de tonnes, en progression de 1,9 % par rapport à 2023.
L’Asie concentre près de 90 % de la production mondiale
L’Asie demeure de très loin le principal bassin rizicole. Sa production est passée de 198,8 millions de tonnes en 1961 à 733,7 millions de tonnes en 2024. Le continent représente ainsi 89,4 % de la production mondiale en 2024, contre 92,2 % en 1961.
À elle seule, l’Asie est à l’origine d’environ 88 % de l’augmentation de la production mondiale observée depuis 1961. Cette domination s’explique par le poids démographique du continent, la place centrale du riz dans l’alimentation et l’importance historique de cette culture dans de nombreux pays.
La production africaine connaît la croissance relative la plus forte
L’évolution la plus spectaculaire concerne toutefois l’Afrique. Sa production est passée de 4,3 à 44,8 millions de tonnesentre 1961 et 2024 : elle a donc été multipliée par plus de dix. Sa part dans la production mondiale a progressé de 2 % à 5,5 %.
Cette croissance s’est particulièrement accélérée depuis le début des années 2000. Elle traduit le développement de la riziculture dans plusieurs régions du continent, sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’augmentation de la demande. Cette progression demeure néanmoins insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins africains, ce qui explique le poids du continent dans les importations mondiales.
Dans les Amériques, la production a progressé de 10,6 à 37,2 millions de tonnes. Leur part mondiale reste relativement stable, autour de 4,5 %. L’Europe et l’Océanie demeurent des producteurs beaucoup plus modestes : elles représentent ensemble moins de 1 % de la production mondiale en 2024.
Quels sont les principaux pays producteurs de riz ?
La production mondiale de riz est fortement concentrée. En 2024, les dix premiers pays producteurs assurent 84,5 % de la production mondiale et appartiennent tous à l’Asie. L’Inde et la Chine représentent à elles seules 52,1 % du total mondial.
Graphique 18.2 — Évolution de la production de riz des 20 principaux pays producteurs entre 1961 et 2024 (en tonnes de riz paddy)
L’Inde dépasse la Chine en 2024
Avec 217,9 millions de tonnes de riz paddy, l’Inde devient en 2024 le premier producteur mondial, devant la Chine et ses 209,2 millions de tonnes. Il s’agit de la première inversion entre les deux pays depuis 1961 dans cette série statistique.
La Chine occupait jusqu’alors la première place mondiale. Sa production a progressé de 56,2 millions de tonnes en 1961 à 209,2 millions en 2024. Depuis le début des années 2000, elle tend toutefois à se stabiliser autour de 200 millions de tonnes.
La progression indienne s’est poursuivie plus régulièrement. Sa production est passée de 53,5 à 217,9 millions de tonnessur la même période. En 2024, l’Inde représente 26,6 % de la production mondiale, contre 25,5 % pour la Chine.
Un deuxième groupe de grands producteurs asiatiques
Derrière ces deux géants, le Bangladesh occupe la troisième place avec 60,6 millions de tonnes, devant l’Indonésie avec 53,1 millions et le Vietnam avec 43,5 millions.
La Thaïlande produit 33,6 millions de tonnes, suivie du Myanmar avec 27,7 millions et des Philippines avec 19,1 millions. Le Pakistan et le Cambodge complètent les dix premières places, avec respectivement 14,6 et 14,2 millions de tonnes.
La montée en puissance du Vietnam, du Pakistan et du Cambodge constitue l’une des transformations importantes de la période. Depuis 1961, leur production a été multipliée respectivement par près de cinq, neuf et six. Leur rôle dans le commerce international est toutefois très différent : certains produisent principalement pour leur marché intérieur, tandis que d’autres figurent parmi les grands exportateurs mondiaux.
Le recul relatif du Japon et l’essor du Nigeria
Le classement a sensiblement évolué depuis 1961. Le Japon occupait alors la troisième place mondiale avec 16,2 millions de tonnes. Sa production n’atteint plus que 10,1 millions de tonnes en 2024, ce qui le place au douzième rang. La Corée du Sud a également reculé dans le classement, malgré une production proche de son niveau de 1961.
Hors d’Asie, le Brésil est le premier producteur avec 10,7 millions de tonnes, juste devant les États-Unis avec 10,1 millions.
Le Nigeria est devenu le principal producteur africain et le quatorzième producteur mondial, avec 9,1 millions de tonnes en 2024. Il devance l’Égypte, le Népal et Madagascar. L’augmentation de sa production illustre le développement rapide de la riziculture africaine, même si le continent reste fortement dépendant des importations pour satisfaire sa consommation.
Comment les surfaces cultivées en riz ont-elles évolué ?
Les surfaces récoltées en riz sont passées de 115,4 millions d’hectares en 1961 à 172,4 millions en 2024, soit une progression de 49,5 %. Dans le même temps, la production mondiale a été multipliée par 3,8. L’augmentation des volumes repose donc beaucoup plus sur l’amélioration des rendements que sur la seule extension des surfaces.
La notion de surface récoltée doit être distinguée de la superficie physique des rizières : lorsqu’une même parcelle produit plusieurs récoltes au cours de l’année, elle peut être comptabilisée plusieurs fois.
Graphique 18.3 — Évolution des surfaces récoltées en riz par continent entre 1961 et 2024 (en hectares)
L’Asie concentre toujours 85 % des surfaces mondiales
Avec 147 millions d’hectares récoltés en 2024, l’Asie rassemble 85,3 % des surfaces mondiales consacrées au riz. Cette proportion reste considérable, même si elle a diminué depuis 1961, lorsqu’elle atteignait 92,7 %.
Les surfaces asiatiques ont progressé de 37,5 % depuis 1961, mais leur croissance s’est nettement ralentie au cours des dernières décennies. Depuis 2000, elles n’ont augmenté que d’environ 9 millions d’hectares, alors que la production du continent a progressé de près de 190 millions de tonnes. Cette différence met en évidence le rôle déterminant des gains de rendement.
Une forte extension des surfaces en Afrique
L’Afrique connaît l’évolution la plus marquée. Ses surfaces récoltées sont passées de 2,8 millions d’hectares en 1961 à 18,9 millions en 2024. Elles ont ainsi été multipliées par 6,8 et représentent désormais près de 11 % des surfaces rizicoles mondiales, contre seulement 2,4 % en 1961.
Cette extension accompagne la croissance rapide de la production africaine. Elle montre cependant que celle-ci repose encore largement sur la mobilisation de nouvelles surfaces, alors que l’augmentation de la production asiatique dépend davantage des rendements.
Dans les Amériques, les surfaces ont atteint un maximum de 9,8 millions d’hectares en 1981, avant de reculer à 5,8 millions en 2024. En Europe, elles ont également diminué depuis leur sommet de la fin des années 1980. L’Océanie ne représente qu’une part marginale du total mondial.
Graphique 18.4 — Évolution des surfaces récoltées en riz dans les 20 principaux pays entre 1961 et 2024, en hectares
L’Inde possède près de 30 % des surfaces rizicoles mondiales
L’Inde occupe de très loin la première place avec 50,5 millions d’hectares récoltés en 2024, soit 29,3 % du total mondial. Elle devance la Chine, qui en compte 29,3 millions, soit 17 % du total. Ces deux pays concentrent ensemble plus de 46 % des surfaces rizicoles mondiales.
Le Bangladesh arrive en troisième position avec 11,4 millions d’hectares, devant la Thaïlande avec 11,2 millions et l’Indonésie avec 10 millions. Le Vietnam, le Myanmar, les Philippines, le Nigeria et le Pakistan complètent les dix premières places. Ces dix pays réunissent 81 % des surfaces mondiales.
Des évolutions différentes selon les pays
L’Inde est le pays ayant connu la plus forte augmentation en valeur absolue : ses surfaces sont passées de 34,7 à 50,5 millions d’hectares depuis 1961. Elles n’ont augmenté que de 46 %, alors que sa production a été multipliée par plus de quatre, ce qui témoigne d’importants gains de rendement.
Le constat est encore plus marqué en Chine : les surfaces n’y ont progressé que de 8 % entre 1961 et 2024, tandis que la production a été multipliée par 3,7.
À l’inverse, l’essor du riz en Afrique s’appuie davantage sur l’extension des surfaces. Le Nigeria est désormais le neuvième pays mondial avec 4,6 millions d’hectares, alors qu’il n’occupait que le trentième rang en 1961. La Guinée, Madagascar et la Tanzanie figurent également parmi les pays ayant fortement développé leurs surfaces rizicoles.
Enfin, le Brésil et le Japon ont réduit leurs surfaces d’environ moitié depuis 1961. Ces trajectoires opposées montrent que l’évolution de la production ne peut être comprise sans examiner parallèlement les rendements.
Comment la production mondiale se répartit-elle entre les pays ?
La comparaison entre 1961 et 2024 révèle une remarquable permanence : malgré la forte augmentation de la production mondiale, celle-ci demeure très concentrée autour de quelques grands pays asiatiques. Le classement a néanmoins connu plusieurs changements importants, avec le passage de l’Inde devant la Chine et le recul relatif du Japon.
Graphique 18.5 — Répartition de la production mondiale de riz par pays en 1961 (en %)
En 1961, la Chine et l’Inde produisaient déjà la moitié du riz mondial
En 1961, la Chine représentait 26,1 % de la production mondiale de riz, légèrement devant l’Inde avec 24,8 %. Ensemble, ces deux pays produisaient déjà 50,9 % du riz mondial.
Le Japon occupait alors la troisième place avec une part de 7,5 %, devant le Bangladesh avec 6,7 % et l’Indonésie avec 5,6 %. Les cinq premiers pays concentraient ainsi 70,7 % de la production mondiale.
La Thaïlande, le Vietnam, le Myanmar, le Brésil et la Corée du Sud complétaient les dix premières places. À eux seuls, les dix principaux producteurs réalisaient 87,4 % de la production mondiale.
Graphique 18.6 — Répartition de la production mondiale de riz par pays en 2024 (en %)
En 2024, l’Inde devance désormais la Chine
En 2024, l’Inde devient le premier producteur mondial et assure 26,6 % de la production, contre 25,5 % pour la Chine. Leur part cumulée atteint 52,1 %, soit un niveau très proche de celui observé en 1961.
Le Bangladesh occupe la troisième place avec 7,4 %, devant l’Indonésie avec 6,5 % et le Vietnam avec 5,3 %. Les cinq premiers producteurs représentent 71,2 % du total mondial, une proportion presque identique à celle de 1961.
La concentration s’est légèrement réduite au-delà de ces cinq pays : la part des dix premiers producteurs est passée de 87,4 % en 1961 à 84,5 % en 2024.
Une hiérarchie renouvelée derrière les deux premiers producteurs
La principale rupture concerne le Japon. Sa part est tombée de 7,5 % à 1,2 %, le faisant passer de la troisième à la douzième place mondiale. La Corée du Sud et le Brésil ont également perdu du poids relatif.
À l’inverse, le Vietnam, le Pakistan, le Cambodge et les Philippines ont renforcé leur place dans la production mondiale. Le Nigeria est passé d’une part presque marginale en 1961 à 1,1 % en 2024, devenant le premier producteur africain.
La production mondiale demeure cependant très majoritairement asiatique. Les premiers producteurs situés hors d’Asie sont le Brésil, les États-Unis et le Nigeria, mais chacun représente seulement un peu plus de 1 % du total mondial. La filière rizicole associe donc une forte concentration autour de l’Inde et de la Chine à une multitude de producteurs de taille plus modeste.
Comment s’organise le commerce international du riz ?
Le commerce international du riz est dominé par quelques grands exportateurs asiatiques, tandis que les importations sont beaucoup plus dispersées. L’Asie reste au cœur des échanges, mais l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Europe et les Amériques jouent également un rôle important parmi les marchés importateurs.
Les données présentées portent sur le riz classé sous le code douanier SH 1006. Elles regroupent donc plusieurs formes commerciales : riz paddy, riz décortiqué, riz semi-blanchi ou blanchi et brisures de riz.
Quels sont les principaux pays exportateurs de riz en volume ?
En 2024, l’Inde occupe très nettement la première place mondiale avec environ 18 millions de tonnes de riz exportées. Son volume est presque deux fois supérieur à celui de la Thaïlande, qui atteint 9,1 millions de tonnes.
Le Vietnam arrive en troisième position avec environ 7,4 millions de tonnes, devant le Pakistan avec 6,6 millions de tonnes. Il faut cependant préciser que le chiffre vietnamien est issu des déclarations de ses partenaires commerciaux, le Vietnam n’apparaissant pas comme pays déclarant dans le fichier utilisé.
Le Cambodge occupe également une place importante avec 5,7 millions de tonnes déclarées, devant les États-Unis avec 3,8 millions de tonnes et le Myanmar avec 2,8 millions de tonnes.
Les quatre premières places sont ainsi occupées par des pays asiatiques. Cette concentration reflète le poids de l’Asie dans la production mondiale, mais aussi la spécialisation de certains pays dans l’approvisionnement des marchés internationaux.
D’autres bassins exportateurs complètent cette domination asiatique. Les États-Unis constituent le principal exportateur nord-américain, tandis que le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et le Guyana représentent l’Amérique du Sud. En Europe, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne apparaissent dans le classement, mais une partie de leurs flux correspond à du commerce intra-européen ou à des réexportations.
Quels sont les principaux pays exportateurs de riz en valeur ?
Le classement en valeur confirme la domination de l’Inde. Ses exportations atteignent environ 11,65 milliards de dollars en 2024, contre 6,40 milliards de dollars pour la Thaïlande.
Le Vietnam représente environ 4,28 milliards de dollars d’exportations, selon les données miroir de ses partenaires. Il devance légèrement le Pakistan, dont les exportations atteignent 4,19 milliards de dollars.
Les États-Unis se situent au cinquième rang avec 2,44 milliards de dollars, devant le Cambodge avec 1,89 milliard de dollars et le Myanmar avec 1,34 milliard de dollars.
La comparaison entre les classements en volume et en valeur fait apparaître des différences intéressantes. L’Italie, par exemple, se situe autour de la douzième place en volume mais atteint la huitième place en valeur, avec environ 938 millions de dollars d’exportations. Cela peut s’expliquer par la nature des produits commercialisés, leur degré de transformation, leur conditionnement et leur positionnement sur des segments à plus forte valeur.
À l’inverse, certains pays occupent une place plus élevée en volume qu’en valeur. Ils exportent généralement des produits moins transformés, des brisures de riz ou des catégories dont la valeur moyenne par tonne est moins élevée.
La valeur des échanges ne dépend donc pas uniquement des quantités. Elle varie aussi selon la variété du riz, sa qualité, son degré de transformation, son conditionnement, les marchés de destination et les conditions commerciales.
Graphique 18.7 Principaux pays exportateurs de riz en 2024, en volume et en valeur
Quels sont les principaux pays importateurs de riz en volume ?
Les importations mondiales sont moins concentrées que les exportations. Elles répondent à des situations très différentes : déficit de production intérieure, croissance démographique, évolution de la consommation, besoins de transformation ou rôle de plateforme commerciale.
Dans les données disponibles, le Vietnam apparaît en première position avec environ 5,7 millions de tonnes importées. Ce résultat doit toutefois être interprété avec prudence, car il repose exclusivement sur les exportations déclarées par ses partenaires. Il peut notamment intégrer des flux transfrontaliers destinés à la transformation ou à la réexportation.
Parmi les pays disposant d’une déclaration directe, les Philippines constituent le premier importateur avec environ 4,8 millions de tonnes, devant l’Indonésie avec 4,5 millions de tonnes. Ces deux grands pays producteurs restent dépendants des importations lorsque leur production nationale ne suffit pas à couvrir la consommation.
L’Irak apparaît ensuite avec environ 2,1 millions de tonnes, mais ce chiffre est également issu de données miroir. L’Arabie saoudite importe directement environ 1,85 million de tonnes.
L’Afrique occupe une place particulièrement importante parmi les marchés importateurs. Le Bénin importe environ 1,81 million de tonnes, la Côte d’Ivoire 1,62 million, le Sénégal 1,39 million, tandis que la Guinée, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda et le Burkina Faso figurent également parmi les principaux importateurs.
La présence du Bénin dans les premiers rangs ne doit pas être interprétée uniquement à partir de sa consommation nationale. Une partie des volumes peut être destinée au transit ou à la réexportation vers les pays voisins. Plus généralement, les statistiques douanières mesurent le pays d’entrée des marchandises, qui n’est pas toujours leur marché de consommation final.
Quels sont les principaux pays importateurs de riz en valeur ?
En valeur, l’Indonésie occupe la première place avec environ 2,71 milliards de dollars d’importations en 2024. Elle devance les Philippines avec 2,52 milliards de dollars et l’Arabie saoudite avec 2,01 milliards de dollars.
Le Vietnam apparaît en quatrième position avec environ 1,71 milliard de dollars, selon les déclarations de ses partenaires, devant l’Irak avec 1,64 milliard de dollars et les États-Unis avec 1,62 milliard de dollars.
La Malaisie dépasse également le milliard de dollars d’importations, avec environ 1,10 milliard, tout comme la Côte d’Ivoire avec 1,01 milliard de dollars. La Chine arrive ensuite avec environ 921 millions de dollars.
Plusieurs pays développés occupent une place plus élevée dans le classement en valeur que dans celui en volume. C’est notamment le cas des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne ou du Japon. Cette différence peut traduire l’importation de riz à plus forte valeur unitaire, de variétés spécifiques comme les riz parfumés ou basmati, ou de produits conditionnés destinés directement aux consommateurs.
La France se situe ainsi autour de la quatorzième place mondiale en valeur, avec environ 687 millions de dollars d’importations en 2024. Son positionnement s’explique davantage par la valeur et la diversité des produits importés que par l’importance des volumes.
À l’inverse, plusieurs pays africains occupent une place plus élevée dans le classement en volume. Le riz importé répond alors principalement à des besoins d’approvisionnement alimentaire à grande échelle, avec une valeur moyenne par tonne généralement plus faible.
Graphique 18.8 Principaux pays importateurs de riz en 2024, en volume et en valeur
Que faut-il retenir du commerce mondial du riz ?
Le commerce mondial du riz présente une forte asymétrie. Les exportations sont concentrées autour d’un petit nombre de fournisseurs, principalement asiatiques, tandis que les importations sont réparties entre de nombreux marchés.
L’Inde domine très largement les exportations, devant la Thaïlande, le Vietnam et le Pakistan. Du côté des importations, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Afrique constituent les principaux pôles de demande.
Les classements en volume et en valeur ne sont pas identiques. Ils dépendent de la forme du riz commercialisé, de sa qualité, de son degré de transformation, de son conditionnement et des coûts de transport. Il est donc préférable d’examiner conjointement les deux indicateurs pour comprendre la structure réelle des échanges.
Enfin, les résultats doivent être analysés avec prudence lorsque les déclarations directes ne sont pas disponibles. Les données miroir permettent de réintégrer des acteurs majeurs comme le Vietnam, mais elles peuvent différer des statistiques nationales en raison des coûts de transport, des décalages d’enregistrement, des réexportations et des différences de classification.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques, consultant, formateur et conférencier indépendant. Depuis 2009, il accompagne des coopératives agricoles, des entreprises agroalimentaires et des organisations professionnelles dans leurs études économiques et leurs réflexions stratégiques.
Ses travaux portent notamment sur l’évolution des filières agricoles et agroalimentaires, les marchés internationaux, les coopératives agricoles, les stratégies d’entreprise et les nouvelles tendances de consommation.
À travers les analyses Agridata, Olivier Frey transforme des données statistiques françaises et internationales en graphiques interactifs et en analyses accessibles, afin de mieux comprendre les transformations de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
En savoir plus sur Olivier Frey
Vous souhaitez analyser un marché, une filière ou les stratégies de ses principaux acteurs ? Découvrez mes études économiques pour l’agriculture et l’agroalimentaire.
Pour aller plus loin
Découvrez également ces autres analyses consacrées aux productions agricoles et aux échanges internationaux :

