
Production d’huile d’olive dans le monde : évolution, commerce et consommation | Agridata n°17
En 2023, la production mondiale d’huile d’olive s’est élevée à environ 2,63 millions de tonnes. L’Europe reste la première région productrice, avec 63 % du total mondial, devant l’Afrique et l’Asie. La production varie cependant fortement d’une année à l’autre sous l’effet des conditions climatiques et de l’alternance des récoltes.
Cette analyse AgriData présente l’évolution de la production d’huile d’olive depuis 1961, les principaux pays producteurs, les surfaces consacrées aux oliviers, les échanges internationaux ainsi que la consommation d’huile d’olive dans le monde.
Dernière mise à jour : août 2026. Cette analyse, initialement publiée en octobre 2023, a été actualisée avec les dernières données disponibles : production jusqu’en 2023, superficies oléicoles et exportations jusqu’en 2024, et consommation pour la campagne 2022/2023.
Comment la production mondiale d’huile d’olive a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale d’huile d’olive a presque doublé depuis le début des années 1960. Elle est passée d’environ 1,36 million de tonnes en 1961 à 2,63 millions de tonnes en 2023, soit une progression de 94 %.
Cette croissance de long terme ne suit toutefois pas une trajectoire régulière. La production d’huile d’olive connaît d’importantes variations annuelles, liées notamment aux conditions climatiques, aux cycles naturels des oliviers et à l’alternance entre bonnes et mauvaises récoltes.
Graphique 17.1 Évolution de la production mondiale d’huile d’olive par continent entre 1961 et 2023 (en tonnes)
Une production mondiale presque doublée depuis 1961
Entre 1961 et 2023, la production mondiale d’huile d’olive est passée de 1,36 à 2,63 millions de tonnes. Elle a donc augmenté de 94 % en un peu plus de soixante ans.
La progression est néanmoins très irrégulière. Le record de la période a été atteint en 2018, avec environ 3,69 millions de tonnes produites dans le monde. En 2023, la production mondiale était inférieure de 29 % à ce sommet.
Elle a également reculé de 2,2 % entre 2022 et 2023, passant de 2,69 à 2,63 millions de tonnes. Par rapport à 2021, année durant laquelle elle atteignait 3,32 millions de tonnes, la baisse s’élève à près de 21 %.
L’Europe produit encore près des deux tiers de l’huile d’olive mondiale
En 2023, l’Europe a produit environ 1,66 million de tonnes d’huile d’olive, soit 63 % de la production mondiale. Elle reste donc de très loin la première région productrice.
Son poids relatif a néanmoins diminué. En 1961, l’Europe représentait près de 81 % de la production mondiale, contre 63 % en 2023. Cette baisse de sa part ne signifie pas que sa production a reculé sur l’ensemble de la période : elle a augmenté d’environ 51 %, mais moins rapidement que dans d’autres régions.
L’Afrique et l’Asie occupent une place croissante
L’Afrique est devenue la deuxième région productrice d’huile d’olive. Sa production est passée d’environ 77 000 tonnes en 1961 à 467 500 tonnes en 2023, soit une multiplication par plus de six. Elle représente désormais 17,8 % de la production mondiale, contre seulement 5,7 % en 1961.
L’Asie a produit environ 410 400 tonnes d’huile d’olive en 2023, soit 15,6 % du total mondial. Sa production a été multipliée par 2,4 depuis 1961.
Les Amériques restent plus modestes, avec environ 71 400 tonnes en 2023, soit 2,7 % de la production mondiale. Leur production a toutefois été multipliée par plus de huit depuis 1961. L’Océanie ne représente encore que 0,9 % du total mondial.
Ce qu’il faut retenir
- La production mondiale d’huile d’olive a progressé de 94 % entre 1961 et 2023.
- Elle a atteint un record d’environ 3,69 millions de tonnes en 2018.
- En 2023, le monde a produit environ 2,63 millions de tonnes d’huile d’olive.
- L’Europe concentre 63 % de la production mondiale.
- L’Afrique représente désormais 17,8 % du total, contre 5,7 % en 1961.
- La production reste très volatile d’une année à l’autre.
Quels sont les principaux pays producteurs d’huile d’olive dans le monde ?
La production mondiale d’huile d’olive reste fortement concentrée autour du bassin méditerranéen. En 2023, l’Espagne était de très loin le premier producteur mondial, devant l’Italie, la Türkiye, la Grèce et la Tunisie.
Les dix premiers pays producteurs ont représenté 91 % de la production mondiale en 2023. À eux seuls, l’Espagne et l’Italie en ont assuré 46 %. Les évolutions annuelles restent néanmoins très irrégulières, notamment en raison de l’alternance des récoltes et de la forte sensibilité des oliviers aux conditions climatiques.
Graphique 17.2 Évolution de la production des 20 principaux pays producteurs d’huile d’olive entre 1961 et 2023 (en tonnes)
L’Espagne domine largement la production mondiale d’huile d’olive
Avec environ 854 000 tonnes produites en 2023, l’Espagne représentait 32,5 % de la production mondiale d’huile d’olive. Le pays a produit à lui seul plus de deux fois le volume de l’Italie, deuxième producteur mondial.
L’Espagne n’a pas toujours occupé cette position. Dans les années 1960 à 1980, l’Italie arrivait régulièrement en tête. À partir du milieu des années 1990, l’Espagne s’est toutefois installée durablement à la première place grâce à une forte augmentation de sa production.
La production espagnole reste extrêmement variable. Elle est passée de 1,49 million de tonnes en 2021 à 666 000 tonnes en 2022, avant de remonter à 854 000 tonnes en 2023. Cette hausse de 28 % entre 2022 et 2023 constitue un rebond, mais le niveau de 2023 reste inférieur de 52 % au record de 1,79 million de tonnes atteint en 2018.
L’Italie conserve la deuxième place, mais perd du poids relatif
L’Italie a produit environ 359 500 tonnes d’huile d’olive en 2023, soit 13,7 % du total mondial. Sa production a progressé de 8,6 % par rapport à 2022.
Sur une période plus longue, la production italienne ne connaît cependant pas la même dynamique que celle de l’Espagne. Elle atteignait déjà 394 100 tonnes en 1961 et 507 400 tonnes en 2000. Malgré d’importantes variations annuelles, la tendance de long terme apparaît donc relativement stable, voire légèrement orientée à la baisse.
L’Italie demeure néanmoins un acteur majeur de la filière mondiale, aussi bien pour la production que pour la transformation, la consommation et la commercialisation de l’huile d’olive.
La Turquie devance légèrement la Grèce
La Turquie est devenue le troisième producteur mondial en 2023, avec environ 234 500 tonnes, soit 8,9 % de la production mondiale. Elle devance de peu la Grèce, qui a produit 228 850 tonnes, soit 8,7 % du total.
Les trajectoires des deux pays sont différentes. La production turque a presque doublé entre 1961 et 2023, passant de 119 500 à 234 500 tonnes. Elle avait atteint un sommet de 302 400 tonnes en 2022 avant de reculer de 22 % en 2023.
La production grecque était déjà très importante en 1961, avec 215 000 tonnes. Elle n’a augmenté que de 6 % entre 1961 et 2023. En 2023, elle a diminué de 7,8 % par rapport à l’année précédente et se situait environ 20 % sous sa moyenne des dix dernières années.
La Tunisie est le premier producteur africain
Avec 210 000 tonnes produites en 2023, la Tunisie occupait la cinquième place mondiale et représentait près de 8 % de la production mondiale d’huile d’olive.
La production tunisienne a été multipliée par 5,6 depuis 1961, mais elle se caractérise par de très fortes variations annuelles. Elle a notamment atteint 399 900 tonnes en 2020, avant de retomber à 144 200 tonnes en 2021. Elle est remontée à 235 200 tonnes en 2022, puis a diminué de 10,7 % en 2023.
Ces variations montrent qu’il est préférable d’étudier la production tunisienne sur plusieurs campagnes plutôt qu’à partir d’une seule année.
Le Portugal enregistre une forte progression depuis les années 2000
Le Portugal a produit environ 175 500 tonnes d’huile d’olive en 2023, ce qui le place au sixième rang mondial avec 6,7 % de la production totale.
Sa production a progressé de 27 % par rapport à 2022. L’évolution depuis le début du siècle est particulièrement marquée : le Portugal produisait seulement 26 000 tonnes en 2000. Son volume a donc été multiplié par près de sept entre 2000 et 2023.
Cette progression fait du Portugal l’un des producteurs ayant connu la croissance la plus importante au cours des deux dernières décennies. Son record a été atteint en 2021, avec près de 229 000 tonnes.
Le Maroc et l’Algérie renforcent leur place
Le Maroc occupait la septième place mondiale en 2023, avec 120 200 tonnes, soit 4,6 % de la production mondiale. Sa production a été multipliée par 8,6 depuis 1961. Elle a néanmoins reculé de 34 % entre 2022 et 2023.
L’Algérie a produit 81 300 tonnes en 2023, soit 3,1 % du total mondial. Sa production a été multipliée par plus de quatre depuis 1961. Elle avait dépassé 100 000 tonnes en 2019 et en 2020, avant de revenir à des niveaux plus faibles.
Avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie figurent ainsi parmi les principaux contributeurs à la progression de la production africaine d’huile d’olive.
Une forte baisse de la production syrienne en 2023
La Syrie était le huitième producteur mondial en 2023, avec environ 89 300 tonnes, soit 3,4 % de la production mondiale.
Sa production a été particulièrement irrégulière au cours des dernières années. Elle est passée de 189 400 tonnes en 2022 à 89 300 tonnes en 2023, soit une baisse de près de 53 %. Il s’agit du recul le plus important enregistré en 2023 parmi les dix premiers producteurs mondiaux.
De nouveaux pays producteurs apparaissent
L’Égypte complète le groupe des dix premiers producteurs, avec 40 000 tonnes en 2023. Sa production a fortement progressé depuis le milieu des années 2000.
En dehors du bassin méditerranéen, plusieurs pays ont également développé leur production, même si leurs volumes restent modestes à l’échelle mondiale :
- l’Argentine a produit 31 000 tonnes en 2023 ;
- l’Australie, 23 500 tonnes ;
- le Chili, 23 200 tonnes ;
- les États-Unis, 12 000 tonnes.
L’Albanie se distingue également avec une production de 28 500 tonnes en 2023, contre environ 1 200 tonnes en 2000. Israël, le Liban, la Jordanie, la Libye et l’Iran complètent le classement des vingt premiers producteurs.
Une production mondiale toujours très concentrée
En 2023, les cinq premiers producteurs — Espagne, Italie, Turquie, Grèce et Tunisie — ont concentré 71,7 % de la production mondiale d’huile d’olive.
En ajoutant le Portugal, leur part atteint 78,4 %. Les dix premiers pays représentent 91 % du total mondial et les vingt premiers, 98,6 %.
La production d’huile d’olive reste donc beaucoup plus concentrée géographiquement que celle de nombreuses autres productions agricoles. Malgré le développement de nouveaux producteurs en Amérique et en Océanie, les pays méditerranéens conservent une position largement dominante.
Ce qu'il faut retenir
- L’Espagne produit près d’un tiers de l’huile d’olive mondiale.
- L’Espagne et l’Italie représentent ensemble 46 % de la production.
- La Turquie devance légèrement la Grèce en 2023.
- La Tunisie reste le premier producteur africain.
- Le Portugal connaît l’une des plus fortes progressions depuis 2000.
- Les cinq premiers pays concentrent près de 72 % de la production mondiale.
- Les variations annuelles sont très importantes : une seule campagne ne suffit pas pour déterminer une tendance.
Comment les surfaces consacrées aux oliviers ont-elles évolué depuis 1985 ?
En 2024, environ 11 millions d’hectares étaient consacrés à la récolte des olives dans les pays couverts par cette analyse. L’Espagne possédait la superficie oléicole la plus importante, avec près de 2,65 millions d’hectares, devant la Tunisie, le Maroc, l’Italie et la Türkiye.
Ces cinq pays concentraient un peu plus de 70 % des superficies oléicoles mondiales. Les dix premiers pays en représentaient près de 94 %, ce qui témoigne de la très forte concentration géographique de la culture de l’olivier autour du bassin méditerranéen.
Graphique 17.3 Évolution des superficies oléicoles dans les 20 principaux pays entre 1985 et 2024 (en ha)
Note méthodologique : les pays sont classés selon leur superficie en 2024. Le graphique commence en 1985 afin de disposer de données comparables pour l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la Libye et l’Argentine. Les données de l’Arabie saoudite ne sont disponibles qu’à partir de 2017. Une absence de donnée ne signifie pas que la superficie était nulle.
L’Espagne possède la première superficie oléicole mondiale
En 2024, l’Espagne comptait environ 2,65 millions d’hectares consacrés à la récolte des olives, soit près du quart des superficies mondiales recensées dans le jeu de données.
Les données espagnoles n’étant disponibles qu’à partir de 1980, l’évolution de long terme doit être analysée à partir de cette date. Entre 1985 et 2024, la superficie espagnole est passée de 2,05 à 2,65 millions d’hectares, soit une augmentation de 29 %.
La progression a principalement eu lieu entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010. Depuis, la superficie évolue autour de 2,5 à 2,65 millions d’hectares. Le niveau de 2024 est très proche du record de 2,65 millions d’hectares atteint en 2023.
La Tunisie occupe la deuxième place
Avec environ 1,87 million d’hectares en 2024, la Tunisie possède la deuxième superficie oléicole mondiale. Celle-ci a augmenté de 42 % depuis 1985, année durant laquelle elle atteignait environ 1,32 million d’hectares.
Les données tunisiennes présentent toutefois des variations particulièrement importantes au cours des dernières années. La superficie déclarée passe notamment de 944 000 hectares en 2017 à 2,42 millions en 2018, puis à 3,61 millions en 2020.
De telles variations ne peuvent probablement pas s’expliquer uniquement par des plantations et des arrachages d’oliviers. Elles peuvent également refléter des changements de méthode, de périmètre statistique ou de déclaration des superficies effectivement récoltées. Les évolutions annuelles de la Tunisie doivent donc être interprétées avec prudence.
Le Maroc connaît la progression la plus spectaculaire parmi les grands producteurs
Le Maroc occupait la troisième place mondiale en 2024, avec près de 1,24 million d’hectares. Il devance désormais l’Italie.
La superficie oléicole marocaine est passée d’environ 293 000 hectares en 1985 à 1,24 million en 2024. Elle a donc été multipliée par 4,2 en moins de quarante ans.
La progression s’est fortement accélérée à partir des années 2000. Le Maroc comptait environ 540 000 hectares en 2000, 830 000 en 2010 et plus d’un million à partir de 2016. Le niveau atteint en 2024 constitue le point le plus élevé de la série.
La superficie italienne diminue progressivement
L’Italie comptait environ 1,08 million d’hectares d’oliviers récoltés en 2024, ce qui la place au quatrième rang mondial.
Contrairement à l’Espagne, au Maroc ou à la Türkiye, la superficie italienne suit une tendance légèrement décroissante. Elle est passée de 1,18 million d’hectares en 1985 à 1,08 million en 2024, soit une diminution de 8,5 %.
La baisse apparaît progressive : l’Italie possédait encore environ 1,16 million d’hectares en 2000 et 1,14 million en 2015. La superficie semble néanmoins s’être stabilisée autour de 1,08 million d’hectares depuis 2021.
La Turquie poursuit son développement
La Turquie disposait d’environ 913 000 hectares d’oliviers récoltés en 2024. Sa superficie a progressé de 81 % depuis 1985, année durant laquelle elle atteignait environ 506 000 hectares.
Cette croissance s’est accélérée à partir des années 2000. La Turquie est passée de 600 000 hectares en 2000 à plus de 800 000 hectares en 2012, puis à 913 000 hectares en 2024. La dernière année disponible correspond au niveau le plus élevé de la série.
La superficie grecque progresse plus modérément
Les données grecques ne sont disponibles qu’à partir de 1985. Entre 1985 et 2024, la superficie consacrée aux oliviers est passée de 718 000 à environ 848 000 hectares, soit une progression de 18 %.
La superficie grecque évolue généralement entre 790 000 et 850 000 hectares depuis la fin des années 2000. Le chiffre de 963 000 hectares enregistré en 2018 constitue une rupture ponctuelle dans la série et doit être interprété avec précaution.
La Syrie et l’Algérie ont fortement étendu leurs superficies
La Syrie possédait environ 681 000 hectares d’oliviers récoltés en 2024, contre 296 000 hectares en 1985. Sa superficie a donc été multipliée par 2,3. Après une forte croissance jusqu’au début des années 2010, elle semble s’être stabilisée autour de 680 000 à 700 000 hectares.
L’Algérie comptait environ 474 000 hectares en 2024, contre 163 000 en 1985. Sa superficie a presque triplé sur la période. La progression s’est particulièrement accélérée après 2000, année durant laquelle le pays ne comptait encore qu’environ 168 000 hectares.
Les superficies portugaises sont relativement stables
Le Portugal occupait la neuvième place mondiale en 2024, avec environ 381 000 hectares. Sa superficie n’a progressé que de 9 % depuis 1985.
Cette relative stabilité contraste avec la forte progression récente de la production portugaise d’huile d’olive. Elle suggère que le développement de la production ne repose pas seulement sur l’extension des surfaces, mais également sur l’évolution des systèmes de culture, des rendements et de l’irrigation.
La Libye dispose d’une superficie importante, mais en recul récent
Avec environ 185 000 hectares en 2024, la Libye complète le groupe des dix pays possédant les plus grandes superficies oléicoles.
Sa superficie a presque triplé depuis 1985, passant de 62 000 à 185 000 hectares. Elle avait toutefois atteint environ 253 000 hectares en 2010. Depuis, la tendance est irrégulière et globalement orientée à la baisse. La diminution atteint près de 11 % entre 2023 et 2024.
L’Argentine et l’Égypte progressent rapidement
L’Argentine est le premier pays non méditerranéen du classement, avec environ 127 000 hectares en 2024. Elle ne comptait que 23 000 hectares en 1985. Sa superficie a donc été multipliée par 5,5.
L’Égypte atteint près de 118 000 hectares en 2024, contre seulement 2 500 en 1985 et 45 500 en 2000. Cette progression place désormais le pays devant plusieurs producteurs historiques.
Parmi les autres évolutions notables figurent l’Iran, l’Australie et le Pérou. L’Arabie saoudite apparaît également dans le classement, mais ses données ne sont disponibles qu’à partir de 2017, ce qui ne permet pas d’établir une comparaison depuis 1985.
Une extension des surfaces vers de nouvelles zones de production
La culture de l’olivier reste très concentrée dans les pays méditerranéens, mais elle se développe également dans d’autres régions. L’Argentine, l’Australie, le Pérou, le Chili et les États-Unis disposent désormais de superficies significatives.
Cette diversification géographique reste néanmoins limitée. En 2024, les dix premiers pays concentraient environ 93,6 % des superficies recensées, et les vingt premiers près de 98,8 %.
La superficie ne suffit toutefois pas à expliquer les volumes d’huile produits. Les rendements, les variétés, l’âge des plantations, la densité des vergers, l’irrigation et les conditions climatiques créent des écarts importants entre les pays.
Ce qu'il faut retenir
- L’Espagne possède près de 2,65 millions d’hectares d’oliviers récoltés.
- La Tunisie arrive deuxième, mais ses données récentes sont très irrégulières.
- Le Maroc a multiplié sa superficie par 4,2 depuis 1985.
- Les superficies progressent fortement en Turquie, en Syrie et en Algérie.
- L’Italie enregistre une diminution d’environ 8,5 % depuis 1985.
- Les dix premiers pays concentrent près de 94 % des superficies.
- L’évolution des surfaces ne suffit pas à expliquer celle de la production.
Quels pays produisaient le plus d’huile d’olive en 1961 ?
Graphique 17.4 Répartition de la production mondiale d’huile d’olive par pays en 1961 (en %)
En 1961, la production mondiale d’huile d’olive s’élevait à environ 1,36 million de tonnes. L’Italie était alors le premier producteur mondial, avec 394 100 tonnes, soit 29 % du total. Elle devançait l’Espagne, qui produisait environ 360 800 tonnes et représentait 26,5 % de la production mondiale.
La Grèce occupait la troisième place avec 15,8 % de la production, devant le Portugal, avec 9,1 %, et la Türkiye, avec 8,8 %. À eux seuls, ces cinq pays concentraient 89,2 % de la production mondiale d’huile d’olive.
La Tunisie était le premier producteur africain, avec 2,8 % du total mondial. Elle devançait la Jordanie avec 1,6 %, l’Algérie avec 1,4 %, la Syrie avec 1,3 % et le Maroc avec 1 %.
En 1961, la production d’huile d’olive était donc extrêmement concentrée dans quelques pays méditerranéens. L’Italie et l’Espagne assuraient à elles seules 55,5 % de la production mondiale.
Quels étaient les principaux pays producteurs d’huile d’olive en 2023 ?
Graphique 17.5 Répartition de la production mondiale d’huile d’olive par pays en 2023
En 2023, la production mondiale d’huile d’olive atteignait environ 2,63 millions de tonnes. L’Espagne occupait largement la première place avec 854 000 tonnes, soit 32,5 % du total mondial.
L’Italie arrivait en deuxième position avec 359 500 tonnes et 13,7 % de la production mondiale. Elle était suivie par la Turquie, avec 8,9 %, la Grèce, avec 8,7 %, et la Tunisie, avec 8 %.
Le Portugal représentait 6,7 % de la production mondiale, devant le Maroc avec 4,6 %, la Syrie avec 3,4 %, l’Algérie avec 3,1 % et l’Égypte avec 1,5 %.
Les cinq premiers producteurs concentraient 71,7 % de la production mondiale et les dix premiers environ 91 %. La production demeure donc fortement concentrée, même si elle est mieux répartie qu’en 1961.
Entre 1961 et 2023, l’Espagne a renforcé sa position, sa part passant de 26,5 % à 32,5 %. À l’inverse, celle de l’Italie a reculé de 29 % à 13,7 %. Le poids cumulé des producteurs d’Afrique du Nord — Tunisie, Maroc, Algérie et Égypte — a sensiblement progressé.
Cette évolution montre une diversification partielle de la géographie mondiale de l’huile d’olive, sans remettre en cause la prédominance du bassin méditerranéen.
Quels sont les principaux pays exportateurs d’huile d’olive en 2024 ?
Graphique 17.6 Exportations d’huile d’olive par pays en 2024 en valeur ($)
En 2024, les exportations d’huile d’olive enregistrées dans la base UN Comtrade ont représenté une valeur cumulée d’environ 15,29 milliards de dollars. Le commerce mondial apparaît extrêmement concentré : les six premiers pays exportateurs ont généré près de 94 % de cette valeur.
L’Espagne domine largement les exportations mondiales d’huile d’olive. Avec 6,28 milliards de dollars exportés, elle représente 41,1 % de la valeur totale déclarée. Son poids net exporté atteint environ 758 300 tonnes, soit 47 % de l’ensemble des volumes effectivement renseignés dans le fichier.
L’Italie occupe la deuxième place avec 3,17 milliards de dollars d’exportations, soit 20,8 % du total. Elle a exporté près de 299 400 tonnes. Sa part en valeur est légèrement supérieure à sa part en volume, ce qui correspond à une valeur moyenne par kilogramme plus élevée que celle de l’Espagne.
Le Portugal arrive en troisième position, aussi bien en valeur qu’en volume. Ses exportations atteignent 1,65 milliard de dollars et environ 229 300 tonnes. Le pays représente 10,8 % de la valeur totale et 14,2 % des volumes renseignés.
La Tunisie occupe la quatrième place en valeur, avec 1,56 milliard de dollars, soit 10,2 % du total. Le fichier ne fournit cependant aucun poids net pour les exportations tunisiennes. Il n’est donc pas possible de classer la Tunisie selon son volume ni de calculer une valeur moyenne par kilogramme à partir de ce jeu de données.
La Grèce a exporté pour un peu plus d’un milliard de dollars d’huile d’olive, représentant 6,6 % de la valeur totale. Son volume atteint environ 117 900 tonnes.
La Turquie arrive en sixième position avec 649 millions de dollars et près de 100 800 tonnes exportées. Les six premiers pays concentrent ainsi l’essentiel des exportations mondiales.
Graphique 17.7 Exportations d’huile d’olive par pays en 2024 en volume (kg)
Parmi les pays ayant renseigné un poids net, l’Espagne assure 47 % des volumes exportés. En ajoutant l’Italie, le Portugal, la Grèce et la Turquie, les cinq premiers exportateurs représentent environ 93 % des volumes disponibles. Néanmoins, ce classement est incomplet car la Tunisie, la France, l’Égypte, l’Albanie, le Mexique et plusieurs autres déclarants indiquent une valeur commerciale, mais aucun poids net.
Après ces cinq pays, les volumes diminuent très fortement. Les États-Unis arrivent en sixième position avec environ 24 400 tonnes, devant l’Argentine avec 18 600 tonnes, le Chili avec 14 400 tonnes, le Liban avec 9 400 tonnes et le Maroc avec 8 600 tonnes.
Cette hiérarchie montre que les exportations d’huile d’olive restent très largement dominées par les pays du bassin méditerranéen. La présence de pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou le Royaume-Uni dans le classement s’explique également par des activités de négoce et de réexportation. Un pays exportateur n’est donc pas nécessairement un grand pays producteur.
Des différences importantes de valeur par kilogramme
Pour les pays ayant déclaré à la fois une valeur et un poids net, la valeur moyenne pondérée s’élève à environ 8,39 dollars par kilogramme.
Parmi les principaux exportateurs, la valeur moyenne atteint environ :
- 10,60 dollars par kilogramme pour l’Italie ;
- 9,28 dollars pour le Maroc ;
- 9,12 dollars pour le Chili ;
- 8,60 dollars pour la Grèce ;
- 8,29 dollars pour l’Espagne ;
- 7,81 dollars pour l’Argentine ;
- 7,35 dollars pour le Liban ;
- 7,19 dollars pour le Portugal ;
- 6,44 dollars pour la Turquie.
La valeur moyenne italienne est supérieure de près de 28 % à celle de l’Espagne. Cet écart peut notamment refléter des différences de qualité, de conditionnement, de positionnement commercial et de destination des exportations.
Ces valeurs unitaires ne doivent toutefois pas être interprétées comme des prix payés aux producteurs. Elles correspondent au rapport entre la valeur douanière déclarée et le poids net exporté. Elles peuvent inclure de l’huile vendue en vrac, conditionnée en bouteilles ou réexportée, ainsi que différentes catégories d’huile d’olive.
Dans quels pays consomme-t-on le plus d'huile d'olive par habitant?
Graphique 17.8 Consommation d'huile d'olive par habitant en 2022-2023 (en kg)
La consommation d’huile d’olive par habitant reste particulièrement élevée dans les pays méditerranéens. Durant la campagne 2022/23, la Grèce arrive en tête avec 9,3 kg par habitant, devant l’Albanie (8,7 kg), l’Espagne (7,5 kg) et l’Italie (7,4 kg).
La consommation est nettement plus faible en France, avec 1,7 kg par habitant, ainsi que dans les grands marchés importateurs comme le Canada (1,2 kg), les États-Unis (1,1 kg), le Japon et le Brésil (0,4 kg chacun). Ces écarts montrent que l’huile d’olive reste profondément associée aux habitudes alimentaires méditerranéennes, mais dispose encore d’un potentiel de développement important dans de nombreux pays.
Méthodologie et sources
Cette analyse repose sur plusieurs bases de données internationales, dont les périodes de référence diffèrent selon les indicateurs étudiés.
Les données relatives à la production d’huile d’olive et aux superficies oléicoles récoltées proviennent de FAOSTAT, la base statistique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La production est exprimée en tonnes et les superficies en hectares. Les parts de marché présentées dans les graphiques ont été calculées à partir de la production mondiale de l’année étudiée.
Les données sur les exportations d’huile d’olive en 2024 sont issues d’UN Comtrade et correspondent au code douanier SH 1509. Les échanges sont étudiés à la fois en valeur, exprimée en dollars courants, et en volume net lorsqu’il est renseigné par les pays déclarants. Les exportations d’un pays ne correspondent pas nécessairement à sa seule production nationale : elles peuvent également inclure des opérations de conditionnement, de transformation ou de réexportation.
Les données de consommation totale et de consommation par habitant proviennent du Conseil oléicole international. Elles se rapportent à la campagne 2022/2023. Les valeurs par habitant étant arrondies, un résultat affiché à 0,0 kg ne signifie pas nécessairement une absence totale de consommation.
Les écarts observés entre les années doivent être interprétés avec prudence. La production d’huile d’olive est soumise à une forte variabilité en raison de l’alternance naturelle des rendements des oliviers, des conditions climatiques, des épisodes de sécheresse et de l’évolution des superficies récoltées. Des changements de méthode statistique ou des données manquantes peuvent également provoquer des ruptures dans certaines séries nationales.
Les calculs, regroupements géographiques et visualisations ont été réalisés par Olivier Frey à partir de ces données. Les chiffres ont été arrondis pour faciliter leur lecture.
Liens vers les sources de données :
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques, consultant indépendant et formateur depuis 2009. Spécialiste de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des coopératives agricoles, il réalise des études économiques et sectorielles destinées à éclairer les évolutions des filières, les stratégies des entreprises et les transformations des systèmes alimentaires.
À travers les analyses Agridata, il sélectionne, traite et met en perspective des données publiques afin de rendre les grandes tendances agricoles et agroalimentaires accessibles à un large public.
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