
Production mondiale de riz : chiffres 1961-2024 | Agridata n°18
Le riz est l’une des principales céréales cultivées et consommées dans le monde. Il joue un rôle essentiel dans l’alimentation de plusieurs milliards de personnes, particulièrement en Asie, où se concentrent à la fois l’essentiel de la production et de la consommation mondiales.
Depuis 1961, la production mondiale de riz a fortement progressé sous l’effet de l’augmentation des surfaces cultivées, mais surtout de l’amélioration des rendements. Cette croissance s’accompagne d’une profonde évolution de la géographie de la production, dominée par la Chine et l’Inde, tandis que plusieurs pays asiatiques se sont imposés sur le marché international.
Quels sont aujourd’hui les principaux pays producteurs de riz ? Comment les surfaces et les rendements ont-ils évolué ? Quels pays dominent les exportations et les importations ? Quelle place la France occupe-t-elle dans cette filière mondiale ?
Cette édition actualisée d’Agridata analyse l’évolution de la production mondiale de riz entre 1961 et 2024, sa répartition géographique, les surfaces cultivées, les rendements, la consommation et le commerce international. Elle s’appuie principalement sur les données de FAOSTAT et d’UN Comtrade.
Les données de production présentées dans l’article concernent généralement le riz paddy, c’est-à-dire le riz récolté avant décorticage. Les statistiques commerciales regroupent, selon les indicateurs étudiés, le riz paddy, le riz décortiqué, le riz blanchi et les brisures de riz. Cette différence doit être prise en compte lorsque l’on compare production et échanges internationaux.
Comment mesurer la production et la consommation de riz ?
Dans les statistiques de FAOSTAT, la production est exprimée en tonnes de riz paddy, c’est-à-dire le riz récolté avant décorticage et blanchiment. Son évolution dépend à la fois des surfaces récoltées et des rendements. Dans les pays où plusieurs récoltes sont réalisées chaque année sur une même parcelle, celle-ci peut être comptabilisée plusieurs fois dans les surfaces récoltées.
La consommation est plus difficile à mesurer directement. Les chiffres présentés correspondent à la disponibilité alimentaire apparente de riz : ils tiennent compte de la production, des importations, des exportations, des variations de stocks, des pertes et des usages non alimentaires. Ils constituent donc une estimation de la quantité moyenne disponible par habitant, et non de la quantité réellement ingérée.
Enfin, les données commerciales couvrent plusieurs formes de riz : riz paddy, riz décortiqué, riz blanchi et brisures. Elles ne sont donc pas directement comparables aux volumes de production exprimés exclusivement en riz paddy.
Comment la production mondiale de riz a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de riz paddy est passée de 215,6 millions de tonnes en 1961 à 820,2 millions de tonnes en 2024. Elle a donc été multipliée par 3,8 en un peu plus de soixante ans, soit une progression moyenne d’environ 2,1 % par an.
Cette croissance a permis d’accompagner l’augmentation de la population mondiale et de répondre à une demande alimentaire croissante. Elle repose à la fois sur l’extension des surfaces récoltées et, surtout, sur l’amélioration des rendements. Ces deux facteurs seront analysés plus loin dans l’article.
Graphique 18.1 — Évolution de la production mondiale de riz par continent entre 1961 et 2024 (en millions de tonnes de riz paddy)
Une production mondiale presque multipliée par quatre
La progression s’est effectuée par étapes. La production mondiale a dépassé :
- 400 millions de tonnes au début des années 1980 ;
- 600 millions de tonnes à la fin des années 1990 ;
- 700 millions de tonnes au début des années 2010 ;
- 800 millions de tonnes en 2023.
Malgré des baisses ponctuelles liées notamment aux conditions climatiques, aux disponibilités en eau ou aux variations de récolte dans les grands pays producteurs, la tendance de long terme reste nettement orientée à la hausse. En 2024, la production mondiale atteint un nouveau sommet de 820,2 millions de tonnes, en progression de 1,9 % par rapport à 2023.
L’Asie concentre près de 90 % de la production mondiale
L’Asie demeure de très loin le principal bassin rizicole. Sa production est passée de 198,8 millions de tonnes en 1961 à 733,7 millions de tonnes en 2024. Le continent représente ainsi 89,4 % de la production mondiale en 2024, contre 92,2 % en 1961.
À elle seule, l’Asie est à l’origine d’environ 88 % de l’augmentation de la production mondiale observée depuis 1961. Cette domination s’explique par le poids démographique du continent, la place centrale du riz dans l’alimentation et l’importance historique de cette culture dans de nombreux pays.
La production africaine connaît la croissance relative la plus forte
L’évolution la plus spectaculaire concerne toutefois l’Afrique. Sa production est passée de 4,3 à 44,8 millions de tonnesentre 1961 et 2024 : elle a donc été multipliée par plus de dix. Sa part dans la production mondiale a progressé de 2 % à 5,5 %.
Cette croissance s’est particulièrement accélérée depuis le début des années 2000. Elle traduit le développement de la riziculture dans plusieurs régions du continent, sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’augmentation de la demande. Cette progression demeure néanmoins insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins africains, ce qui explique le poids du continent dans les importations mondiales.
Dans les Amériques, la production a progressé de 10,6 à 37,2 millions de tonnes. Leur part mondiale reste relativement stable, autour de 4,5 %. L’Europe et l’Océanie demeurent des producteurs beaucoup plus modestes : elles représentent ensemble moins de 1 % de la production mondiale en 2024.
Quels sont les principaux pays producteurs de riz ?
La production mondiale de riz est fortement concentrée. En 2024, les dix premiers pays producteurs assurent 84,5 % de la production mondiale et appartiennent tous à l’Asie. L’Inde et la Chine représentent à elles seules 52,1 % du total mondial.
Graphique 18.2 — Évolution de la production de riz des 20 principaux pays producteurs entre 1961 et 2024 (en tonnes de riz paddy)
L’Inde dépasse la Chine en 2024
Avec 217,9 millions de tonnes de riz paddy, l’Inde devient en 2024 le premier producteur mondial, devant la Chine et ses 209,2 millions de tonnes. Il s’agit de la première inversion entre les deux pays depuis 1961 dans cette série statistique.
La Chine occupait jusqu’alors la première place mondiale. Sa production a progressé de 56,2 millions de tonnes en 1961 à 209,2 millions en 2024. Depuis le début des années 2000, elle tend toutefois à se stabiliser autour de 200 millions de tonnes.
La progression indienne s’est poursuivie plus régulièrement. Sa production est passée de 53,5 à 217,9 millions de tonnessur la même période. En 2024, l’Inde représente 26,6 % de la production mondiale, contre 25,5 % pour la Chine.
Un deuxième groupe de grands producteurs asiatiques
Derrière ces deux géants, le Bangladesh occupe la troisième place avec 60,6 millions de tonnes, devant l’Indonésie avec 53,1 millions et le Vietnam avec 43,5 millions.
La Thaïlande produit 33,6 millions de tonnes, suivie du Myanmar avec 27,7 millions et des Philippines avec 19,1 millions. Le Pakistan et le Cambodge complètent les dix premières places, avec respectivement 14,6 et 14,2 millions de tonnes.
La montée en puissance du Vietnam, du Pakistan et du Cambodge constitue l’une des transformations importantes de la période. Depuis 1961, leur production a été multipliée respectivement par près de cinq, neuf et six. Leur rôle dans le commerce international est toutefois très différent : certains produisent principalement pour leur marché intérieur, tandis que d’autres figurent parmi les grands exportateurs mondiaux.
Le recul relatif du Japon et l’essor du Nigeria
Le classement a sensiblement évolué depuis 1961. Le Japon occupait alors la troisième place mondiale avec 16,2 millions de tonnes. Sa production n’atteint plus que 10,1 millions de tonnes en 2024, ce qui le place au douzième rang. La Corée du Sud a également reculé dans le classement, malgré une production proche de son niveau de 1961.
Hors d’Asie, le Brésil est le premier producteur avec 10,7 millions de tonnes, juste devant les États-Unis avec 10,1 millions.
Le Nigeria est devenu le principal producteur africain et le quatorzième producteur mondial, avec 9,1 millions de tonnes en 2024. Il devance l’Égypte, le Népal et Madagascar. L’augmentation de sa production illustre le développement rapide de la riziculture africaine, même si le continent reste fortement dépendant des importations pour satisfaire sa consommation.
Comment les surfaces cultivées en riz ont-elles évolué ?
Les surfaces récoltées en riz sont passées de 115,4 millions d’hectares en 1961 à 172,4 millions en 2024, soit une progression de 49,5 %. Dans le même temps, la production mondiale a été multipliée par 3,8. L’augmentation des volumes repose donc beaucoup plus sur l’amélioration des rendements que sur la seule extension des surfaces.
La notion de surface récoltée doit être distinguée de la superficie physique des rizières : lorsqu’une même parcelle produit plusieurs récoltes au cours de l’année, elle peut être comptabilisée plusieurs fois.
Graphique 18.3 — Évolution des surfaces récoltées en riz par continent entre 1961 et 2024 (en hectares)
L’Asie concentre toujours 85 % des surfaces mondiales
Avec 147 millions d’hectares récoltés en 2024, l’Asie rassemble 85,3 % des surfaces mondiales consacrées au riz. Cette proportion reste considérable, même si elle a diminué depuis 1961, lorsqu’elle atteignait 92,7 %.
Les surfaces asiatiques ont progressé de 37,5 % depuis 1961, mais leur croissance s’est nettement ralentie au cours des dernières décennies. Depuis 2000, elles n’ont augmenté que d’environ 9 millions d’hectares, alors que la production du continent a progressé de près de 190 millions de tonnes. Cette différence met en évidence le rôle déterminant des gains de rendement.
Une forte extension des surfaces en Afrique
L’Afrique connaît l’évolution la plus marquée. Ses surfaces récoltées sont passées de 2,8 millions d’hectares en 1961 à 18,9 millions en 2024. Elles ont ainsi été multipliées par 6,8 et représentent désormais près de 11 % des surfaces rizicoles mondiales, contre seulement 2,4 % en 1961.
Cette extension accompagne la croissance rapide de la production africaine. Elle montre cependant que celle-ci repose encore largement sur la mobilisation de nouvelles surfaces, alors que l’augmentation de la production asiatique dépend davantage des rendements.
Dans les Amériques, les surfaces ont atteint un maximum de 9,8 millions d’hectares en 1981, avant de reculer à 5,8 millions en 2024. En Europe, elles ont également diminué depuis leur sommet de la fin des années 1980. L’Océanie ne représente qu’une part marginale du total mondial.
Graphique 18.4 — Évolution des surfaces récoltées en riz dans les 20 principaux pays entre 1961 et 2024, en hectares
L’Inde possède près de 30 % des surfaces rizicoles mondiales
L’Inde occupe de très loin la première place avec 50,5 millions d’hectares récoltés en 2024, soit 29,3 % du total mondial. Elle devance la Chine, qui en compte 29,3 millions, soit 17 % du total. Ces deux pays concentrent ensemble plus de 46 % des surfaces rizicoles mondiales.
Le Bangladesh arrive en troisième position avec 11,4 millions d’hectares, devant la Thaïlande avec 11,2 millions et l’Indonésie avec 10 millions. Le Vietnam, le Myanmar, les Philippines, le Nigeria et le Pakistan complètent les dix premières places. Ces dix pays réunissent 81 % des surfaces mondiales.
Des évolutions différentes selon les pays
L’Inde est le pays ayant connu la plus forte augmentation en valeur absolue : ses surfaces sont passées de 34,7 à 50,5 millions d’hectares depuis 1961. Elles n’ont augmenté que de 46 %, alors que sa production a été multipliée par plus de quatre, ce qui témoigne d’importants gains de rendement.
Le constat est encore plus marqué en Chine : les surfaces n’y ont progressé que de 8 % entre 1961 et 2024, tandis que la production a été multipliée par 3,7.
À l’inverse, l’essor du riz en Afrique s’appuie davantage sur l’extension des surfaces. Le Nigeria est désormais le neuvième pays mondial avec 4,6 millions d’hectares, alors qu’il n’occupait que le trentième rang en 1961. La Guinée, Madagascar et la Tanzanie figurent également parmi les pays ayant fortement développé leurs surfaces rizicoles.
Enfin, le Brésil et le Japon ont réduit leurs surfaces d’environ moitié depuis 1961. Ces trajectoires opposées montrent que l’évolution de la production ne peut être comprise sans examiner parallèlement les rendements.
Comment la production mondiale se répartit-elle entre les pays ?
La comparaison entre 1961 et 2024 révèle une remarquable permanence : malgré la forte augmentation de la production mondiale, celle-ci demeure très concentrée autour de quelques grands pays asiatiques. Le classement a néanmoins connu plusieurs changements importants, avec le passage de l’Inde devant la Chine et le recul relatif du Japon.
Graphique 18.5 — Répartition de la production mondiale de riz par pays en 1961 (en %)
En 1961, la Chine et l’Inde produisaient déjà la moitié du riz mondial
En 1961, la Chine représentait 26,1 % de la production mondiale de riz, légèrement devant l’Inde avec 24,8 %. Ensemble, ces deux pays produisaient déjà 50,9 % du riz mondial.
Le Japon occupait alors la troisième place avec une part de 7,5 %, devant le Bangladesh avec 6,7 % et l’Indonésie avec 5,6 %. Les cinq premiers pays concentraient ainsi 70,7 % de la production mondiale.
La Thaïlande, le Vietnam, le Myanmar, le Brésil et la Corée du Sud complétaient les dix premières places. À eux seuls, les dix principaux producteurs réalisaient 87,4 % de la production mondiale.
Graphique 18.6 — Répartition de la production mondiale de riz par pays en 2024 (en %)
En 2024, l’Inde devance désormais la Chine
En 2024, l’Inde devient le premier producteur mondial et assure 26,6 % de la production, contre 25,5 % pour la Chine. Leur part cumulée atteint 52,1 %, soit un niveau très proche de celui observé en 1961.
Le Bangladesh occupe la troisième place avec 7,4 %, devant l’Indonésie avec 6,5 % et le Vietnam avec 5,3 %. Les cinq premiers producteurs représentent 71,2 % du total mondial, une proportion presque identique à celle de 1961.
La concentration s’est légèrement réduite au-delà de ces cinq pays : la part des dix premiers producteurs est passée de 87,4 % en 1961 à 84,5 % en 2024.
Une hiérarchie renouvelée derrière les deux premiers producteurs
La principale rupture concerne le Japon. Sa part est tombée de 7,5 % à 1,2 %, le faisant passer de la troisième à la douzième place mondiale. La Corée du Sud et le Brésil ont également perdu du poids relatif.
À l’inverse, le Vietnam, le Pakistan, le Cambodge et les Philippines ont renforcé leur place dans la production mondiale. Le Nigeria est passé d’une part presque marginale en 1961 à 1,1 % en 2024, devenant le premier producteur africain.
La production mondiale demeure cependant très majoritairement asiatique. Les premiers producteurs situés hors d’Asie sont le Brésil, les États-Unis et le Nigeria, mais chacun représente seulement un peu plus de 1 % du total mondial. La filière rizicole associe donc une forte concentration autour de l’Inde et de la Chine à une multitude de producteurs de taille plus modeste.
Comment s’organise le commerce international du riz ?
Le commerce international du riz est dominé par quelques grands exportateurs asiatiques, tandis que les importations sont beaucoup plus dispersées. L’Asie reste au cœur des échanges, mais l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Europe et les Amériques jouent également un rôle important parmi les marchés importateurs.
Les données présentées portent sur le riz classé sous le code douanier SH 1006. Elles regroupent donc plusieurs formes commerciales : riz paddy, riz décortiqué, riz semi-blanchi ou blanchi et brisures de riz.
Quels sont les principaux pays exportateurs de riz en volume ?
En 2024, l’Inde occupe très nettement la première place mondiale avec environ 18 millions de tonnes de riz exportées. Son volume est presque deux fois supérieur à celui de la Thaïlande, qui atteint 9,1 millions de tonnes.
Le Vietnam arrive en troisième position avec environ 7,4 millions de tonnes, devant le Pakistan avec 6,6 millions de tonnes. Il faut cependant préciser que le chiffre vietnamien est issu des déclarations de ses partenaires commerciaux, le Vietnam n’apparaissant pas comme pays déclarant dans le fichier utilisé.
Le Cambodge occupe également une place importante avec 5,7 millions de tonnes déclarées, devant les États-Unis avec 3,8 millions de tonnes et le Myanmar avec 2,8 millions de tonnes.
Les quatre premières places sont ainsi occupées par des pays asiatiques. Cette concentration reflète le poids de l’Asie dans la production mondiale, mais aussi la spécialisation de certains pays dans l’approvisionnement des marchés internationaux.
D’autres bassins exportateurs complètent cette domination asiatique. Les États-Unis constituent le principal exportateur nord-américain, tandis que le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et le Guyana représentent l’Amérique du Sud. En Europe, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne apparaissent dans le classement, mais une partie de leurs flux correspond à du commerce intra-européen ou à des réexportations.
Quels sont les principaux pays exportateurs de riz en valeur ?
Le classement en valeur confirme la domination de l’Inde. Ses exportations atteignent environ 11,65 milliards de dollars en 2024, contre 6,40 milliards de dollars pour la Thaïlande.
Le Vietnam représente environ 4,28 milliards de dollars d’exportations, selon les données miroir de ses partenaires. Il devance légèrement le Pakistan, dont les exportations atteignent 4,19 milliards de dollars.
Les États-Unis se situent au cinquième rang avec 2,44 milliards de dollars, devant le Cambodge avec 1,89 milliard de dollars et le Myanmar avec 1,34 milliard de dollars.
La comparaison entre les classements en volume et en valeur fait apparaître des différences intéressantes. L’Italie, par exemple, se situe autour de la douzième place en volume mais atteint la huitième place en valeur, avec environ 938 millions de dollars d’exportations. Cela peut s’expliquer par la nature des produits commercialisés, leur degré de transformation, leur conditionnement et leur positionnement sur des segments à plus forte valeur.
À l’inverse, certains pays occupent une place plus élevée en volume qu’en valeur. Ils exportent généralement des produits moins transformés, des brisures de riz ou des catégories dont la valeur moyenne par tonne est moins élevée.
La valeur des échanges ne dépend donc pas uniquement des quantités. Elle varie aussi selon la variété du riz, sa qualité, son degré de transformation, son conditionnement, les marchés de destination et les conditions commerciales.
Graphique 18.7 Principaux pays exportateurs de riz en 2024, en volume et en valeur
Quels sont les principaux pays importateurs de riz en volume ?
Les importations mondiales sont moins concentrées que les exportations. Elles répondent à des situations très différentes : déficit de production intérieure, croissance démographique, évolution de la consommation, besoins de transformation ou rôle de plateforme commerciale.
Dans les données disponibles, le Vietnam apparaît en première position avec environ 5,7 millions de tonnes importées. Ce résultat doit toutefois être interprété avec prudence, car il repose exclusivement sur les exportations déclarées par ses partenaires. Il peut notamment intégrer des flux transfrontaliers destinés à la transformation ou à la réexportation.
Parmi les pays disposant d’une déclaration directe, les Philippines constituent le premier importateur avec environ 4,8 millions de tonnes, devant l’Indonésie avec 4,5 millions de tonnes. Ces deux grands pays producteurs restent dépendants des importations lorsque leur production nationale ne suffit pas à couvrir la consommation.
L’Irak apparaît ensuite avec environ 2,1 millions de tonnes, mais ce chiffre est également issu de données miroir. L’Arabie saoudite importe directement environ 1,85 million de tonnes.
L’Afrique occupe une place particulièrement importante parmi les marchés importateurs. Le Bénin importe environ 1,81 million de tonnes, la Côte d’Ivoire 1,62 million, le Sénégal 1,39 million, tandis que la Guinée, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda et le Burkina Faso figurent également parmi les principaux importateurs.
La présence du Bénin dans les premiers rangs ne doit pas être interprétée uniquement à partir de sa consommation nationale. Une partie des volumes peut être destinée au transit ou à la réexportation vers les pays voisins. Plus généralement, les statistiques douanières mesurent le pays d’entrée des marchandises, qui n’est pas toujours leur marché de consommation final.
Quels sont les principaux pays importateurs de riz en valeur ?
En valeur, l’Indonésie occupe la première place avec environ 2,71 milliards de dollars d’importations en 2024. Elle devance les Philippines avec 2,52 milliards de dollars et l’Arabie saoudite avec 2,01 milliards de dollars.
Le Vietnam apparaît en quatrième position avec environ 1,71 milliard de dollars, selon les déclarations de ses partenaires, devant l’Irak avec 1,64 milliard de dollars et les États-Unis avec 1,62 milliard de dollars.
La Malaisie dépasse également le milliard de dollars d’importations, avec environ 1,10 milliard, tout comme la Côte d’Ivoire avec 1,01 milliard de dollars. La Chine arrive ensuite avec environ 921 millions de dollars.
Plusieurs pays développés occupent une place plus élevée dans le classement en valeur que dans celui en volume. C’est notamment le cas des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne ou du Japon. Cette différence peut traduire l’importation de riz à plus forte valeur unitaire, de variétés spécifiques comme les riz parfumés ou basmati, ou de produits conditionnés destinés directement aux consommateurs.
La France se situe ainsi autour de la quatorzième place mondiale en valeur, avec environ 687 millions de dollars d’importations en 2024. Son positionnement s’explique davantage par la valeur et la diversité des produits importés que par l’importance des volumes.
À l’inverse, plusieurs pays africains occupent une place plus élevée dans le classement en volume. Le riz importé répond alors principalement à des besoins d’approvisionnement alimentaire à grande échelle, avec une valeur moyenne par tonne généralement plus faible.
Graphique 18.8 Principaux pays importateurs de riz en 2024, en volume et en valeur
Que faut-il retenir du commerce mondial du riz ?
Le commerce mondial du riz présente une forte asymétrie. Les exportations sont concentrées autour d’un petit nombre de fournisseurs, principalement asiatiques, tandis que les importations sont réparties entre de nombreux marchés.
L’Inde domine très largement les exportations, devant la Thaïlande, le Vietnam et le Pakistan. Du côté des importations, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Afrique constituent les principaux pôles de demande.
Les classements en volume et en valeur ne sont pas identiques. Ils dépendent de la forme du riz commercialisé, de sa qualité, de son degré de transformation, de son conditionnement et des coûts de transport. Il est donc préférable d’examiner conjointement les deux indicateurs pour comprendre la structure réelle des échanges.
Enfin, les résultats doivent être analysés avec prudence lorsque les déclarations directes ne sont pas disponibles. Les données miroir permettent de réintégrer des acteurs majeurs comme le Vietnam, mais elles peuvent différer des statistiques nationales en raison des coûts de transport, des décalages d’enregistrement, des réexportations et des différences de classification.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques, consultant, formateur et conférencier indépendant. Depuis 2009, il accompagne des coopératives agricoles, des entreprises agroalimentaires et des organisations professionnelles dans leurs études économiques et leurs réflexions stratégiques.
Ses travaux portent notamment sur l’évolution des filières agricoles et agroalimentaires, les marchés internationaux, les coopératives agricoles, les stratégies d’entreprise et les nouvelles tendances de consommation.
À travers les analyses Agridata, Olivier Frey transforme des données statistiques françaises et internationales en graphiques interactifs et en analyses accessibles, afin de mieux comprendre les transformations de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
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Production d’huile d’olive dans le monde : évolution, commerce et consommation | Agridata n°17
En 2023, la production mondiale d’huile d’olive s’est élevée à environ 2,63 millions de tonnes. L’Europe reste la première région productrice, avec 63 % du total mondial, devant l’Afrique et l’Asie. La production varie cependant fortement d’une année à l’autre sous l’effet des conditions climatiques et de l’alternance des récoltes.
Cette analyse AgriData présente l’évolution de la production d’huile d’olive depuis 1961, les principaux pays producteurs, les surfaces consacrées aux oliviers, les échanges internationaux ainsi que la consommation d’huile d’olive dans le monde.
Dernière mise à jour : août 2026. Cette analyse, initialement publiée en octobre 2023, a été actualisée avec les dernières données disponibles : production jusqu’en 2023, superficies oléicoles et exportations jusqu’en 2024, et consommation pour la campagne 2022/2023.
Comment la production mondiale d’huile d’olive a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale d’huile d’olive a presque doublé depuis le début des années 1960. Elle est passée d’environ 1,36 million de tonnes en 1961 à 2,63 millions de tonnes en 2023, soit une progression de 94 %.
Cette croissance de long terme ne suit toutefois pas une trajectoire régulière. La production d’huile d’olive connaît d’importantes variations annuelles, liées notamment aux conditions climatiques, aux cycles naturels des oliviers et à l’alternance entre bonnes et mauvaises récoltes.
Graphique 17.1 Évolution de la production mondiale d’huile d’olive par continent entre 1961 et 2023 (en tonnes)
Une production mondiale presque doublée depuis 1961
Entre 1961 et 2023, la production mondiale d’huile d’olive est passée de 1,36 à 2,63 millions de tonnes. Elle a donc augmenté de 94 % en un peu plus de soixante ans.
La progression est néanmoins très irrégulière. Le record de la période a été atteint en 2018, avec environ 3,69 millions de tonnes produites dans le monde. En 2023, la production mondiale était inférieure de 29 % à ce sommet.
Elle a également reculé de 2,2 % entre 2022 et 2023, passant de 2,69 à 2,63 millions de tonnes. Par rapport à 2021, année durant laquelle elle atteignait 3,32 millions de tonnes, la baisse s’élève à près de 21 %.
L’Europe produit encore près des deux tiers de l’huile d’olive mondiale
En 2023, l’Europe a produit environ 1,66 million de tonnes d’huile d’olive, soit 63 % de la production mondiale. Elle reste donc de très loin la première région productrice.
Son poids relatif a néanmoins diminué. En 1961, l’Europe représentait près de 81 % de la production mondiale, contre 63 % en 2023. Cette baisse de sa part ne signifie pas que sa production a reculé sur l’ensemble de la période : elle a augmenté d’environ 51 %, mais moins rapidement que dans d’autres régions.
L’Afrique et l’Asie occupent une place croissante
L’Afrique est devenue la deuxième région productrice d’huile d’olive. Sa production est passée d’environ 77 000 tonnes en 1961 à 467 500 tonnes en 2023, soit une multiplication par plus de six. Elle représente désormais 17,8 % de la production mondiale, contre seulement 5,7 % en 1961.
L’Asie a produit environ 410 400 tonnes d’huile d’olive en 2023, soit 15,6 % du total mondial. Sa production a été multipliée par 2,4 depuis 1961.
Les Amériques restent plus modestes, avec environ 71 400 tonnes en 2023, soit 2,7 % de la production mondiale. Leur production a toutefois été multipliée par plus de huit depuis 1961. L’Océanie ne représente encore que 0,9 % du total mondial.
Ce qu’il faut retenir
- La production mondiale d’huile d’olive a progressé de 94 % entre 1961 et 2023.
- Elle a atteint un record d’environ 3,69 millions de tonnes en 2018.
- En 2023, le monde a produit environ 2,63 millions de tonnes d’huile d’olive.
- L’Europe concentre 63 % de la production mondiale.
- L’Afrique représente désormais 17,8 % du total, contre 5,7 % en 1961.
- La production reste très volatile d’une année à l’autre.
Quels sont les principaux pays producteurs d’huile d’olive dans le monde ?
La production mondiale d’huile d’olive reste fortement concentrée autour du bassin méditerranéen. En 2023, l’Espagne était de très loin le premier producteur mondial, devant l’Italie, la Türkiye, la Grèce et la Tunisie.
Les dix premiers pays producteurs ont représenté 91 % de la production mondiale en 2023. À eux seuls, l’Espagne et l’Italie en ont assuré 46 %. Les évolutions annuelles restent néanmoins très irrégulières, notamment en raison de l’alternance des récoltes et de la forte sensibilité des oliviers aux conditions climatiques.
Graphique 17.2 Évolution de la production des 20 principaux pays producteurs d’huile d’olive entre 1961 et 2023 (en tonnes)
L’Espagne domine largement la production mondiale d’huile d’olive
Avec environ 854 000 tonnes produites en 2023, l’Espagne représentait 32,5 % de la production mondiale d’huile d’olive. Le pays a produit à lui seul plus de deux fois le volume de l’Italie, deuxième producteur mondial.
L’Espagne n’a pas toujours occupé cette position. Dans les années 1960 à 1980, l’Italie arrivait régulièrement en tête. À partir du milieu des années 1990, l’Espagne s’est toutefois installée durablement à la première place grâce à une forte augmentation de sa production.
La production espagnole reste extrêmement variable. Elle est passée de 1,49 million de tonnes en 2021 à 666 000 tonnes en 2022, avant de remonter à 854 000 tonnes en 2023. Cette hausse de 28 % entre 2022 et 2023 constitue un rebond, mais le niveau de 2023 reste inférieur de 52 % au record de 1,79 million de tonnes atteint en 2018.
L’Italie conserve la deuxième place, mais perd du poids relatif
L’Italie a produit environ 359 500 tonnes d’huile d’olive en 2023, soit 13,7 % du total mondial. Sa production a progressé de 8,6 % par rapport à 2022.
Sur une période plus longue, la production italienne ne connaît cependant pas la même dynamique que celle de l’Espagne. Elle atteignait déjà 394 100 tonnes en 1961 et 507 400 tonnes en 2000. Malgré d’importantes variations annuelles, la tendance de long terme apparaît donc relativement stable, voire légèrement orientée à la baisse.
L’Italie demeure néanmoins un acteur majeur de la filière mondiale, aussi bien pour la production que pour la transformation, la consommation et la commercialisation de l’huile d’olive.
La Turquie devance légèrement la Grèce
La Turquie est devenue le troisième producteur mondial en 2023, avec environ 234 500 tonnes, soit 8,9 % de la production mondiale. Elle devance de peu la Grèce, qui a produit 228 850 tonnes, soit 8,7 % du total.
Les trajectoires des deux pays sont différentes. La production turque a presque doublé entre 1961 et 2023, passant de 119 500 à 234 500 tonnes. Elle avait atteint un sommet de 302 400 tonnes en 2022 avant de reculer de 22 % en 2023.
La production grecque était déjà très importante en 1961, avec 215 000 tonnes. Elle n’a augmenté que de 6 % entre 1961 et 2023. En 2023, elle a diminué de 7,8 % par rapport à l’année précédente et se situait environ 20 % sous sa moyenne des dix dernières années.
La Tunisie est le premier producteur africain
Avec 210 000 tonnes produites en 2023, la Tunisie occupait la cinquième place mondiale et représentait près de 8 % de la production mondiale d’huile d’olive.
La production tunisienne a été multipliée par 5,6 depuis 1961, mais elle se caractérise par de très fortes variations annuelles. Elle a notamment atteint 399 900 tonnes en 2020, avant de retomber à 144 200 tonnes en 2021. Elle est remontée à 235 200 tonnes en 2022, puis a diminué de 10,7 % en 2023.
Ces variations montrent qu’il est préférable d’étudier la production tunisienne sur plusieurs campagnes plutôt qu’à partir d’une seule année.
Le Portugal enregistre une forte progression depuis les années 2000
Le Portugal a produit environ 175 500 tonnes d’huile d’olive en 2023, ce qui le place au sixième rang mondial avec 6,7 % de la production totale.
Sa production a progressé de 27 % par rapport à 2022. L’évolution depuis le début du siècle est particulièrement marquée : le Portugal produisait seulement 26 000 tonnes en 2000. Son volume a donc été multiplié par près de sept entre 2000 et 2023.
Cette progression fait du Portugal l’un des producteurs ayant connu la croissance la plus importante au cours des deux dernières décennies. Son record a été atteint en 2021, avec près de 229 000 tonnes.
Le Maroc et l’Algérie renforcent leur place
Le Maroc occupait la septième place mondiale en 2023, avec 120 200 tonnes, soit 4,6 % de la production mondiale. Sa production a été multipliée par 8,6 depuis 1961. Elle a néanmoins reculé de 34 % entre 2022 et 2023.
L’Algérie a produit 81 300 tonnes en 2023, soit 3,1 % du total mondial. Sa production a été multipliée par plus de quatre depuis 1961. Elle avait dépassé 100 000 tonnes en 2019 et en 2020, avant de revenir à des niveaux plus faibles.
Avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie figurent ainsi parmi les principaux contributeurs à la progression de la production africaine d’huile d’olive.
Une forte baisse de la production syrienne en 2023
La Syrie était le huitième producteur mondial en 2023, avec environ 89 300 tonnes, soit 3,4 % de la production mondiale.
Sa production a été particulièrement irrégulière au cours des dernières années. Elle est passée de 189 400 tonnes en 2022 à 89 300 tonnes en 2023, soit une baisse de près de 53 %. Il s’agit du recul le plus important enregistré en 2023 parmi les dix premiers producteurs mondiaux.
De nouveaux pays producteurs apparaissent
L’Égypte complète le groupe des dix premiers producteurs, avec 40 000 tonnes en 2023. Sa production a fortement progressé depuis le milieu des années 2000.
En dehors du bassin méditerranéen, plusieurs pays ont également développé leur production, même si leurs volumes restent modestes à l’échelle mondiale :
- l’Argentine a produit 31 000 tonnes en 2023 ;
- l’Australie, 23 500 tonnes ;
- le Chili, 23 200 tonnes ;
- les États-Unis, 12 000 tonnes.
L’Albanie se distingue également avec une production de 28 500 tonnes en 2023, contre environ 1 200 tonnes en 2000. Israël, le Liban, la Jordanie, la Libye et l’Iran complètent le classement des vingt premiers producteurs.
Une production mondiale toujours très concentrée
En 2023, les cinq premiers producteurs — Espagne, Italie, Turquie, Grèce et Tunisie — ont concentré 71,7 % de la production mondiale d’huile d’olive.
En ajoutant le Portugal, leur part atteint 78,4 %. Les dix premiers pays représentent 91 % du total mondial et les vingt premiers, 98,6 %.
La production d’huile d’olive reste donc beaucoup plus concentrée géographiquement que celle de nombreuses autres productions agricoles. Malgré le développement de nouveaux producteurs en Amérique et en Océanie, les pays méditerranéens conservent une position largement dominante.
Ce qu'il faut retenir
- L’Espagne produit près d’un tiers de l’huile d’olive mondiale.
- L’Espagne et l’Italie représentent ensemble 46 % de la production.
- La Turquie devance légèrement la Grèce en 2023.
- La Tunisie reste le premier producteur africain.
- Le Portugal connaît l’une des plus fortes progressions depuis 2000.
- Les cinq premiers pays concentrent près de 72 % de la production mondiale.
- Les variations annuelles sont très importantes : une seule campagne ne suffit pas pour déterminer une tendance.
Comment les surfaces consacrées aux oliviers ont-elles évolué depuis 1985 ?
En 2024, environ 11 millions d’hectares étaient consacrés à la récolte des olives dans les pays couverts par cette analyse. L’Espagne possédait la superficie oléicole la plus importante, avec près de 2,65 millions d’hectares, devant la Tunisie, le Maroc, l’Italie et la Türkiye.
Ces cinq pays concentraient un peu plus de 70 % des superficies oléicoles mondiales. Les dix premiers pays en représentaient près de 94 %, ce qui témoigne de la très forte concentration géographique de la culture de l’olivier autour du bassin méditerranéen.
Graphique 17.3 Évolution des superficies oléicoles dans les 20 principaux pays entre 1985 et 2024 (en ha)
Note méthodologique : les pays sont classés selon leur superficie en 2024. Le graphique commence en 1985 afin de disposer de données comparables pour l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la Libye et l’Argentine. Les données de l’Arabie saoudite ne sont disponibles qu’à partir de 2017. Une absence de donnée ne signifie pas que la superficie était nulle.
L’Espagne possède la première superficie oléicole mondiale
En 2024, l’Espagne comptait environ 2,65 millions d’hectares consacrés à la récolte des olives, soit près du quart des superficies mondiales recensées dans le jeu de données.
Les données espagnoles n’étant disponibles qu’à partir de 1980, l’évolution de long terme doit être analysée à partir de cette date. Entre 1985 et 2024, la superficie espagnole est passée de 2,05 à 2,65 millions d’hectares, soit une augmentation de 29 %.
La progression a principalement eu lieu entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010. Depuis, la superficie évolue autour de 2,5 à 2,65 millions d’hectares. Le niveau de 2024 est très proche du record de 2,65 millions d’hectares atteint en 2023.
La Tunisie occupe la deuxième place
Avec environ 1,87 million d’hectares en 2024, la Tunisie possède la deuxième superficie oléicole mondiale. Celle-ci a augmenté de 42 % depuis 1985, année durant laquelle elle atteignait environ 1,32 million d’hectares.
Les données tunisiennes présentent toutefois des variations particulièrement importantes au cours des dernières années. La superficie déclarée passe notamment de 944 000 hectares en 2017 à 2,42 millions en 2018, puis à 3,61 millions en 2020.
De telles variations ne peuvent probablement pas s’expliquer uniquement par des plantations et des arrachages d’oliviers. Elles peuvent également refléter des changements de méthode, de périmètre statistique ou de déclaration des superficies effectivement récoltées. Les évolutions annuelles de la Tunisie doivent donc être interprétées avec prudence.
Le Maroc connaît la progression la plus spectaculaire parmi les grands producteurs
Le Maroc occupait la troisième place mondiale en 2024, avec près de 1,24 million d’hectares. Il devance désormais l’Italie.
La superficie oléicole marocaine est passée d’environ 293 000 hectares en 1985 à 1,24 million en 2024. Elle a donc été multipliée par 4,2 en moins de quarante ans.
La progression s’est fortement accélérée à partir des années 2000. Le Maroc comptait environ 540 000 hectares en 2000, 830 000 en 2010 et plus d’un million à partir de 2016. Le niveau atteint en 2024 constitue le point le plus élevé de la série.
La superficie italienne diminue progressivement
L’Italie comptait environ 1,08 million d’hectares d’oliviers récoltés en 2024, ce qui la place au quatrième rang mondial.
Contrairement à l’Espagne, au Maroc ou à la Türkiye, la superficie italienne suit une tendance légèrement décroissante. Elle est passée de 1,18 million d’hectares en 1985 à 1,08 million en 2024, soit une diminution de 8,5 %.
La baisse apparaît progressive : l’Italie possédait encore environ 1,16 million d’hectares en 2000 et 1,14 million en 2015. La superficie semble néanmoins s’être stabilisée autour de 1,08 million d’hectares depuis 2021.
La Turquie poursuit son développement
La Turquie disposait d’environ 913 000 hectares d’oliviers récoltés en 2024. Sa superficie a progressé de 81 % depuis 1985, année durant laquelle elle atteignait environ 506 000 hectares.
Cette croissance s’est accélérée à partir des années 2000. La Turquie est passée de 600 000 hectares en 2000 à plus de 800 000 hectares en 2012, puis à 913 000 hectares en 2024. La dernière année disponible correspond au niveau le plus élevé de la série.
La superficie grecque progresse plus modérément
Les données grecques ne sont disponibles qu’à partir de 1985. Entre 1985 et 2024, la superficie consacrée aux oliviers est passée de 718 000 à environ 848 000 hectares, soit une progression de 18 %.
La superficie grecque évolue généralement entre 790 000 et 850 000 hectares depuis la fin des années 2000. Le chiffre de 963 000 hectares enregistré en 2018 constitue une rupture ponctuelle dans la série et doit être interprété avec précaution.
La Syrie et l’Algérie ont fortement étendu leurs superficies
La Syrie possédait environ 681 000 hectares d’oliviers récoltés en 2024, contre 296 000 hectares en 1985. Sa superficie a donc été multipliée par 2,3. Après une forte croissance jusqu’au début des années 2010, elle semble s’être stabilisée autour de 680 000 à 700 000 hectares.
L’Algérie comptait environ 474 000 hectares en 2024, contre 163 000 en 1985. Sa superficie a presque triplé sur la période. La progression s’est particulièrement accélérée après 2000, année durant laquelle le pays ne comptait encore qu’environ 168 000 hectares.
Les superficies portugaises sont relativement stables
Le Portugal occupait la neuvième place mondiale en 2024, avec environ 381 000 hectares. Sa superficie n’a progressé que de 9 % depuis 1985.
Cette relative stabilité contraste avec la forte progression récente de la production portugaise d’huile d’olive. Elle suggère que le développement de la production ne repose pas seulement sur l’extension des surfaces, mais également sur l’évolution des systèmes de culture, des rendements et de l’irrigation.
La Libye dispose d’une superficie importante, mais en recul récent
Avec environ 185 000 hectares en 2024, la Libye complète le groupe des dix pays possédant les plus grandes superficies oléicoles.
Sa superficie a presque triplé depuis 1985, passant de 62 000 à 185 000 hectares. Elle avait toutefois atteint environ 253 000 hectares en 2010. Depuis, la tendance est irrégulière et globalement orientée à la baisse. La diminution atteint près de 11 % entre 2023 et 2024.
L’Argentine et l’Égypte progressent rapidement
L’Argentine est le premier pays non méditerranéen du classement, avec environ 127 000 hectares en 2024. Elle ne comptait que 23 000 hectares en 1985. Sa superficie a donc été multipliée par 5,5.
L’Égypte atteint près de 118 000 hectares en 2024, contre seulement 2 500 en 1985 et 45 500 en 2000. Cette progression place désormais le pays devant plusieurs producteurs historiques.
Parmi les autres évolutions notables figurent l’Iran, l’Australie et le Pérou. L’Arabie saoudite apparaît également dans le classement, mais ses données ne sont disponibles qu’à partir de 2017, ce qui ne permet pas d’établir une comparaison depuis 1985.
Une extension des surfaces vers de nouvelles zones de production
La culture de l’olivier reste très concentrée dans les pays méditerranéens, mais elle se développe également dans d’autres régions. L’Argentine, l’Australie, le Pérou, le Chili et les États-Unis disposent désormais de superficies significatives.
Cette diversification géographique reste néanmoins limitée. En 2024, les dix premiers pays concentraient environ 93,6 % des superficies recensées, et les vingt premiers près de 98,8 %.
La superficie ne suffit toutefois pas à expliquer les volumes d’huile produits. Les rendements, les variétés, l’âge des plantations, la densité des vergers, l’irrigation et les conditions climatiques créent des écarts importants entre les pays.
Ce qu'il faut retenir
- L’Espagne possède près de 2,65 millions d’hectares d’oliviers récoltés.
- La Tunisie arrive deuxième, mais ses données récentes sont très irrégulières.
- Le Maroc a multiplié sa superficie par 4,2 depuis 1985.
- Les superficies progressent fortement en Turquie, en Syrie et en Algérie.
- L’Italie enregistre une diminution d’environ 8,5 % depuis 1985.
- Les dix premiers pays concentrent près de 94 % des superficies.
- L’évolution des surfaces ne suffit pas à expliquer celle de la production.
Quels pays produisaient le plus d’huile d’olive en 1961 ?
Graphique 17.4 Répartition de la production mondiale d’huile d’olive par pays en 1961 (en %)
En 1961, la production mondiale d’huile d’olive s’élevait à environ 1,36 million de tonnes. L’Italie était alors le premier producteur mondial, avec 394 100 tonnes, soit 29 % du total. Elle devançait l’Espagne, qui produisait environ 360 800 tonnes et représentait 26,5 % de la production mondiale.
La Grèce occupait la troisième place avec 15,8 % de la production, devant le Portugal, avec 9,1 %, et la Türkiye, avec 8,8 %. À eux seuls, ces cinq pays concentraient 89,2 % de la production mondiale d’huile d’olive.
La Tunisie était le premier producteur africain, avec 2,8 % du total mondial. Elle devançait la Jordanie avec 1,6 %, l’Algérie avec 1,4 %, la Syrie avec 1,3 % et le Maroc avec 1 %.
En 1961, la production d’huile d’olive était donc extrêmement concentrée dans quelques pays méditerranéens. L’Italie et l’Espagne assuraient à elles seules 55,5 % de la production mondiale.
Quels étaient les principaux pays producteurs d’huile d’olive en 2023 ?
Graphique 17.5 Répartition de la production mondiale d’huile d’olive par pays en 2023
En 2023, la production mondiale d’huile d’olive atteignait environ 2,63 millions de tonnes. L’Espagne occupait largement la première place avec 854 000 tonnes, soit 32,5 % du total mondial.
L’Italie arrivait en deuxième position avec 359 500 tonnes et 13,7 % de la production mondiale. Elle était suivie par la Turquie, avec 8,9 %, la Grèce, avec 8,7 %, et la Tunisie, avec 8 %.
Le Portugal représentait 6,7 % de la production mondiale, devant le Maroc avec 4,6 %, la Syrie avec 3,4 %, l’Algérie avec 3,1 % et l’Égypte avec 1,5 %.
Les cinq premiers producteurs concentraient 71,7 % de la production mondiale et les dix premiers environ 91 %. La production demeure donc fortement concentrée, même si elle est mieux répartie qu’en 1961.
Entre 1961 et 2023, l’Espagne a renforcé sa position, sa part passant de 26,5 % à 32,5 %. À l’inverse, celle de l’Italie a reculé de 29 % à 13,7 %. Le poids cumulé des producteurs d’Afrique du Nord — Tunisie, Maroc, Algérie et Égypte — a sensiblement progressé.
Cette évolution montre une diversification partielle de la géographie mondiale de l’huile d’olive, sans remettre en cause la prédominance du bassin méditerranéen.
Quels sont les principaux pays exportateurs d’huile d’olive en 2024 ?
Graphique 17.6 Exportations d’huile d’olive par pays en 2024 en valeur ($)
En 2024, les exportations d’huile d’olive enregistrées dans la base UN Comtrade ont représenté une valeur cumulée d’environ 15,29 milliards de dollars. Le commerce mondial apparaît extrêmement concentré : les six premiers pays exportateurs ont généré près de 94 % de cette valeur.
L’Espagne domine largement les exportations mondiales d’huile d’olive. Avec 6,28 milliards de dollars exportés, elle représente 41,1 % de la valeur totale déclarée. Son poids net exporté atteint environ 758 300 tonnes, soit 47 % de l’ensemble des volumes effectivement renseignés dans le fichier.
L’Italie occupe la deuxième place avec 3,17 milliards de dollars d’exportations, soit 20,8 % du total. Elle a exporté près de 299 400 tonnes. Sa part en valeur est légèrement supérieure à sa part en volume, ce qui correspond à une valeur moyenne par kilogramme plus élevée que celle de l’Espagne.
Le Portugal arrive en troisième position, aussi bien en valeur qu’en volume. Ses exportations atteignent 1,65 milliard de dollars et environ 229 300 tonnes. Le pays représente 10,8 % de la valeur totale et 14,2 % des volumes renseignés.
La Tunisie occupe la quatrième place en valeur, avec 1,56 milliard de dollars, soit 10,2 % du total. Le fichier ne fournit cependant aucun poids net pour les exportations tunisiennes. Il n’est donc pas possible de classer la Tunisie selon son volume ni de calculer une valeur moyenne par kilogramme à partir de ce jeu de données.
La Grèce a exporté pour un peu plus d’un milliard de dollars d’huile d’olive, représentant 6,6 % de la valeur totale. Son volume atteint environ 117 900 tonnes.
La Turquie arrive en sixième position avec 649 millions de dollars et près de 100 800 tonnes exportées. Les six premiers pays concentrent ainsi l’essentiel des exportations mondiales.
Graphique 17.7 Exportations d’huile d’olive par pays en 2024 en volume (kg)
Parmi les pays ayant renseigné un poids net, l’Espagne assure 47 % des volumes exportés. En ajoutant l’Italie, le Portugal, la Grèce et la Turquie, les cinq premiers exportateurs représentent environ 93 % des volumes disponibles. Néanmoins, ce classement est incomplet car la Tunisie, la France, l’Égypte, l’Albanie, le Mexique et plusieurs autres déclarants indiquent une valeur commerciale, mais aucun poids net.
Après ces cinq pays, les volumes diminuent très fortement. Les États-Unis arrivent en sixième position avec environ 24 400 tonnes, devant l’Argentine avec 18 600 tonnes, le Chili avec 14 400 tonnes, le Liban avec 9 400 tonnes et le Maroc avec 8 600 tonnes.
Cette hiérarchie montre que les exportations d’huile d’olive restent très largement dominées par les pays du bassin méditerranéen. La présence de pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou le Royaume-Uni dans le classement s’explique également par des activités de négoce et de réexportation. Un pays exportateur n’est donc pas nécessairement un grand pays producteur.
Des différences importantes de valeur par kilogramme
Pour les pays ayant déclaré à la fois une valeur et un poids net, la valeur moyenne pondérée s’élève à environ 8,39 dollars par kilogramme.
Parmi les principaux exportateurs, la valeur moyenne atteint environ :
- 10,60 dollars par kilogramme pour l’Italie ;
- 9,28 dollars pour le Maroc ;
- 9,12 dollars pour le Chili ;
- 8,60 dollars pour la Grèce ;
- 8,29 dollars pour l’Espagne ;
- 7,81 dollars pour l’Argentine ;
- 7,35 dollars pour le Liban ;
- 7,19 dollars pour le Portugal ;
- 6,44 dollars pour la Turquie.
La valeur moyenne italienne est supérieure de près de 28 % à celle de l’Espagne. Cet écart peut notamment refléter des différences de qualité, de conditionnement, de positionnement commercial et de destination des exportations.
Ces valeurs unitaires ne doivent toutefois pas être interprétées comme des prix payés aux producteurs. Elles correspondent au rapport entre la valeur douanière déclarée et le poids net exporté. Elles peuvent inclure de l’huile vendue en vrac, conditionnée en bouteilles ou réexportée, ainsi que différentes catégories d’huile d’olive.
Dans quels pays consomme-t-on le plus d'huile d'olive par habitant?
Graphique 17.8 Consommation d'huile d'olive par habitant en 2022-2023 (en kg)
La consommation d’huile d’olive par habitant reste particulièrement élevée dans les pays méditerranéens. Durant la campagne 2022/23, la Grèce arrive en tête avec 9,3 kg par habitant, devant l’Albanie (8,7 kg), l’Espagne (7,5 kg) et l’Italie (7,4 kg).
La consommation est nettement plus faible en France, avec 1,7 kg par habitant, ainsi que dans les grands marchés importateurs comme le Canada (1,2 kg), les États-Unis (1,1 kg), le Japon et le Brésil (0,4 kg chacun). Ces écarts montrent que l’huile d’olive reste profondément associée aux habitudes alimentaires méditerranéennes, mais dispose encore d’un potentiel de développement important dans de nombreux pays.
Méthodologie et sources
Cette analyse repose sur plusieurs bases de données internationales, dont les périodes de référence diffèrent selon les indicateurs étudiés.
Les données relatives à la production d’huile d’olive et aux superficies oléicoles récoltées proviennent de FAOSTAT, la base statistique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La production est exprimée en tonnes et les superficies en hectares. Les parts de marché présentées dans les graphiques ont été calculées à partir de la production mondiale de l’année étudiée.
Les données sur les exportations d’huile d’olive en 2024 sont issues d’UN Comtrade et correspondent au code douanier SH 1509. Les échanges sont étudiés à la fois en valeur, exprimée en dollars courants, et en volume net lorsqu’il est renseigné par les pays déclarants. Les exportations d’un pays ne correspondent pas nécessairement à sa seule production nationale : elles peuvent également inclure des opérations de conditionnement, de transformation ou de réexportation.
Les données de consommation totale et de consommation par habitant proviennent du Conseil oléicole international. Elles se rapportent à la campagne 2022/2023. Les valeurs par habitant étant arrondies, un résultat affiché à 0,0 kg ne signifie pas nécessairement une absence totale de consommation.
Les écarts observés entre les années doivent être interprétés avec prudence. La production d’huile d’olive est soumise à une forte variabilité en raison de l’alternance naturelle des rendements des oliviers, des conditions climatiques, des épisodes de sécheresse et de l’évolution des superficies récoltées. Des changements de méthode statistique ou des données manquantes peuvent également provoquer des ruptures dans certaines séries nationales.
Les calculs, regroupements géographiques et visualisations ont été réalisés par Olivier Frey à partir de ces données. Les chiffres ont été arrondis pour faciliter leur lecture.
Liens vers les sources de données :
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques, consultant indépendant et formateur depuis 2009. Spécialiste de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des coopératives agricoles, il réalise des études économiques et sectorielles destinées à éclairer les évolutions des filières, les stratégies des entreprises et les transformations des systèmes alimentaires.
À travers les analyses Agridata, il sélectionne, traite et met en perspective des données publiques afin de rendre les grandes tendances agricoles et agroalimentaires accessibles à un large public.
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Agriculture biologique dans le monde : chiffres 2024 | Agridata n°16
Mise à jour : août 2026
L’agriculture biologique s’est fortement développée depuis le début des années 2000. Les surfaces agricoles conduites en bio ont été multipliées par plus de six en près d’un quart de siècle, tandis que les ventes de produits biologiques ont atteint des niveaux records dans plusieurs grands marchés.
Cette progression n’est cependant ni uniforme ni linéaire. Une grande partie des surfaces mondiales se concentre en Australie, essentiellement sous forme de pâturages extensifs. À l’inverse, les principaux marchés de consommation se situent en Amérique du Nord et en Europe. Depuis quelques années, la croissance des surfaces ralentit également dans plusieurs régions, malgré une demande qui montre des signes de reprise.
En France, l’agriculture biologique a connu une expansion particulièrement rapide entre 2008 et 2022. La situation est désormais plus contrastée : les surfaces et le nombre de fermes engagées reculent, alors que les ventes de produits bio progressent à nouveau.
Agridata rassemble et analyse des données agricoles et agroalimentaires afin de mieux comprendre l’évolution des productions, de la consommation et du commerce international. Cette analyse présente les principales évolutions de l’agriculture biologique dans le monde jusqu’en 2024 et en France jusqu’en 2025.
Ce qu’il faut retenir
- Près de 98,9 millions d’hectares étaient conduits en agriculture biologique dans le monde en 2024, soit 2,1 % des terres agricoles mondiales.
- Avec plus de 53 millions d’hectares, l’Australie représente à elle seule près de 54 % des surfaces bio mondiales. Environ 99 % de ces surfaces sont toutefois constituées de pâturages extensifs.
- Les dix premiers pays concentrent environ 82 % des surfaces bio mondiales.
- Le marché mondial des produits biologiques a atteint près de 145 milliards d’euros en 2024. L’Amérique du Nord et l’Europe en représentent ensemble plus de 85 %.
- L’Union européenne comptait environ 18,1 millions d’hectares bio en 2024, soit 11,1 % de sa surface agricole.
- En France, les surfaces bio ou en conversion atteignent 2,69 millions d’hectares en 2025, soit 10,04 % de la surface agricole française.
- La France comptait 61 159 fermes engagées en bio en 2025, mais leur nombre diminue pour la première fois.
- Le marché bio français à domicile atteint 12,617 milliards d’euros en 2025, en progression de 3,6 % en valeur et d’environ 2 % en volume.
Comment mesurer l’agriculture biologique ?
Que recouvre l’appellation « agriculture biologique » ?
L’agriculture biologique est un mode de production encadré par des cahiers des charges et des procédures de certification. Dans l’Union européenne, elle est notamment régie par le règlement européen relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques.
Ce mode de production repose sur plusieurs principes :
- l’interdiction des organismes génétiquement modifiés ;
- la limitation de l’utilisation des produits chimiques de synthèse ;
- le recours à des pratiques favorisant les cycles naturels ;
- des règles spécifiques concernant l’alimentation, les soins et les conditions d’élevage des animaux ;
- la certification et le contrôle des exploitations et des entreprises concernées.
Les règles ne sont toutefois pas parfaitement identiques dans tous les pays. Les comparaisons internationales doivent donc être interprétées avec prudence.
Quelle différence entre une surface bio et une surface en conversion ?
Une exploitation qui souhaite obtenir la certification biologique doit respecter une période de conversion. Pendant cette période, elle applique les règles de l’agriculture biologique, mais ses produits ne bénéficient pas encore tous de la certification correspondante.
Les statistiques du FiBL et de l’Agence BIO additionnent généralement :
- les surfaces totalement certifiées bio ;
- les surfaces encore en conversion.
Cette distinction est importante. Un recul des surfaces en conversion peut annoncer un ralentissement futur, même si les surfaces déjà certifiées continuent temporairement de progresser.
Quels indicateurs faut-il comparer ?
La seule superficie cultivée en bio ne suffit pas à mesurer le développement du secteur.
Plusieurs indicateurs doivent être distingués :
- la surface agricole bio en hectares ;
- la part du bio dans la surface agricole nationale ;
- le nombre de fermes ou de producteurs engagés ;
- le nombre d’entreprises de transformation et de distribution ;
- la valeur du marché des produits bio ;
- la part du bio dans les achats alimentaires ;
- la consommation bio par habitant.
Un grand pays agricole peut disposer de millions d’hectares bio tout en conservant une faible part de bio dans sa surface agricole totale. À l’inverse, un petit pays peut consacrer une proportion importante de son territoire agricole au bio sans représenter un volume considérable à l’échelle mondiale.
Comment les surfaces agricoles biologiques ont-elles évolué dans le monde ?
Les surfaces agricoles biologiques sont passées d’environ 14,9 millions d’hectares en 2000 à 98,9 millions en 2024. Elles ont donc été multipliées par 6,6 en vingt-quatre ans.
La croissance a été particulièrement rapide après 2010. Les surfaces mondiales atteignaient alors 35,9 millions d’hectares, contre 74,7 millions en 2020 et un peu plus de 99 millions en 2023.
Cette progression spectaculaire doit cependant être nuancée. Une part considérable de l’augmentation provient de l’intégration de vastes surfaces de pâturages extensifs en Océanie, principalement en Australie.
Une géographie dominée par l’Océanie
En 2024, les surfaces bio se répartissent de la manière suivante :
- Océanie : 53,2 millions d’hectares, soit 53,8 % du total mondial ;
- Europe : 19,6 millions d’hectares, soit 19,8 % ;
- Amérique latine : 10,3 millions d’hectares, soit 10,4 % ;
- Asie : 8,7 millions d’hectares, soit 8,8 % ;
- Amérique du Nord : 4,3 millions d’hectares, soit 4,4 % ;
- Afrique : 2,8 millions d’hectares, soit 2,8 %.
L’Europe présente la progression la plus régulière. Ses surfaces sont passées de 4,5 millions d’hectares en 2000 à 19,6 millions en 2024.
L’Océanie a connu une évolution beaucoup plus spectaculaire, passant de 5,3 à 53,2 millions d’hectares. Cette augmentation s’explique principalement par l’Australie.
L’Asie et l’Afrique ont également développé leurs surfaces, mais les séries anciennes doivent être interprétées avec prudence, car la couverture statistique s’est améliorée au fil du temps.
Une légère diminution en 2024
Après plusieurs décennies de croissance, les surfaces mondiales ont diminué de 176 000 hectares en 2024, soit un recul limité de 0,2 %.
Les évolutions sont contrastées :
- l’Afrique recule de 17,6 % ;
- l’Asie recule de 4,8 % ;
- l’Europe diminue de 0,5 % ;
- l’Amérique latine recule de 0,8 % ;
- l’Océanie reste pratiquement stable ;
- l’Amérique du Nord progresse de 30,7 %.
La progression nord-américaine reflète toutefois largement l’intégration de nouvelles données américaines. Elle ne doit donc pas être entièrement interprétée comme une augmentation réelle des surfaces en une seule année.
De la même manière, certains reculs peuvent provenir de changements réglementaires, de révisions statistiques, de modifications dans les systèmes de certification ou du retrait d’un nombre limité de grands groupements de producteurs.
Graphique 16.1 — Évolution des surfaces agricoles biologiques dans le monde par région, 2000-2024
Quels pays possèdent les plus grandes surfaces agricoles bio ?
La production bio mondiale apparaît extrêmement concentrée. Les dix pays disposant des plus grandes superficies rassemblent environ 82 % des surfaces bio mondiales.
L’Australie occupe une position très particulière
En 2024, les principaux pays en superficie sont :
- Australie : 53,0 millions d’hectares ;
- Inde : 4,0 millions d’hectares ;
- Argentine : 3,9 millions d’hectares ;
- Chine : 3,6 millions d’hectares ;
- Uruguay : 3,3 millions d’hectares ;
- États-Unis : 3,2 millions d’hectares ;
- Espagne : 2,9 millions d’hectares ;
- France : 2,7 millions d’hectares ;
- Italie : 2,5 millions d’hectares ;
- Allemagne : 1,9 million d’hectares.
À elle seule, l’Australie représente environ 53,6 % des surfaces bio mondiales. Cette domination doit être relativisée : selon le FiBL, environ 99 % de ses surfaces correspondent à des pâturages extensifs.
Un hectare de pâturage extensif australien ne peut pas être directement comparé, sur le plan de la production ou de la valeur économique, à un hectare de maraîchage, de vigne ou de grandes cultures en Europe.
L’Inde se distingue également par le nombre de producteurs recensés. Le pays compte plus de 2,3 millions de producteurs bio, souvent organisés dans le cadre de certifications de groupe. La comparaison du nombre de producteurs entre pays reste cependant délicate, car les structures agricoles et les méthodes de comptabilisation diffèrent fortement.
Graphique 16.2 — Les pays disposant des plus grandes surfaces agricoles biologiques en 2024
Quels pays consacrent la plus grande part de leur agriculture au bio ?
Le classement change lorsque l’on rapporte les surfaces bio à la surface agricole totale.
En 2024, le Liechtenstein arrive en tête avec 43,5 % de sa surface agricole conduite en bio. Parmi les pays disposant d’une agriculture plus importante, les proportions les plus élevées sont notamment observées en :
- Autriche : 27,2 % ;
- Uruguay : 23,1 % ;
- Estonie : 22,5 % ;
- Grèce : 21,7 % ;
- Portugal : 20,3 % ;
- Italie : 19,2 % ;
- République tchèque : 17,2 % ;
- Suède : 16,5 % ;
- Lettonie : 15,6 %.
Au total, 22 pays consacrent au moins 10 % de leurs surfaces agricoles au bio.
À l’autre extrémité, plus de la moitié des pays disposant de données restent sous le seuil de 1 %. Le développement de l’agriculture biologique demeure donc très inégal.
Graphique 16.3 — Part de l’agriculture biologique dans la surface agricole de chaque pays en 2024
Quelle place l’agriculture biologique occupe-t-elle dans l’Union européenne ?
L’Union européenne représente l’un des principaux pôles mondiaux de l’agriculture biologique.
Les surfaces bio des États membres sont passées d’environ 3,7 millions d’hectares en 2000 à 18,1 millions en 2024. Elles ont ainsi été multipliées par près de cinq.
En 2024, 11,1 % de la surface agricole de l’Union européenne est conduite en bio. Cette proportion est nettement supérieure à la moyenne mondiale de 2,1 %, mais reste très éloignée de l’objectif européen de 25 % à l’horizon 2030.
Espagne, France et Italie dominent en superficie
Les États membres disposant des plus grandes surfaces bio sont :
- l’Espagne, avec environ 2,9 millions d’hectares ;
- la France, avec environ 2,7 millions ;
- l’Italie, avec 2,5 millions ;
- l’Allemagne, avec 1,9 million ;
- la Grèce, avec 1,1 million.
Ces pays représentent une part importante des surfaces bio européennes, mais leur position change lorsque l’on considère la proportion de bio dans leur agriculture.
L’Autriche, l’Estonie, la Grèce et le Portugal figurent parmi les pays les plus avancés en proportion. La France possède l’une des plus grandes superficies absolues, mais sa part de surfaces bio se situe autour de la moyenne européenne.
L’objectif de 25 % en 2030 paraît très ambitieux
Pour atteindre 25 % de surfaces agricoles bio en 2030, l’Union européenne devrait plus que doubler la proportion observée en 2024.
La situation diffère fortement entre États membres. Certains pays sont déjà proches ou au-dessus de 20 %, tandis que d’autres restent sous les 5 %.
La réalisation de cet objectif ne dépend pas uniquement des aides à la conversion. Elle suppose aussi :
- des débouchés suffisants pour les producteurs ;
- une demande dynamique ;
- une organisation adaptée des filières ;
- des capacités de transformation ;
- des prix permettant de rémunérer les contraintes du mode de production ;
- une progression de la consommation dans la restauration collective et commerciale.
Graphique 16.4 — Surfaces agricoles biologiques et part du bio dans les pays de l’Union européenne en 2024
Où se situent les principaux marchés de produits biologiques ?
Le marché mondial des produits biologiques atteint près de 145 milliards d’euros en 2024.
Sa géographie est très différente de celle des surfaces agricoles.
L’Amérique du Nord représente environ 65,7 milliards d’euros de ventes, soit 45 % du marché mondial. L’Europe atteint 58,7 milliards, soit un peu plus de 40 %. L’Asie représente 18,3 milliards d’euros.
À l’inverse, l’Océanie concentre près de 54 % des surfaces bio mondiales, mais seulement un peu plus de 1 % des ventes au détail.
Cette différence montre que les surfaces agricoles, la transformation des produits et la consommation finale ne se situent pas nécessairement dans les mêmes pays.
Les États-Unis constituent de loin le premier marché
Les principaux marchés nationaux sont :
- États-Unis : 60,4 milliards d’euros ;
- Allemagne : 17,0 milliards ;
- Chine : 15,5 milliards ;
- France : 12,2 milliards ;
- Canada : 5,2 milliards ;
- Italie : 5,2 milliards ;
- Suisse : 4,4 milliards ;
- Royaume-Uni : 4,1 milliards.
Les quatre premiers pays représentent à eux seuls près des trois quarts du marché mondial recensé.
Ces chiffres doivent néanmoins être interprétés avec précaution. Les données de marché ne sont pas actualisées chaque année dans tous les pays. Le FiBL peut conserver la dernière valeur disponible lorsqu’aucune donnée plus récente et suffisamment fiable n’a été publiée.
Graphique 16.5 — Les principaux marchés de produits biologiques dans le monde en 2024
La Suisse arrive en tête pour la consommation par habitant
La taille totale du marché dépend fortement de la population. La consommation par habitant permet une autre lecture.
En 2024, les niveaux les plus élevés sont observés en :
- Suisse : 481 euros par habitant ;
- Danemark : 373 euros ;
- Autriche : 292 euros ;
- Luxembourg : 264 euros ;
- Allemagne : 204 euros ;
- Suède : 190 euros ;
- France : 178 euros ;
- États-Unis : 176 euros.
La Suisse arrive également en tête pour la part du bio dans les ventes alimentaires, avec 12,3 %, devant le Danemark à 11,6 % et l’Autriche à 11,4 %.
La France représente un grand marché en valeur absolue, mais le bio n’y représente que 5,7 % des ventes alimentaires selon les données internationales du FiBL pour 2024.
Graphique 16.6 — Consommation bio par habitant et part du bio dans les ventes alimentaires en 2024
Comment les surfaces agricoles bio ont-elles évolué en France ?
La France a connu une expansion particulièrement rapide de l’agriculture biologique entre 2008 et 2022.
Les surfaces bio et en conversion sont passées de 550 629 hectares en 2008 à 2 822 012 hectares en 2022. Elles ont donc été multipliées par plus de cinq.
La part du bio dans la surface agricole française est passée de 2,02 % à 10,48 % sur la même période.
Un retournement depuis 2022
Après le maximum atteint en 2022, les surfaces diminuent pendant trois années consécutives :
- 2,82 millions d’hectares en 2022 ;
- 2,76 millions en 2023 ;
- 2,72 millions en 2024 ;
- 2,69 millions en 2025.
La diminution cumulée atteint environ 130 000 hectares entre 2022 et 2025, soit 4,6 %.
Les surfaces certifiées résistent mieux que les surfaces en conversion. En 2025, la France compte :
- 2,434 millions d’hectares certifiés bio ;
- 258 816 hectares en conversion ;
- un total de 2,692 millions d’hectares.
Les surfaces en conversion ont diminué d’environ 41 % depuis 2022 et de plus de moitié depuis 2020. Les surfaces entrant dans leur première année de conversion sont passées de 273 340 hectares en 2020 à 118 206 hectares en 2025.
Cette évolution réduit le réservoir de surfaces susceptibles d’obtenir une certification complète dans les prochaines années.
Graphique 16.7 — Évolution des surfaces certifiées bio et en conversion en France, 2008-2025
Le nombre de fermes bio diminue pour la première fois
La France comptait 61 159 fermes engagées en agriculture biologique en 2025, soit 17,3 % des exploitations agricoles françaises selon les estimations de l’Agence BIO.
Leur nombre diminue de 1,3 % par rapport à 2024. L’année 2025 est marquée par :
- 3 489 nouveaux producteurs ;
- 4 228 arrêts de certification ;
- un solde négatif de 788 producteurs.
Il s’agit du premier solde annuel négatif observé par l’Agence BIO.
Cette diminution ne signifie pas que toutes les fermes concernées abandonnent l’agriculture. Certaines cessent leur activité, d’autres changent de statut ou quittent la certification biologique.
Le nombre d’entreprises situées en aval de la production diminue également. La France compte 24 679 préparateurs, distributeurs, restaurateurs ou importateurs engagés dans le bio en 2025, contre plus de 28 000 en 2021.
Quelles productions occupent les surfaces bio françaises ?
Les surfaces bio françaises sont largement dominées par les prairies et les cultures destinées à l’alimentation animale.
En 2025 :
- les surfaces et cultures fourragères représentent 1,69 million d’hectares, soit près de 63 % du total ;
- les céréales, oléagineux, protéagineux et légumes secs représentent 626 462 hectares, soit 23,3 % ;
- la viticulture représente 151 933 hectares, soit 5,6 % ;
- les fruits occupent 70 519 hectares ;
- les légumes frais représentent 43 022 hectares ;
- les plantes à parfum, aromatiques et médicinales représentent 20 425 hectares.
Les cultures végétales destinées directement à l’alimentation humaine n’occupent donc qu’une partie minoritaire de la surface bio totale.
Des évolutions très contrastées en 2025
Les surfaces de fruits progressent de 3,7 % et celles de légumes de 2,2 %.
À l’inverse :
- les céréales et oléoprotéagineux diminuent de 3,9 % ;
- les surfaces viticoles reculent de 7,7 % ;
- les plantes à parfum, aromatiques et médicinales diminuent de 25 % ;
- les autres surfaces reculent de 7,4 %.
Les surfaces fourragères progressent légèrement dans leur ensemble, mais cette augmentation provient principalement des surfaces toujours en herbe. Les cultures fourragères proprement dites diminuent.
Ces différences montrent que le ralentissement du bio français ne touche pas toutes les filières de la même manière. Les débouchés, les coûts de production, les conditions climatiques et les niveaux de prix influencent directement les décisions de maintien ou de sortie de la certification.
Graphique 16.8 — Répartition des surfaces agricoles bio françaises par production en 2025
Le marché bio français repart-il réellement ?
Le marché français des produits alimentaires biologiques consommés à domicile est passé de 4,3 milliards d’euros en 2012 à 12,6 milliards en 2025.
Il a presque triplé en valeur courante.
La progression a été particulièrement rapide entre 2015 et 2020. Le marché a atteint 12,83 milliards d’euros en 2020, avant de reculer entre 2021 et 2022 puis de se stabiliser en 2023.
Une reprise se dessine depuis 2024 :
- +0,8 % en valeur en 2024 ;
- +3,6 % en 2025.
L’Agence BIO estime que les prix des produits bio ont augmenté de 1,6 % en 2025. Une fois cet effet retiré, les ventes auraient progressé d’environ 2 % en volume.
Le marché retrouve ainsi approximativement son niveau nominal de 2021, mais il demeure inférieur à son maximum de 2020. En tenant compte de l’inflation cumulée, le rattrapage reste encore plus incomplet.
Les magasins spécialisés et la vente directe gagnent du terrain
En 2025, la consommation bio à domicile se répartit ainsi :
- grande distribution généraliste : 5,828 milliards d’euros, soit 46 % du marché ;
- magasins spécialisés bio : 3,761 milliards, soit 30 % ;
- vente directe : 1,708 milliard, soit 13,5 % ;
- artisans et commerçants : 1,321 milliard, soit 10,5 %.
La grande distribution retrouve une croissance de 1,2 % en 2025, après plusieurs années de recul. Ses ventes demeurent néanmoins inférieures de 16 % à leur niveau de 2020.
Les magasins spécialisés progressent de 8,5 % en 2025. La vente directe augmente de 3,8 % et les artisans-commerçants de 1,4 %.
La structure du marché s’est donc modifiée. La grande distribution conserve la première place, mais les magasins spécialisés et la vente directe représentent une part croissante des ventes.
Les ventes bio en restauration collective atteignent 552 millions d’euros en 2025, en progression de 7 %. La restauration commerciale représente 335 millions d’euros.
Ces chiffres ne doivent pas être additionnés directement aux ventes à domicile : la consommation à domicile est évaluée au stade du détail, TTC, tandis que la restauration est mesurée au stade de gros, HT.
Graphique 16.9 — Évolution des ventes de produits alimentaires bio par circuit en France, 2012-2025
Quelles familles de produits portent la reprise ?
En 2025, la croissance concerne la plupart des familles de produits :
- fruits et légumes frais : 2,214 milliards d’euros, en hausse de 7,3 % ;
- crèmerie et œufs : 1,976 milliard, en hausse de 5,3 % ;
- boulangerie et pâtisserie fraîche : 981 millions, en hausse de 6,2 % ;
- boissons sans alcool : 543 millions, en hausse de 5,8 % ;
- boissons alcoolisées : 1,512 milliard, en hausse de 4,1 % ;
- épicerie : 3,830 milliards, en hausse de 2,8 % ;
- viandes : 882 millions, en hausse de 2,7 %.
Les produits de la mer, le traiteur et les surgelés restent pratiquement stables.
Malgré la reprise récente, plusieurs catégories restent très en dessous de leur niveau de 2020. C’est notamment le cas des viandes, dont les ventes sont passées de 1,18 milliard d’euros en 2020 à 882 millions en 2025.
Les fruits et légumes apparaissent à l’inverse comme l’un des principaux moteurs du redémarrage.
Graphique 16.10 — Évolution des ventes de produits alimentaires bio par famille en France, 2012-2025
Quelle part du marché bio français repose sur les importations ?
En 2025, les importations de produits biologiques destinés au marché français sont évaluées à 2,381 milliards d’euros, en progression de 2 %.
Elles représentent 28,3 % de la consommation bio française évaluée au stade de gros. Cette proportion est la plus faible enregistrée depuis 2017 et a diminué de 16 % depuis 2020.
Les importations proviennent :
- à 47 % des autres pays de l’Union européenne ;
- à 53 % de pays tiers.
Près de la moitié des importations correspondent à des produits tropicaux qui ne peuvent pas, ou difficilement, être produits en France : café, cacao, thé, bananes, fruits exotiques et certaines épices.
La dépendance varie fortement selon les catégories.
Les produits laitiers, les œufs, les viandes et le vin sont très majoritairement approvisionnés en France. À l’inverse, la part des approvisionnements étrangers est beaucoup plus élevée pour les fruits, les produits de la mer, les produits surgelés et l’épicerie.
Les exportations françaises de produits bio atteignent 1,193 milliard d’euros en 2025, en progression de 1 %. Le vin représente encore 637 millions d’euros, soit 53 % des exportations bio françaises.
Pourquoi la production et la consommation bio peuvent-elles diverger ?
La situation récente de la France peut sembler paradoxale : le marché repart, mais les surfaces et le nombre de fermes engagées diminuent.
Ce décalage s’explique en partie par la temporalité de la conversion.
Une décision de conversion prise par un agriculteur ne se traduit pas immédiatement par une surface totalement certifiée. Inversement, le recul des conversions observé depuis 2022 continue de peser sur les surfaces plusieurs années plus tard.
Les décisions des producteurs dépendent également :
- des perspectives de débouchés ;
- des différences de prix entre bio et conventionnel ;
- des coûts de production ;
- du coût de la certification ;
- des aides disponibles ;
- des conditions climatiques ;
- de l’organisation des filières locales ;
- des possibilités de valorisation réelle des produits sous le label bio.
Une production certifiée peut être vendue sur le marché conventionnel lorsqu’aucun débouché bio suffisamment rémunérateur n’est disponible. La progression des surfaces n’entraîne donc pas automatiquement une progression équivalente des ventes bio.
À l’inverse, une reprise de la demande peut être satisfaite temporairement par les stocks, par une meilleure valorisation de la production nationale ou par les importations, avant d’entraîner de nouvelles conversions.
Méthodologie et sources
Les données mondiales sont principalement issues de l’édition 2026 de The World of Organic Agriculture, publiée par le Research Institute of Organic Agriculture FiBL et IFOAM – Organics International. Elles portent généralement sur l’année 2024.
Les statistiques couvrent les surfaces agricoles certifiées biologiques et les surfaces en conversion. Elles sont établies à partir des administrations nationales, des organismes certificateurs, d’Eurostat, de FAOSTAT et de différentes sources professionnelles.
Les données de marché ne sont pas disponibles chaque année dans tous les pays. Lorsqu’aucune nouvelle donnée fiable n’est publiée, le FiBL peut reprendre la dernière valeur disponible. Les comparaisons de marchés doivent donc être considérées comme des ordres de grandeur.
Les données françaises proviennent de l’Agence BIO, des organismes certificateurs, d’Agreste et des évaluations réalisées avec AND-i. Les données de production portent sur l’année 2025.
Les ventes à domicile sont exprimées en euros courants, au stade du détail et toutes taxes comprises. Les données relatives à la restauration, aux importations et aux exportations sont établies au stade de gros et hors taxes. Elles ne sont donc pas directement additionnables.
Les données internationales et françaises peuvent présenter de légères différences pour la France en raison des dates d’extraction, des révisions et des périmètres statistiques. Les comparaisons internationales utilisent les données homogénéisées par le FiBL, tandis que l’analyse détaillée de la France utilise les données de l’Agence BIO.
Sources principales :
À propos de l’auteur
Olivier Frey est consultant spécialisé dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Il accompagne les coopératives agricoles, les entreprises agroalimentaires et les organisations professionnelles dans leurs réflexions stratégiques, leurs études économiques et sectorielles et l’analyse de leurs marchés.
Avec Agridata, il rassemble, traite et met en perspective des données issues de sources statistiques nationales et internationales afin de rendre accessibles les grandes transformations de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes sur l’agriculture biologique
Quelle est la surface agricole biologique dans le monde ?
En 2024, près de 98,9 millions d’hectares sont conduits en agriculture biologique ou en conversion dans le monde.
Quelle part des terres agricoles mondiales est cultivée en bio ?
L’agriculture biologique représente environ 2,1 % des terres agricoles mondiales en 2024.
Quel pays possède la plus grande surface agricole bio ?
L’Australie arrive très largement en tête avec environ 53 millions d’hectares. Près de 99 % de ces surfaces correspondent cependant à des pâturages extensifs.
Quel pays consacre la plus grande part de son agriculture au bio ?
Le Liechtenstein arrive en tête avec 43,5 % de sa surface agricole en bio. Parmi les pays disposant d’une agriculture plus importante, l’Autriche atteint 27,2 % et l’Uruguay 23,1 %.
Quel est le premier marché bio mondial ?
Les États-Unis constituent le premier marché mondial, avec environ 60,4 milliards d’euros de ventes au détail en 2024.
Quel pays consomme le plus de produits bio par habitant ?
La Suisse arrive en tête avec environ 481 euros de produits bio achetés par habitant en 2024.
Quelle est la surface agricole bio en France ?
En 2025, la France compte environ 2,69 millions d’hectares bio ou en conversion, soit 10,04 % de sa surface agricole.
Quel est le nombre de fermes bio en France?
La France comptait 61 159 fermes engagées en agriculture biologique en 2025, soit 17,3 % des exploitations agricoles.
Le nombre de fermes bio continue-t-il d’augmenter en France ?
Non. Après une longue période de croissance, le nombre de fermes engagées diminue de 1,3 % en 2025. L’Agence BIO enregistre pour la première fois davantage de sorties que de nouveaux engagements.
Quelle est la valeur du marché bio français ?
Les ventes de produits alimentaires bio consommés à domicile atteignent 12,617 milliards d’euros en 2025. Elles progressent de 3,6 % en valeur et d’environ 2 % en volume.
Quelle est la différence entre une surface bio et une surface en conversion ?
Une surface certifiée bio a terminé la période réglementaire de conversion. Une surface en conversion respecte déjà les règles de l’agriculture biologique, mais ses productions ne bénéficient pas encore toutes de la certification complète.
Quel est l’objectif européen pour l’agriculture biologique ?
L’Union européenne vise 25 % de surfaces agricoles conduites en bio en 2030. La proportion était de 11,1 % en 2024.

Production, consommation et commerce mondial du blé | Agridata n°15
Le blé est l’une des principales céréales cultivées et consommées dans le monde. Il occupe une place centrale dans l’alimentation humaine, mais aussi dans les échanges agricoles internationaux et dans la sécurité alimentaire de nombreux pays.
Entre 1961 et 2024, la production mondiale de blé a été multipliée par plus de trois. Cette progression s’est accompagnée d’un déplacement du centre de gravité de la production vers l’Asie, d’une forte amélioration de la productivité et d’une transformation profonde de la hiérarchie des pays producteurs.
Cet Agridata analyse l’évolution de la production et des surfaces cultivées, la répartition géographique de la récolte mondiale, la consommation, les stocks et les principaux flux du commerce international du blé.
Mise à jour : septembre 2026.
Comment mesurer la production et le marché mondial du blé ?
Trois sources complémentaires sont utilisées dans cet article.
Les données de FAOSTAT permettent de suivre la production et les surfaces récoltées depuis 1961. Elles sont présentées par année civile et constituent la principale source utilisée pour analyser les évolutions de long terme.
Les données de l’USDA décrivent l’équilibre du marché mondial : production, consommation, usages alimentaires et industriels, alimentation animale et stocks. Elles sont présentées par campagne commerciale, par exemple 2024/2025. Elles ne doivent donc pas être comparées directement aux données annuelles de FAOSTAT sans tenir compte de cette différence de période.
Les données d’UN Comtrade permettent enfin d’étudier le commerce international en 2024. Le périmètre retenu correspond au code SH 1001, qui rassemble le blé et le méteil. Les volumes sont mesurés à partir du poids net déclaré et les valeurs sont exprimées en dollars courants.
Certaines données commerciales demandent un traitement particulier. La Russie ne déclarant pas ses exportations dans l’extraction utilisée, ses flux sont reconstitués à partir des importations déclarées par ses partenaires. Pour l’Australie, le volume total est obtenu en additionnant les flux bilatéraux disponibles.
Comment la production mondiale de blé a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de blé est passée de 222,4 millions de tonnes en 1961 à 798,5 millions de tonnes en 2024. Elle a ainsi progressé de 259 % et a été multipliée par près de 3,6.
Cette augmentation n’a pas été régulière. Les récoltes restent sensibles aux conditions climatiques, aux variations des surfaces semées et aux événements géopolitiques. La tendance de fond demeure néanmoins nettement orientée à la hausse. La production mondiale a dépassé 500 millions de tonnes dans les années 1980, puis 700 millions au cours des années 2010. Elle a atteint environ 808 millions de tonnes en 2022, avant de revenir à 794,6 millions en 2023 et 798,5 millions en 2024.
Graphique 15.1 : Évolution de la production mondiale de blé par continent, 1961-2024.
L’Asie est devenue le premier bassin mondial de production
La transformation la plus importante concerne l’Asie. Sa production est passée de 45,8 millions de tonnes en 1961 à 372 millions en 2024. Sa part dans la production mondiale a ainsi progressé de 20,6 % à 46,6 %.
Cette évolution repose principalement sur la croissance de la production en Chine, en Inde et au Pakistan. L’essor démographique, l’extension des cultures irriguées, l’amélioration des variétés et la hausse des rendements ont profondément renforcé le poids de la région.
L’Europe conserve une place majeure
L’Europe produisait 113,7 millions de tonnes de blé en 1961, soit plus de la moitié de la récolte mondiale. En 2024, elle en produit 243,6 millions de tonnes.
Son volume a donc plus que doublé, mais sa part mondiale est passée de 51,1 % à 30,5 %, principalement en raison de la progression beaucoup plus rapide de l’Asie. L’Europe demeure toutefois un bassin essentiel grâce à la Russie, à l’Ukraine, à la France, à l’Allemagne et à plusieurs pays d’Europe centrale.
Les autres continents progressent plus modérément
Dans les Amériques, la production est passée de 50,8 à 122,1 millions de tonnes entre 1961 et 2024. Leur part mondiale a néanmoins reculé de 22,8 % à 15,3 %.
L’Afrique a porté sa production de 5,1 à 26,1 millions de tonnes, mais ne représente encore que 3,3 % du total mondial. L’Océanie, dominée par l’Australie, produit 34,6 millions de tonnes en 2024, soit 4,3 % de la récolte mondiale.
Quels sont les principaux pays producteurs de blé ?
La hiérarchie mondiale a profondément changé depuis le début des années 1960.
En 1961, l’Union soviétique occupait très largement la première place avec 62,5 millions de tonnes, soit 28,1 % de la production mondiale. Elle précédait les États-Unis, avec 33,5 millions de tonnes, puis la Chine, l’Inde et la France.
En 2024, la Chine est le premier producteur mondial avec 140,1 millions de tonnes. Elle devance :
- l’Inde : 113,3 millions de tonnes ;
- la Russie : 82,6 millions ;
- les États-Unis : 53,7 millions ;
- le Canada : 35,9 millions ;
- l’Australie : 34,1 millions ;
- le Pakistan : 31,8 millions ;
- la France : 26,6 millions ;
- l’Ukraine : 22,4 millions ;
- la Turquie : 20,8 millions.
La progression de la Chine et de l’Inde est particulièrement spectaculaire. Depuis 1961, leur production a été multipliée respectivement par environ 9,8 et 10,3. Le Pakistan, le Canada et l’Australie ont également enregistré une forte croissance.
Les États-Unis restent un acteur majeur, mais leur progression est beaucoup plus modérée : leur production n’a augmenté que de 60 % entre 1961 et 2024. La France a presque triplé sa récolte, mais son poids relatif est passé de 4,3 % à 3,3 % de la production mondiale.
Graphique 15.2 : Évolution des principaux pays producteurs de blé, 1961-2024.
Comment la répartition de la production mondiale s’est-elle transformée ?
En 1961, la production mondiale était dominée par l’Union soviétique et les États-Unis. Ces deux ensembles représentaient à eux seuls plus de 43 % du total mondial. Avec la Chine, les trois premiers producteurs concentraient 49,6 % de la récolte.
En 2024, le centre de gravité s’est déplacé vers l’Asie. La Chine et l’Inde représentent ensemble 31,7 % de la production mondiale. Avec la Russie, les trois premiers producteurs atteignent 42,1 % du total.
La production reste donc concentrée, mais elle est un peu mieux répartie qu’en 1961 :
- part des cinq premiers producteurs : 58,9 % en 1961 contre 53,3 % en 2024 ;
- part des dix premiers : 74,9 % contre 70,3 %.
La comparaison doit néanmoins tenir compte de la disparition de l’Union soviétique et de l’apparition de plusieurs pays producteurs indépendants, notamment la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan.
Graphique 15.3 : Répartition de la production mondiale de blé en 1961.
Graphique 15.4 : Répartition de la production mondiale de blé en 2024.
Comment les surfaces consacrées au blé ont-elles évolué ?
La croissance de la production mondiale ne s’explique pas principalement par une extension des surfaces. La superficie récoltée est passée de 204,2 millions d’hectares en 1961 à 219,5 millions en 2024, soit une hausse limitée à 7,5 %.
Pendant ce temps, la production a augmenté de 259 %. Le rendement moyen mondial est ainsi passé d’environ 1,1 tonne par hectare à 3,6 tonnes par hectare. Même sans consacrer une section particulière aux rendements, cette comparaison montre que l’amélioration de la productivité constitue le principal moteur de la croissance de la production.
Graphique 15.5 : Évolution des surfaces récoltées en blé par continent, 1961-2024.
La géographie des surfaces s’est elle aussi transformée :
- en Asie, elles sont passées de 61,2 à 102,5 millions d’hectares ;
- en Europe, elles ont reculé de 90,5 à 57,8 millions ;
- dans les Amériques, elles sont passées de 39,1 à 37,2 millions ;
- en Océanie, elles ont plus que doublé, de 6 à 13,1 millions ;
- en Afrique, elles ont progressé de 7,4 à 8,9 millions.
En 2024, l’Inde dispose de la plus grande superficie consacrée au blé, avec 31,8 millions d’hectares. Elle devance la Russie, la Chine, les États-Unis, le Kazakhstan, l’Australie et le Canada.
Graphique 15.6 : Évolution des surfaces récoltées en blé par pays, 1961-2024.
Comment la consommation mondiale de blé a-t-elle évolué ?
D’après l’USDA, la consommation mondiale de blé est passée de 583,9 millions de tonnes en 2000/2001 à 799,5 millions de tonnes en 2024/2025. Elle a ainsi augmenté de près de 37 % en moins d’un quart de siècle, soit environ 216 millions de tonnes supplémentaires.
Cette progression est très proche de celle de la production mondiale, qui est passée de 582,8 à 799,1 millions de tonnes sur la même période. Sur longue période, l’offre et la demande évoluent donc de manière parallèle. Des écarts apparaissent toutefois selon les campagnes et entraînent une hausse ou une baisse des stocks.
En 2024/2025, la consommation mondiale dépasse légèrement la production : 799,5 millions de tonnes consommées contre 799,1 millions produites. L’écart, limité à environ 355 000 tonnes, traduit un marché pratiquement à l’équilibre.
Graphique 15.7 Production et consommation mondiales de blé depuis 2000/2001.
Quels sont les principaux marchés consommateurs de blé ?
La consommation mondiale est fortement concentrée dans quelques grands marchés. En 2024/2025, la Chine arrive en tête avec 150 millions de tonnes, soit près de 19 % du total mondial.
Elle devance :
- l’Inde : 109 millions de tonnes ;
- l’Union européenne : 108 millions ;
- la Russie : 40 millions ;
- les États-Unis : 31,1 millions ;
- le Pakistan : 31 millions ;
- l’Égypte : 20 millions ;
- la Turquie : 18,4 millions ;
- l’Iran : 16,9 millions ;
- le Royaume-Uni : 15 millions.
La Chine, l’Inde et l’Union européenne concentrent ensemble près de 46 % de la consommation mondiale de blé. Les déterminants de cette consommation sont cependant différents. En Chine et dans l’Union européenne, le blé est largement utilisé pour l’alimentation animale en complément de ses usages alimentaires. En Inde, au Pakistan, en Égypte ou en Turquie, l’alimentation humaine occupe une place beaucoup plus importante.
Graphique 15.8 Principaux pays et zones consommateurs de blé en 2024/2025.
À quels usages le blé mondial est-il destiné ?
La notion de consommation intérieure utilisée par l’USDA ne correspond pas uniquement à l’alimentation humaine. Elle rassemble deux grandes catégories :
- l’alimentation humaine, les semences et les usages industriels, regroupés dans l’indicateur
FSI Consumption; - l’utilisation du blé pour l’alimentation animale.
En 2024/2025, environ 642,3 millions de tonnes sont destinées à l’alimentation humaine, aux semences et aux usages industriels. Cela représente 80,3 % de la consommation mondiale.
L’alimentation animale absorbe 157,2 millions de tonnes, soit 19,7 % du total.
L’alimentation humaine reste l’usage dominant
Le blé constitue un aliment de base pour une grande partie de la population mondiale. Il est consommé sous forme de pain, de pâtes, de semoule, de nouilles, de biscuits et de nombreux autres produits transformés.
L’indicateur USDA ne permet cependant pas d’isoler parfaitement l’alimentation humaine, car il inclut également les semences et certains usages industriels, notamment la production d’amidon, de gluten ou d’alcool.
Entre 2000/2001 et 2024/2025, cette catégorie est passée de 474,1 à 642,3 millions de tonnes, soit une progression de 35,5 %. Elle explique près de quatre cinquièmes de l’augmentation totale de la consommation mondiale sur cette période.
Près d’un cinquième du blé sert à l’alimentation animale
L’utilisation fourragère du blé est plus variable. Elle dépend notamment de son prix relatif par rapport au maïs et aux autres céréales, de la qualité des récoltes et de la disponibilité des grains dans chaque région.
Lorsque le blé est abondant, déclassé ou relativement compétitif, son incorporation dans l’alimentation animale augmente. À l’inverse, des prix élevés ou une récolte de bonne qualité peuvent favoriser son orientation vers l’alimentation humaine.
La consommation animale est passée de 109,8 millions de tonnes en 2000/2001 à 157,2 millions en 2024/2025, soit une progression de 43 %. Elle est particulièrement importante dans l’Union européenne, en Chine, en Russie, au Royaume-Uni et en Australie.
Graphique 15.9 Répartition des usages du blé dans le monde en 2024/2025
Comment les stocks mondiaux de blé ont-ils évolué ?
Les stocks jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du marché. Ils permettent d’amortir les effets d’une mauvaise récolte et de couvrir temporairement un déficit entre la production et la consommation.
Les stocks mondiaux de fin de campagne atteignaient 206,1 millions de tonnes en 2000/2001. Ils ont ensuite fortement diminué pour tomber à 129,2 millions de tonnes en 2007/2008.
Le ratio entre les stocks et la consommation mondiale est alors descendu à environ 21 %, son plus faible niveau sur la période étudiée. Cette situation de tension a contribué à la forte hausse des prix agricoles observée à la fin des années 2000.
Les stocks ont ensuite été progressivement reconstitués. Ils ont culminé à près de 298,6 millions de tonnes en 2019/2020, soit un ratio stocks/consommation de 40,4 %.
Depuis ce sommet, ils diminuent :
- 285,5 millions de tonnes en 2020/2021 ;
- 275,1 millions en 2021/2022 ;
- 274,4 millions en 2022/2023 ;
- 270,1 millions en 2023/2024 ;
- 260,5 millions en 2024/2025.
Le ratio stocks/consommation revient ainsi à 32,6 % en 2024/2025. Le niveau mondial reste supérieur à celui de 2007/2008, mais la tendance récente traduit un resserrement du bilan.
Graphique 15.10 Évolution des stocks mondiaux de blé et du ratio stocks/consommation.
Dans quels pays les stocks mondiaux de blé sont-ils concentrés ?
Les stocks mondiaux de blé sont très inégalement répartis. Sur les 260,5 millions de tonnes recensées par l’USDA à la fin de la campagne 2024/2025, près de la moitié se trouve en Chine.
Avec 127,8 millions de tonnes, la Chine détient à elle seule 49,1 % des stocks mondiaux. Ce volume a néanmoins diminué de 6,7 millions de tonnes par rapport à la campagne précédente, soit une baisse de 5 %.
Les États-Unis occupent la deuxième place avec 23,3 millions de tonnes, représentant 8,9 % du total mondial. Leurs stocks ont progressé de 4,3 millions de tonnes en un an.
Ils sont suivis par :
- l’Inde : 11,8 millions de tonnes, soit 4,5 % du total ;
- l’Union européenne : 11,8 millions, soit 4,5 % ;
- la Russie : 10,6 millions, soit 4,1 % ;
- l’Algérie : 5,7 millions ;
- le Pakistan : 5,3 millions ;
- la Turquie : 4,3 millions ;
- le Canada : 4,2 millions ;
- l’Australie : 4 millions.
Les cinq premières zones concentrent ainsi environ 71 % des réserves mondiales de blé.
Graphique 15.11 Répartition des stocks mondiaux de blé par pays en 2024/2025
Cette concentration géographique limite la portée du niveau global des stocks. Les réserves chinoises et indiennes répondent principalement à des objectifs de sécurité alimentaire intérieure et ne sont pas nécessairement disponibles pour le marché mondial.
Les stocks effectivement mobilisables par les pays importateurs sont donc nettement inférieurs aux 260,5 millions de tonnes affichées au niveau mondial. La situation des grands exportateurs — États-Unis, Russie, Canada, Australie, Ukraine ou Argentine — constitue un indicateur plus direct de la disponibilité susceptible d’alimenter le commerce international.
Les évolutions observées entre 2023/2024 et 2024/2025 sont contrastées. Les stocks progressent fortement aux États-Unis, en Inde et en Australie. Ils reculent en revanche dans l’Union européenne, en Russie, en Turquie, au Canada et en Argentine.
Cette redistribution montre qu’un ratio mondial stocks/consommation relativement confortable peut masquer des tensions plus importantes dans certaines régions ou parmi les principaux fournisseurs du marché international.
Quels pays dominent le commerce mondial du blé ?
Le marché mondial du blé repose sur un nombre relativement limité de grands pays exportateurs, tandis que les importations sont réparties entre de nombreux pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Cette géographie rend le commerce du blé particulièrement sensible aux conditions climatiques, aux politiques commerciales, aux tensions géopolitiques et aux perturbations logistiques.
Les données présentées ici portent sur le blé et le méteil, correspondant au code SH 1001 de la nomenclature douanière internationale. Elles sont exprimées en volume et en valeur afin de distinguer le poids physique des échanges de leur importance économique.
Quels sont les principaux pays exportateurs de blé ?
En 2024, la Russie occupe la première place parmi les exportateurs mondiaux de blé, avec un volume estimé à environ 35,6 millions de tonnes. Elle devance nettement le Canada, qui exporte 25,6 millions de tonnes, et les États-Unis, avec 21,8 millions de tonnes.
L’Ukraine demeure également un acteur majeur malgré les perturbations provoquées par la guerre et les contraintes pesant sur ses infrastructures portuaires. Ses exportations atteignent environ 20,7 millions de tonnes en 2024. L’Australie suit de près, avec 19,7 millions de tonnes.
La France occupe la sixième place de ce classement, avec environ 15,1 millions de tonnes exportées. Elle reste ainsi l’un des principaux fournisseurs mondiaux et le premier exportateur de blé parmi les pays de l’Union européenne pris individuellement.
Derrière ces six grands exportateurs apparaissent plusieurs pays européens — notamment la Roumanie, l’Allemagne, la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie et la Lituanie — ainsi que l’Argentine et le Kazakhstan. La présence de nombreux pays européens dans le classement montre le poids considérable de l’Europe dans l’approvisionnement du marché mondial.
Graphique 15.12 Les principaux exportateurs mondiaux de blé en volume en 2024
Le classement est-il différent lorsque les échanges sont mesurés en valeur ?
La hiérarchie en valeur reste globalement proche de celle observée en volume. Les exportations russes représentent environ 10,4 milliards de dollars, devant celles du Canada, évaluées à 7,6 milliards de dollars, et celles des États-Unis, proches de 6 milliards de dollars.
L’Australie occupe la quatrième place en valeur, avec environ 5,6 milliards de dollars, devant l’Ukraine et la France. Ces deux pays affichent des valeurs d’exportation voisines, respectivement estimées à 3,74 et 3,72 milliards de dollars.
Les différences entre les classements en volume et en valeur peuvent notamment s’expliquer par la qualité des blés commercialisés, leur destination, la période des transactions, les coûts logistiques et la composition précise des flux. Elles ne doivent donc pas être interprétées comme une simple mesure du prix moyen reçu par les producteurs.
Graphique 15.13 Les principaux exportateurs mondiaux de blé en valeur en 2024
Quels sont les principaux pays importateurs de blé ?
La géographie des importations est beaucoup plus dispersée que celle des exportations. Elle reflète à la fois l’importance de la population, les habitudes alimentaires, la capacité de production agricole et les besoins de l’élevage ou de l’industrie agroalimentaire.
En volume, la Chine arrive en tête en 2024 avec environ 11 millions de tonnes importées. Elle est suivie par l’Algérie, avec 10,6 millions de tonnes, et par l’Égypte, avec 10,2 millions de tonnes. L’Indonésie importe près de 9,6 millions de tonnes et l’Italie environ 9,2 millions de tonnes.
Les Philippines, le Brésil, l’Espagne, le Maroc et l’Allemagne importent chacun entre 6 et 7 millions de tonnes. La Turquie, le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas et la Thaïlande figurent également parmi les principaux marchés.
Cette répartition fait apparaître plusieurs catégories d’importateurs :
- des pays très peuplés dont la consommation dépasse largement la production nationale, comme l’Indonésie ou les Philippines ;
- des pays d’Afrique du Nord fortement dépendants des approvisionnements extérieurs, comme l’Égypte, l’Algérie et le Maroc ;
- des pays européens qui importent pour leur consommation, leur industrie de transformation ou leurs échanges intracommunautaires ;
- des pays qui sont simultanément producteurs, importateurs et parfois exportateurs, selon les qualités de blé recherchées.
Graphique 15.14 Les principaux importateurs mondiaux de blé en volume en 2024
Quels pays consacrent les montants les plus importants à leurs importations ?
Mesurées en valeur, les importations égyptiennes arrivent en tête, avec environ 4,4 milliards de dollars en 2024. L’Indonésie suit avec 3,6 milliards de dollars, devant la Chine avec 3,5 milliards et l’Algérie avec près de 3 milliards de dollars.
L’Italie occupe la cinquième place, avec environ 2,7 milliards de dollars, suivie par les Philippines, l’Espagne, le Brésil, le Maroc et le Japon.
Le classement en valeur diffère donc légèrement de celui en volume. Ces écarts peuvent provenir de la qualité et du type de blé acheté, de l’origine des approvisionnements, des coûts de transport ou encore des différences entre les valeurs déclarées par les exportateurs et celles enregistrées par les importateurs. Les valeurs à l’importation peuvent notamment intégrer des coûts de transport et d’assurance qui ne figurent pas toujours dans les déclarations d’exportation.
Graphique 15.15 Les principaux importateurs mondiaux de blé en valeur en 2024
Quels sont les grands flux du commerce mondial du blé ?
Le commerce mondial du blé est structuré par plusieurs grands corridors reliant les bassins excédentaires aux régions déficitaires.
Le premier flux bilatéral observé en 2024 relie la Russie à l’Égypte, avec environ 8,5 millions de tonnes. Il illustre le rôle essentiel joué par les exportations de la mer Noire dans l’approvisionnement de l’Afrique du Nord.
Le corridor reliant l’Ukraine à l’Espagne atteint environ 5,7 millions de tonnes. Une partie importante de ces volumes répond aux besoins espagnols en matières premières destinées à l’alimentation animale. La Russie fournit également près de 4,7 millions de tonnes à la Turquie et environ 2,6 millions de tonnes à l’Algérie.
Dans les Amériques, les échanges sont principalement organisés autour de flux régionaux. L’Argentine expédie environ 4,2 millions de tonnes au Brésil, tandis que les États-Unis fournissent près de 3,8 millions de tonnes au Mexique. Le Canada exporte également d’importants volumes vers les États-Unis et le Pérou.
L’Australie approvisionne principalement les marchés asiatiques. Elle exporte notamment environ 3,5 millions de tonnes vers l’Indonésie, 3,2 millions vers la Chine et 2,5 millions vers les Philippines.
Le Kazakhstan joue un rôle comparable en Asie centrale, avec près de 3,4 millions de tonnes expédiées vers l’Ouzbékistan.
Les exportations françaises sont davantage diversifiées. Parmi les principaux flux figurent les livraisons vers la Belgique, le Maroc, la Chine et les Pays-Bas. Cette répartition montre que la France combine des échanges de proximité au sein de l’Europe et des exportations vers les pays tiers.
Graphique 15.16 Les principaux flux mondiaux d'échanges de blé en 2024
La représentation des flux met finalement en évidence trois grands ensembles commerciaux : les exportations de la mer Noire vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie ; les échanges transpacifiques reliant l’Australie et l’Amérique du Nord aux marchés asiatiques ; et les échanges régionaux particulièrement denses à l’intérieur de l’Europe et des Amériques.
Cette organisation contribue à la fluidité du marché mondial, mais elle crée aussi des dépendances. Une mauvaise récolte dans un grand pays exportateur, une restriction commerciale ou une perturbation des routes maritimes peut rapidement modifier la disponibilité et le prix du blé dans les principaux pays importateurs.
Ce qu’il faut retenir
La production mondiale de blé a fortement progressé depuis 1961, principalement grâce à l’amélioration des rendements. Les surfaces cultivées ont beaucoup moins augmenté que les volumes récoltés, ce qui souligne le rôle déterminant des progrès agronomiques, de la sélection variétale, de la fertilisation, de l’irrigation et de la mécanisation.
Quelques chiffres permettent de résumer les principales caractéristiques du marché mondial du blé :
- la production mondiale approche désormais 800 millions de tonnes par an ;
- l’Asie et l’Europe concentrent la majorité des volumes produits ;
- la Chine et l’Inde sont les deux premiers producteurs, mais une grande partie de leur récolte est destinée à leur marché intérieur ;
- la Russie, le Canada, les États-Unis, l’Ukraine, l’Australie et la France figurent parmi les principaux exportateurs ;
- un peu plus de 80 % du blé consommé dans le monde est destiné à l’alimentation humaine, aux semences et aux usages industriels ;
- près de 20 % est utilisé pour l’alimentation animale ;
- les stocks mondiaux sont très concentrés, la Chine détenant à elle seule près de la moitié des stocks de fin de campagne ;
- les pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Asie figurent parmi les marchés les plus dépendants des importations.
Le marché mondial du blé ne dépend donc pas uniquement du niveau de la production. La localisation des récoltes, la disponibilité des stocks, la capacité des pays exportateurs à acheminer leurs céréales et les politiques commerciales jouent également un rôle essentiel dans l’équilibre du marché et la formation des prix.
Méthodologie et sources
Cette analyse combine trois grandes sources statistiques internationales.
Les données relatives à la production et aux surfaces récoltées proviennent de FAOSTAT, la base statistique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Elles couvrent principalement la période allant de 1961 à 2024. Les données les plus récentes peuvent être provisoires ou estimées.
Les données consacrées à la consommation, aux différents usages du blé et aux stocks sont issues de la base Production, Supply and Distribution Online du service agricole extérieur du département de l’Agriculture des États-Unis — USDA Foreign Agricultural Service. Elles sont présentées par campagne commerciale et non par année civile.
Dans les statistiques de l’USDA :
- la consommation intérieure totale comprend l’ensemble des utilisations du blé ;
- la catégorie Food, Seed and Industrial Use regroupe l’alimentation humaine, les semences et les usages industriels ;
- la catégorie Feed and Residual correspond principalement à l’alimentation animale et aux ajustements statistiques ;
- les stocks correspondent aux stocks présents à la fin de la campagne commerciale.
Les données sur les exportations, les importations et les flux bilatéraux proviennent d’UN Comtrade. Elles portent sur l’année civile 2024 et sur le code SH 1001, qui regroupe le blé et le méteil.
Certaines précautions sont nécessaires pour interpréter ces chiffres. Tous les pays ne déclarent pas leurs échanges avec le même niveau de détail. Lorsque la déclaration directe d’un pays était absente ou incomplète, les flux ont été reconstitués à partir des données déclarées par ses partenaires commerciaux. C’est notamment le cas des exportations russes, estimées à partir des importations déclarées depuis la Russie.
Les données australiennes en volume ont également été reconstituées par addition des flux bilatéraux disponibles. Ces méthodes permettent de réintégrer des acteurs majeurs, mais peuvent créer de légers écarts avec les estimations publiées par d’autres organismes.
Enfin, les données de FAOSTAT, de l’USDA et d’UN Comtrade ne doivent pas être directement additionnées. Elles reposent sur des périodes, des définitions et des méthodes différentes : année civile pour certaines séries, campagne commerciale pour d’autres, données agricoles pour les unes et données douanières pour les autres.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est économiste et consultant spécialisé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et les coopératives agricoles. Il réalise des études économiques et sectorielles, des missions de conseil, des formations professionnelles et des conférences.
À travers la série Agridata, il rassemble, traite et analyse des données agricoles et agroalimentaires afin de mieux comprendre l’évolution des productions, de la consommation et du commerce international.
Les graphiques et les commentaires de cet article ont été réalisés à partir des données de FAOSTAT, de l’USDA et d’UN Comtrade.
Découvrir les études économiques et sectorielles réalisées par Olivier Frey
Pour aller plus loin
Vous pouvez également consulter les autres analyses Agridata consacrées aux grandes productions agricoles et aux marchés agroalimentaires :
- Production et commercialisation du riz dans le monde
- Production et commercialisation du café dans le monde
- Panorama de l’agriculture dans l’Union européenne
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Pour une étude personnalisée portant sur une filière agricole, un marché agroalimentaire ou des échanges internationaux, vous pouvez également contacter Olivier Frey.
Questions fréquentes sur le marché mondial du blé
Quel est le premier producteur mondial de blé ?
La Chine est le premier producteur mondial de blé. Elle devance l’Inde et la Russie. Toutefois, l’essentiel des productions chinoise et indienne est consommé sur leurs marchés intérieurs.
Quel est le premier exportateur mondial de blé ?
D’après les données commerciales reconstituées pour 2024, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, devant le Canada, les États-Unis, l’Ukraine et l’Australie.
Le classement peut varier selon la période retenue et selon que les données sont présentées par année civile ou par campagne commerciale.
Quelle place occupe la France sur le marché mondial du blé ?
La France est le premier producteur de blé de l’Union européenne et l’un des principaux exportateurs mondiaux. En 2024, elle se situe au sixième rang des pays exportateurs pris individuellement, avec environ 15,1 millions de tonnes.
Ses débouchés comprennent les autres pays européens ainsi que plusieurs marchés d’Afrique du Nord et d’Asie.
Quels sont les principaux pays importateurs de blé ?
La Chine, l’Algérie, l’Égypte, l’Indonésie et l’Italie figurent parmi les premiers importateurs en volume. Les principaux marchés importateurs se trouvent en Asie, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Europe.
À quoi sert le blé produit dans le monde ?
Le blé est principalement destiné à l’alimentation humaine, notamment sous forme de farine, de pain, de pâtes, de semoule et de produits de boulangerie. Une partie est également utilisée pour l’alimentation animale, les semences et certains usages industriels.
D’après l’USDA, un peu plus de 80 % de la consommation mondiale relève de l’alimentation humaine, des semences et des usages industriels. L’alimentation animale représente environ 20 % du total.
Quel pays détient les stocks de blé les plus importants ?
La Chine détient de très loin les stocks de blé les plus importants, avec près de la moitié des stocks mondiaux de fin de campagne en 2024/2025. Elle devance les États-Unis, l’Inde, l’Union européenne et la Russie.
Ces stocks chinois sont principalement destinés à sécuriser le marché intérieur et ne sont pas nécessairement disponibles pour alimenter le commerce mondial.
Pourquoi les prix du blé peuvent-ils varier fortement ?
Les prix sont influencés par les récoltes dans les grands pays producteurs, le niveau des stocks, les coûts de transport, les taux de change, les restrictions à l’exportation et les tensions géopolitiques.
Les événements affectant la région de la mer Noire sont particulièrement importants, car la Russie et l’Ukraine occupent une place majeure dans les exportations mondiales.
Quelle différence existe-t-il entre les données de FAOSTAT, de l’USDA et d’UN Comtrade ?
FAOSTAT mesure principalement la production agricole et les surfaces récoltées. L’USDA établit des bilans par campagne commerciale comprenant la production, la consommation, les échanges et les stocks. UN Comtrade rassemble les déclarations douanières des pays pour une année civile.
Les résultats peuvent donc différer en raison des périodes, des définitions et des méthodes statistiques employées.

Agridata N°13 : évolution de la production et de la commercialisation de l’amande dans le monde
En cette période de galette des rois, je vous propose d’en découvrir un peu plus sur son ingrédient principal : l’amande. Dans cet agridata nous allons analyser l’évolution de la production et de la commercialisation de l’amande dans le monde. Vous découvrirez l’évolution de la production d’amandes au niveau mondial, quels sont les principaux pays producteurs, quels sont les principaux pays exportateurs…
Les données utilisées sont issues de FAO Stat.
Graphique 13.1 L’évolution de la production d’amandes par continent et au niveau mondial entre 1961 et 2019 (en tonnes)
La production mondiale d’amandes est passée de 756 588 tonnes en 1961 à 3 497 148 tonnes en 2019 (soit une multiplication par 4,62). Elle a été inférieure à 1 million de tonnes jusqu’au début des années 80, elle est passée de 1 à 1,5 millions de tonnes en 17 ans. Et elle a vraiment décollé à partir de 2000.
Alors que l’Europe a été leader de la production mondiale d’amandes jusqu’au milieu des années 80, elle a été dépassée en 2000 par l’Amérique et en 2007 par l’Asie.
L’Amérique est désormais le continent qui produit le plus d’amandes et sa production est passée de 60 317 tonnes en 1961 à 1 976 40 tonnes en 2019 (soit une multiplication par 32,8).
Graphique 13.2 L’évolution de la production d’amandes chez les 20 principaux pays producteurs entre 1961 et 2019 (en tonnes)
Au début des années 60, l’Italie et l’Espagne se disputaient la place de premier producteur mondial d’amandes et étaient loin devant les Etats-Unis. Mais à partir du milieu des années 70, les Etats-Unis ont commencé à s’immiscer dans le duel Italie/Espagne et sont passés leader mondial en 1976. Les trois pays étaient au coude à coude jusqu’au milieu des années 80. Mais à partir de 1986 les Etats-Unis sont passés leader et n’ont plus été rattrapés depuis. La production américaine d’amandes a véritablement commencé à décoller à partir de 1998, lorsqu’elle a dépassé les 500 000 tonnes par an. En 2006, la production américaine a dépassé le million de tonnes annuel et en 2010 1,5 million de tonnes annuel. En 2019, elle était de 1 936 840 tonnes.
Si la production espagnole s’est accroché à la deuxième place mondiale depuis le début des années 80 (sauf en 2004, dépassée par la Syrie), l’Italie a par contre perdu plusieurs places dans le classement mondial et n’était plus que le 9è producteur mondial en 2019.
La production française d’amandes est passée de 3 680 tonnes en 1961 à 1 130 tonnes en 2019.
Graphique 13.3 Evolution de la surface consacrée à la culture d’amandes dans les différents pays producteurs entre 1961 et 2019 (en hectares)
Depuis 1972, l’Espagne est leader mondial en termes de surfaces cultivées en amandes. Celle-ci est passée de 203 600 hectares en 1961 à 687 230 hectares en 2019.
Les Etats-Unis ont également augmenté les surfaces consacrées à la culture d’amandes, passant de à 477 530 hectares en 2019.
A noter également la progression des surfaces au Maroc (pas de culture d’amandes répertoriée en 1961 et 190 612 hectares en 2019) et en Tunisie (85 000 hectares en 1961 et 225 453 hectares en 2019)
A l’inverse, en Italie les surfaces sont passées de 316 000 hectares en 1961 à 52 040 hectares en 2019.
Graphique 13.4 Production de d’amandes par pays en 2019 (en tonnes)
On compte 46 pays producteurs d’amandes en 2019 et l’amande est produite sur tous les continents.
Graphique 13.5 Structuration du marché de l’amande en 1961 (en % de la production mondiale)
En 1961, l’Europe représentait à elle seule 79,5% de la production mondiale d’amandes. A eux deux, l’Italie (43,4%) et l’Espagne (27%) représentaient plus des 2/3 de la production mondiale d’amandes.
Graphique 13.6 Structuration du marché de l’amande en 2019 (en % de la production mondiale)
En 2019, les Etats-Unis représentaient à eux seuls 55,4% de la production mondiale d’amandes. L’Europe n’en représentait plus que 13,5%.
Graphique 10.7 Les échanges d’amandes en coque dans le monde en 2019 (en tonnes)
Avec 214 487 tonnes, les Etats-Unis sont le premier exportateur d’amande en coque devant l’Australie (48 071 tonnes). Les Etats-Unis représentent environ 65% du total des amandes en coque exportées dans le monde. Avec 160 192 tonnes, le premier importateur mondial d’amandes en coque est l’Inde .
Graphique 13.7 Les échanges d’amandes en coque dans le monde en 2019 (en milliers de $)
Avec 1 042 002 millier de dollars, les Etats-Unis sont le premier exportateur d’amande en coque en valeur devant l’Australie (246 198 milliers de dollars). Les Etats-Unis représentent environ 69% du total des amandes en coque exportées dans le monde. Avec 785 653 milliers de dollars tonnes, le premier importateur mondial d’amandes en coque en valeur est l’Inde.
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Production mondiale de café : évolution, principaux pays, consommation et commerce | AgriData n°12
Article initialement publié en octobre 2020 et entièrement mis à jour en 2026 à partir des dernières données disponibles de FAOSTAT, de l’Organisation internationale du café, d’UN Comtrade et de la Banque mondiale.
Comment mesurer la production et le marché mondial du café ?
Les statistiques sur le café peuvent désigner des réalités différentes : les cerises récoltées, les grains de café vert, le café torréfié, le café soluble ou encore la boisson consommée. Il est donc indispensable de préciser le produit, l’unité et la période utilisés avant de comparer les chiffres.
La production de café vert en tonnes
Les données de FAOSTAT portent sur le café vert, c’est-à-dire les grains obtenus après le traitement des cerises et avant leur torréfaction. Elles regroupent les différentes espèces cultivées, principalement l’arabica et le robusta.
La production est exprimée en tonnes. Cet indicateur permet de suivre son évolution depuis 1961 et de comparer les volumes obtenus par les différents pays et continents.
Il ne faut pas confondre cette production agricole avec la production de café torréfié ou de café soluble. Ces derniers sont des produits transformés fabriqués à partir du café vert. Ils sont déjà issus de la récolte initiale et ne doivent donc pas être ajoutés aux volumes agricoles.
Production, consommation et commerce mesurent des réalités différentes
La production mesure la quantité de café vert obtenue dans les pays producteurs. La consommation estime les quantités utilisées sur les marchés intérieurs, tandis que les statistiques commerciales recensent les marchandises franchissant les frontières.
Les échanges internationaux doivent eux-mêmes être répartis entre plusieurs catégories :
- le café vert non torréfié ;
- le café torréfié ;
- le café décaféiné ;
- les extraits, essences et concentrés utilisés notamment pour fabriquer du café soluble.
Un pays peut importer du café vert, le torréfier, puis en réexporter une partie. C’est notamment le cas de plusieurs pays européens. Les exportations ne correspondent donc pas nécessairement à une production agricole nationale.
Les volumes produits, consommés, importés et exportés ne doivent pas être additionnés : ils décrivent différentes étapes d’une même filière.
Quelles différences entre l’arabica et le robusta ?
L’arabica et le robusta représentent l’essentiel de la production mondiale de café. Ils proviennent de deux espèces différentes et se distinguent par leurs conditions de culture, leurs caractéristiques gustatives, leur teneur en caféine et leurs principaux débouchés.
L’arabica, un café généralement cultivé en altitude
L’arabica provient principalement de l’espèce Coffea arabica. Il est généralement cultivé en altitude, dans des régions où les températures sont relativement modérées.
Ses grains sont recherchés pour la diversité de leurs arômes, leur finesse et leur acidité. L’arabica contient généralement moins de caféine que le robusta et occupe une place importante sur les marchés des cafés de spécialité.
Cette espèce est cependant plus sensible aux températures élevées, aux maladies et aux variations climatiques. Sa culture nécessite des conditions environnementales particulières.
Le Brésil est le premier producteur mondial d’arabica. La Colombie, l’Éthiopie, le Honduras, le Pérou et plusieurs pays d’Amérique centrale figurent également parmi ses principaux producteurs.
Le robusta, mieux adapté aux climats chauds et humides
Le robusta correspond principalement à l’espèce Coffea canephora. Il peut être cultivé à plus basse altitude et supporte généralement mieux les températures élevées et certaines maladies.
Il contient davantage de caféine que l’arabica. Son goût est souvent décrit comme plus puissant, plus amer et plus corsé. Il est largement utilisé dans les mélanges pour espresso, auxquels il apporte du corps et de la crème, ainsi que dans la fabrication du café soluble.
Le Vietnam est le principal producteur mondial de robusta. Le Brésil, l’Indonésie et l’Ouganda en produisent également des volumes importants.
Plusieurs pays produisent les deux types de café
La distinction géographique entre arabica et robusta n’est pas absolue. Plusieurs grands pays producteurs cultivent les deux espèces.
Le Brésil est à la fois le premier producteur d’arabica et un producteur important de robusta, souvent appelé conilon dans le pays. L’Indonésie produit majoritairement du robusta, mais dispose également de régions spécialisées dans l’arabica. Le Vietnam cultive surtout du robusta, tout en produisant une quantité plus limitée d’arabica.
L’Inde, l’Ouganda et plusieurs pays africains associent également les deux productions. La répartition entre arabica et robusta peut évoluer d’une campagne à l’autre en fonction des prix, des conditions météorologiques, des plantations et des stratégies des producteurs.
Une carte mondiale doit donc éviter de classer systématiquement chaque pays dans une seule catégorie. Il est préférable de distinguer :
- les pays où l’arabica est dominant ;
- les pays où le robusta est dominant ;
- les pays disposant d’une production significative des deux types.
Graphique 12.1 Où produit-on principalement de l’arabica et du robusta dans le monde ?
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
L’arabica et le robusta répondent à des marchés différents et leurs prix peuvent évoluer de manière distincte. Leur répartition influence donc la valeur des exportations, les stratégies des torréfacteurs et l’exposition des pays producteurs aux fluctuations du marché.
Cette distinction est également importante face au changement climatique. L’arabica est particulièrement dépendant de conditions de température et d’altitude relativement précises, tandis que le robusta présente généralement une meilleure tolérance à la chaleur. Les deux espèces restent néanmoins exposées aux sécheresses, aux pluies excessives, aux maladies et à la dégradation des conditions de culture.
Comment la production mondiale de café a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de café vert a fortement progressé au cours des six dernières décennies. Selon FAOSTAT, elle est passée de 4,53 millions de tonnes en 1961 à 11,28 millions de tonnes en 2024. Elle a donc été multipliée par près de 2,5, ce qui représente une hausse de 149 %.
Cette évolution n’a cependant pas été régulière. La production de café reste marquée par d’importantes fluctuations annuelles, liées notamment aux conditions climatiques, aux cycles de production des caféiers, aux maladies et aux variations de prix. Le point bas de la série est observé en 1976, avec environ 3,52 millions de tonnes. À partir des années 1990, la production mondiale franchit progressivement de nouveaux paliers, jusqu’au niveau record enregistré en 2024 dans cette série.
Graphique 12.2 Évolution de la production mondiale de café par continent entre 1961 et 2024 (en tonnes)
Une géographie de la production profondément transformée
Les Amériques demeurent la première région productrice, mais leur poids relatif a nettement diminué. Elles représentaient 76,2 % de la production mondiale en 1961, contre 50,6 % en 2024. Leur production a néanmoins progressé de 3,45 à 5,71 millions de tonnes.
La transformation la plus spectaculaire concerne l’Asie. Sa production est passée d’environ 201 000 tonnes en 1961 à 3,61 millions de tonnes en 2024. Sa part mondiale a ainsi bondi de 4,4 % à 32 %, sous l’effet notamment du développement de la production au Vietnam et en Indonésie.
La production africaine a plus que doublé, passant de 871 000 tonnes à 1,91 million de tonnes. Son poids relatif a légèrement reculé, de 19,2 % à 16,9 %, mais le continent connaît un redressement important depuis le début des années 2010, porté notamment par l’Éthiopie et l’Ouganda.
L’Océanie demeure un bassin secondaire, avec environ 50 000 tonnes en 2024, soit moins de 0,5 % de la production mondiale. La production européenne est marginale.
Quels sont les principaux pays producteurs de café ?
La croissance de la production mondiale s’est accompagnée d’une profonde recomposition du classement des pays producteurs. Certains producteurs historiques ont conservé une place importante, tandis que de nouveaux acteurs, notamment asiatiques, se sont imposés.
Graphique 12.3 Évolution des 20 premiers pays producteurs de café entre 1961 et 2024
Le Brésil conserve sa première place
Le Brésil demeure de très loin le premier producteur mondial. Sa production atteint 3,39 millions de tonnes en 2024, contre 2,23 millions en 1961. Il représente environ 30 % de la production mondiale.
Son poids relatif a néanmoins diminué : le Brésil assurait à lui seul près de la moitié de la production mondiale en 1961. Sa production reste également soumise à de fortes variations annuelles. Elle avait atteint un maximum de 3,71 millions de tonnes en 2020.
L’essor spectaculaire du Vietnam
Le changement le plus remarquable est l’ascension du Vietnam. Le pays ne produisait que 4 100 tonnes de café en 1961 et encore seulement 92 000 tonnes en 1990. Sa production atteint désormais 2,02 millions de tonnes, soit 17,9 % du total mondial.
Le Vietnam est ainsi devenu le deuxième producteur mondial. À eux seuls, le Brésil et le Vietnam représentent près de 48 % de la production mondiale de café.
Un groupe de producteurs importants derrière les deux leaders
La Colombie occupe la troisième place avec environ 840 000 tonnes en 2024. Sa production reste toutefois inférieure au record de 1,1 million de tonnes atteint en 1992.
L’Indonésie, quatrième producteur mondial, affiche une progression plus régulière : sa production est passée de 103 000 tonnes en 1961 à près de 808 000 tonnes en 2024.
L’Éthiopie arrive au cinquième rang mondial et au premier rang africain, avec environ 576 000 tonnes. Elle devance l’Ouganda, dont la production atteint 402 000 tonnes. L’Inde et le Pérou dépassent également 350 000 tonnes.
Des trajectoires très différentes selon les pays
En Amérique centrale, le Honduras s’est affirmé comme un producteur majeur : sa production est passée de 21 000 tonnes en 1961 à environ 324 000 tonnes en 2024. Le Guatemala reste important, tandis que le Mexique produit aujourd’hui nettement moins que lors de son sommet de 1990.
En Afrique, les évolutions sont également contrastées. L’Éthiopie et l’Ouganda renforcent leur place, alors que d’anciens grands producteurs comme la Côte d’Ivoire ou l’Angola ont fortement reculé sur longue période.
La production mondiale apparaît enfin relativement concentrée : les cinq premiers producteurs assurent environ 67,6 % du total mondial, et les dix premiers près de 83,3 %.
Comment la répartition de la production mondiale de café s’est-elle transformée ?
La production mondiale de café reste concentrée dans un nombre limité de pays, mais sa répartition géographique s’est profondément transformée depuis 1961. La domination du Brésil s’est atténuée, tandis que l’Asie a pris une place croissante sous l’effet de l’essor du Vietnam et de l’Indonésie.
Une production largement dominée par le Brésil en 1961
En 1961, le Brésil produit environ 2,23 millions de tonnes de café vert, soit 49,2 % de la production mondiale. À lui seul, le pays représente donc presque autant que tous les autres producteurs réunis.
La Colombie occupe la deuxième place avec 9,9 % du total mondial. Elle devance la Côte d’Ivoire, qui représente environ 4,1 %, et l’Angola, avec 3,7 %.
L’Éthiopie, le Mexique, le Salvador, l’Indonésie, le Guatemala et l’Ouganda complètent alors le groupe des dix premiers producteurs. Plusieurs pays africains occupent donc une place importante dans l’économie mondiale du café.
Graphique 12.4 Répartition de la production mondiale de café par pays en 1961]
En 2024, le Brésil reste premier mais son poids a diminué
En 2024, le Brésil conserve sa première place avec 3,39 millions de tonnes, mais sa part mondiale est revenue à environ 30 %. Cette diminution relative ne traduit pas un recul de sa production sur longue période : elle résulte surtout de la croissance beaucoup plus rapide de nouveaux pays producteurs.
Le principal changement est l’apparition du Vietnam au deuxième rang mondial. Avec 2,02 millions de tonnes, le pays représente désormais 17,9 % de la production mondiale. Le Brésil et le Vietnam assurent ensemble près de 48 % de la production mondiale de café.
La Colombie et l’Indonésie occupent les troisième et quatrième places, avec respectivement 7,4 % et 7,2 % du total mondial. L’Éthiopie arrive en cinquième position avec 5,1 %.
Derrière ces cinq grands producteurs figurent notamment l’Ouganda, l’Inde, le Pérou et le Honduras. La production reste donc concentrée : les cinq premiers pays représentent environ 67,6 % du total mondial, et les dix premiers un peu plus de 83 %.
Graphique 12.5 Répartition de la production mondiale de café par pays en 2024
Le centre de gravité de la production se déplace vers l’Asie
,La comparaison entre 1961 et 2024 fait apparaître trois évolutions majeures.
Premièrement, la production mondiale dépend moins exclusivement du Brésil, même si celui-ci demeure le premier producteur. Sa part a reculé de 49,2 % à 30,4 %.
Deuxièmement, l’Asie est devenue un bassin majeur de production. Le Vietnam et l’Indonésie représentent ensemble environ 25 % de la production mondiale en 2024, contre seulement 2,4 % en 1961.
Troisièmement, la hiérarchie s’est renouvelée. Des producteurs historiques comme l’Angola et la Côte d’Ivoire ont perdu une grande partie de leur poids, tandis que le Vietnam, l’Indonésie, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Pérou et le Honduras ont renforcé leur position.
La production mondiale de café reste ainsi très concentrée, mais elle est aujourd’hui répartie entre plusieurs grands bassins de production en Amérique latine, en Asie et en Afrique.
Quels sont les principaux marchés consommateurs de café?
La consommation mondiale de café peut être étudiée à partir des bilans du département américain de l’Agriculture, l’USDA. Celui-ci exprime les volumes en milliers de sacs de 60 kilogrammes et convertit les différentes formes de café en équivalent café vert.
D’après l’USDA, la consommation mondiale atteindrait 171,8 millions de sacs de 60 kg au cours de la campagne 2024/25, soit environ 10,3 millions de tonnes en équivalent café vert. Elle progresserait ainsi de près de 5 % par rapport à la campagne précédente. Ces résultats portent sur des campagnes commerciales et peuvent encore être révisés.
Selon l’USDA, la consommation mondiale de café est passée de 114,4 millions de sacs de 60 kg en 2002/03 à 171,8 millions en 2024/25. Elle a ainsi progressé d’environ 50 % en vingt-deux ans, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne proche de 1,9 %.
Exprimée en équivalent café vert, cette consommation représente environ 6,86 millions de tonnes en 2002/03, contre 10,31 millions de tonnes en 2024/25.
L’analyse commence volontairement en 2002/03. Les données USDA antérieures ne couvrent pas l’ensemble des grands marchés importateurs : la série passe brutalement de 27,6 millions de sacs en 2001/02 à 114,4 millions en 2002/03. Cette rupture correspond à un élargissement du champ statistique et non à une multiplication réelle de la consommation mondiale.
L’Union européenne, les États-Unis et le Brésil dominent la consommation mondiale
Considérée comme un seul marché, l’Union européenne est le premier ensemble consommateur de café. Sa consommation atteindrait 41,2 millions de sacs en 2024/25, soit environ 2,47 millions de tonnes et 24 % du total mondial.
Elle devance les États-Unis, avec 26,1 millions de sacs, et le Brésil, avec près de 22 millions de sacs. Ces trois marchés concentrent à eux seuls environ 52 % de la consommation mondiale de café.
Le Brésil occupe une position particulière puisqu’il est à la fois le premier producteur mondial, le premier exportateur et l’un des principaux consommateurs. Une part importante de sa récolte alimente donc son marché intérieur.
Derrière ces trois poids lourds viennent plusieurs marchés asiatiques. Le Japon consommerait environ 6,5 millions de sacs, devant les Philippines avec 6,2 millions et la Chine avec 5,9 millions. L’Indonésie et le Vietnam, également grands producteurs, développent progressivement leur propre marché intérieur.
Les estimations de l’USDA mettent notamment en évidence la progression de la consommation au Vietnam et en Chine. À l’inverse, la consommation japonaise, bien que toujours importante, apparaît plus mature.
Graphique 12.6 Principaux marchés consommateurs de café en 2024/25 (en milliers de sacs de 60 kg)
La consommation de café varie fortement entre les pays européens
Les données du European Coffee Report 2024-2025 permettent d’observer plus précisément les différences entre les 27 pays de l’Union européenne. Elles mesurent les volumes de produits de café vendus en 2024, en réunissant le café en grains, le café moulu, les dosettes et le café soluble.
Selon cette méthodologie, environ 1,74 million de tonnes de produits de café ont été vendues dans l’Union européenne en 2024, pour une valeur estimée à 27,8 milliards d’euros. Cela correspond à une moyenne de 3,87 kg de produits de café par habitant.
Les marchés les plus importants en volume sont logiquement les pays les plus peuplés. L’Allemagne arrive nettement en tête avec 457 600 tonnes, soit plus du quart des volumes européens. Elle devance la France avec 221 900 tonnes, l’Italie avec 188 100 tonnes, l’Espagne avec 150 900 tonnes et la Pologne avec 108 600 tonnes. Ces cinq pays représentent près de 65 % du marché européen.
La hiérarchie change lorsque les volumes sont rapportés à la population. La Suède arrive alors en tête avec environ 8 kg par habitant, devant la Finlande avec 7,69 kg et la Slovénie avec 7,11 kg. La Croatie, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et les Pays-Bas dépassent également 5 kg par habitant.
Avec 3,24 kg par habitant, la France se situe en dessous de la moyenne européenne calculée à partir de ces données. Elle demeure néanmoins le deuxième marché de l’Union européenne en volume total en raison de la taille de sa population.
Les volumes par habitant les plus faibles sont observés en Irlande, en Tchéquie, en Roumanie, en Slovaquie et en Hongrie. Ces écarts traduisent des habitudes de consommation différentes, mais peuvent également être influencés par la place du café soluble, le poids de la restauration et les méthodes de mesure du marché.
Graphique 12.7 Volume de produits de café vendu par habitant dans les pays de l’Union européenne en 2024 (en kg)
La place de la consommation hors domicile diffère selon les pays
À l’échelle de l’Union européenne, environ 79 % des volumes sont écoulés dans le commerce de détail, principalement pour une consommation à domicile. La restauration, les cafés et les autres formes de consommation hors domicile représentent les 21 % restants.
Cette répartition varie fortement selon les pays. La restauration représente environ 51 % des volumes en Grèce, 47 % au Portugal, 42 % en Croatie et 39 % en Espagne. Le poids du tourisme, la densité des cafés et les habitudes sociales contribuent vraisemblablement à cette importance de la consommation hors domicile.
À l’inverse, le commerce de détail domine très largement en Slovaquie, en Tchéquie, en Allemagne et en Pologne. En France, environ 84 % des volumes passent par le commerce de détail, contre 16 % par la restauration.
Ces résultats rappellent que la taille d’un marché ne dépend pas uniquement du nombre de consommateurs. Les habitudes de préparation, la fréquence de consommation, la place du café soluble ou des dosettes et l’importance du secteur de la restauration modifient également la structure de la demande.
Deux sources qui ne mesurent pas exactement la même chose
Les résultats de l’USDA et ceux de l’European Coffee Report ne doivent pas être comparés directement.
L’USDA exprime la consommation en équivalent café vert et raisonne par campagne commerciale. Le rapport européen mesure, pour l’année civile 2024, la masse des différents produits de café vendus. Or un kilogramme de café soluble ne correspond pas à un kilogramme de café vert utilisé pour le fabriquer.
Les données de l’USDA sont donc adaptées à la comparaison des grands marchés mondiaux, tandis que celles du rapport européen permettent de comparer la taille et la structure des marchés nationaux au sein de l’Union européenne.
Quels sont les principaux exportateurs et importateurs de café vert ?
Le commerce international du café vert met en relation un nombre relativement limité de grands pays producteurs avec des marchés de consommation et de transformation beaucoup plus dispersés. En 2024, les importations mondiales déclarées représentent environ 7,15 millions de tonnes, pour une valeur de 32,4 milliards de dollars.
Ces données regroupent le café non torréfié, qu’il soit décaféiné ou non. Le café vert décaféiné ne représente toutefois qu’environ 2,5 % des volumes et 3,1 % de la valeur des échanges.
Le Brésil, le Vietnam et la Colombie dominent les exportations
Le Brésil occupe une position très largement dominante. Les importations déclarées en provenance du pays atteignent environ 2,51 millions de tonnes, soit 35,1 % du commerce mondial de café vert en volume. Leur valeur s’élève à 10,6 milliards de dollars, ce qui représente près du tiers de la valeur totale.
Le Vietnam arrive en deuxième position avec 1,13 million de tonnes, soit 15,9 % des volumes mondiaux, pour une valeur de 4,28 milliards de dollars. Sa part en valeur, 13,2 %, est inférieure à sa part en volume. Cet écart s’explique notamment par la place importante du robusta dans les exportations vietnamiennes, généralement moins valorisé que l’arabica.
La Colombie complète le trio de tête avec environ 666 000 tonnes, soit 9,3 % des volumes, mais 11 % de la valeur mondiale. La valeur moyenne de ses exportations est ainsi sensiblement supérieure à celle du Brésil et du Vietnam, ce qui reflète notamment son positionnement sur les cafés arabicas.
À eux seuls, ces trois pays concentrent un peu plus de 60 % des volumes mondiaux de café vert échangés.
L’Ouganda occupe la quatrième place en volume avec environ 301 000 tonnes, devant l’Éthiopie et le Honduras, qui exportent chacun près de 287 000 tonnes. L’Éthiopie se distingue néanmoins davantage en valeur : avec environ 1,48 milliard de dollars, elle se situe devant l’Ouganda, ce qui traduit une valorisation moyenne plus élevée de ses cafés.
Le Pérou, l’Indonésie, l’Inde et le Guatemala complètent les dix premières origines. Ensemble, les dix premiers pays représentent près de 85 % des volumes mondiaux.
Graphique 12.8 Principaux pays d’origine du café vert importé dans le monde en 2024
L’Allemagne et la Belgique apparaissent également parmi les principaux pays fournisseurs, alors qu’elles ne produisent pas de café. Leur présence résulte des activités de négoce, de transformation et de réexportation. L’Allemagne occupe notamment une place majeure dans la décaféination du café vert.
Les écarts entre les classements en volume et en valeur doivent être interprétés avec prudence. Ils peuvent refléter les variétés commercialisées, la qualité des cafés, la proportion de café décaféiné, les certifications, les conditions contractuelles ou encore le moment auquel les transactions ont été enregistrées.
Les États-Unis et l’Europe concentrent les importations
Les États-Unis sont le premier importateur mondial de café vert en 2024, avec environ 1,35 million de tonnes, représentant 18,9 % des importations mondiales. La valeur correspondante atteint 6,77 milliards de dollars, soit près de 21 % du total mondial.
L’Allemagne arrive en deuxième position avec 1,12 million de tonnes et 4,58 milliards de dollars. Elle constitue à la fois un grand marché de consommation, un centre de torréfaction et une importante plateforme de transformation et de réexportation.
L’Italie occupe la troisième place avec environ 656 000 tonnes, devant le Japon, qui en importe 360 000 tonnes, et l’Espagne, avec 340 000 tonnes. Ces cinq pays concentrent ensemble environ 53,5 % des importations mondiales de café vert en volume.
La France est le sixième importateur mondial en volume, avec environ 229 000 tonnes, pour une valeur légèrement supérieure à 1,07 milliard de dollars. Elle représente ainsi 3,2 % des volumes et 3,3 % de la valeur des importations mondiales.
Graphique 12.9 Principaux pays importateurs de café vert en 2024
Le Canada, la Suisse, la Chine, la Corée du Sud, les Pays-Bas et le Royaume-Uni figurent également parmi les principaux marchés. La Suisse se distingue par une valeur moyenne d’importation relativement élevée : elle n’occupe que la huitième place en volume, mais la sixième en valeur.
La forte présence de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la France, des Pays-Bas et de la Belgique confirme le rôle central de l’Europe dans le commerce mondial du café. Ces importations ne correspondent toutefois pas uniquement à la consommation intérieure : une partie du café est torréfiée, décaféinée, transformée ou réexportée vers d’autres marchés.
Une chaîne de valeur très internationalisée
La géographie du commerce du café vert reste donc fortement asymétrique. La production exportable est concentrée en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et en Afrique, tandis que les principaux débouchés se trouvent en Amérique du Nord, en Europe et en Asie orientale.
Les volumes échangés ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la valeur captée par chaque pays. Une part importante de la valeur finale du café est créée après l’importation, lors de la décaféination, de la torréfaction, de l’assemblage, du conditionnement et de la commercialisation.
Source : UN Comtrade, données 2024, codes SH 090111 et 090112. Les exportations par origine sont reconstituées à partir des importations déclarées par les pays partenaires. Les volumes correspondent au poids net et les valeurs sont exprimées en dollars courants. Calculs et mise en forme : Olivier Frey.
Quels pays dominent le commerce du café torréfié ?
La géographie du commerce du café torréfié est très différente de celle du café vert. Alors que les exportations de café vert sont dominées par les grands pays producteurs, celles de café torréfié sont principalement assurées par des pays consommateurs disposant d’une industrie de transformation, de marques reconnues et de réseaux internationaux de distribution.
En 2024, les exportations déclarées de café torréfié atteignent environ 1,36 million de tonnes, pour une valeur proche de 16 milliards de dollars. Ces données regroupent le café torréfié décaféiné et non décaféiné. Le décaféiné représente seulement environ 4 % des volumes, mais près de 5 % de la valeur.
L’Italie et l’Allemagne dominent les volumes exportés
L’Italie est le premier exportateur mondial de café torréfié en volume. Ses exportations atteignent environ 292 000 tonnes en 2024, soit 21,4 % des volumes déclarés, pour une valeur de 2,75 milliards de dollars.
L’Allemagne arrive en deuxième position avec près de 259 000 tonnes, représentant 19 % des volumes mondiaux, et une valeur de 2,12 milliards de dollars. À elles seules, l’Italie et l’Allemagne assurent ainsi plus de 40 % des exportations mondiales de café torréfié en volume.
La Suisse occupe une position particulière. Avec environ 111 000 tonnes, elle n’est que le troisième exportateur en volume, mais elle arrive très largement en tête en valeur avec 3,87 milliards de dollars, soit plus de 24 % de la valeur mondiale déclarée.
La valeur moyenne des exportations suisses atteint près de 35 dollars par kilogramme, contre environ 9,40 dollars pour l’Italie et 8,20 dollars pour l’Allemagne. Cet écart peut notamment refléter la place des cafés portionnés, des capsules, des produits conditionnés et des marques positionnées sur des segments à forte valeur ajoutée.
Les Pays-Bas occupent la quatrième place avec environ 91 000 tonnes, devant les États-Unis, la Pologne, le Canada et la France.
La France exporte approximativement 58 000 tonnes de café torréfié. Elle ne se situe qu’au huitième rang en volume, mais atteint la quatrième place mondiale en valeur, avec environ 1,32 milliard de dollars. Comme pour la Suisse, cette différence suggère une forte présence de produits conditionnés ou positionnés sur des segments relativement valorisés.
Graphique 12.10 Principaux pays exportateurs de café torréfié en 2024
La France et les États-Unis sont les premiers importateurs
Les importations mondiales déclarées représentent environ 1,33 million de tonnes de café torréfié, pour une valeur de 15,54 milliards de dollars.
La France est le premier importateur mondial, aussi bien en volume qu’en valeur. Elle importe environ 152 000 tonnes, soit 11,4 % des volumes mondiaux, pour une valeur de 2,34 milliards de dollars, représentant un peu plus de 15 % de la valeur totale.
Les États-Unis arrivent en deuxième position avec près de 128 000 tonnes et une valeur de 2,22 milliards de dollars. La valeur moyenne de leurs importations, supérieure à 17 dollars par kilogramme, témoigne également de la place importante des cafés conditionnés et des produits à forte valeur ajoutée.
L’Allemagne occupe le troisième rang en volume avec environ 90 000 tonnes, devant la Pologne, les Pays-Bas, le Canada et le Royaume-Uni.
La place de la France s’explique notamment par l’importance de ses achats en provenance de Suisse. En 2024, les importations françaises de café torréfié d’origine suisse atteignent environ 37 000 tonnes, pour une valeur supérieure à 1,2 milliard de dollars. La Suisse représente ainsi près du quart des volumes, mais plus de la moitié de la valeur des importations françaises de café torréfié.
Graphique 12.11 Principaux pays importateurs de café torréfié en 2024
L’Europe capte une part importante de la valeur ajoutée
Le commerce du café torréfié illustre le déplacement de la valeur au sein de la filière. Le Brésil, le Vietnam ou la Colombie dominent la production et les exportations de café vert, mais ils occupent une place beaucoup plus limitée dans les échanges de produits torréfiés.
À l’inverse, l’Italie, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, la France, la Pologne et la Belgique figurent parmi les principaux exportateurs alors qu’ils ne produisent pratiquement pas de café. Leur position repose sur l’importation de café vert, sa transformation, son assemblage, son conditionnement et sa commercialisation.
La torréfaction ne constitue d’ailleurs qu’une partie de la valeur ajoutée. Le format de vente, les capsules, le conditionnement, la marque et les réseaux de distribution expliquent également les écarts considérables de valeur moyenne observés entre les pays.
Les valeurs douanières moyennes ne doivent donc pas être assimilées à des prix de détail ou à des différences de qualité du café. Elles reflètent une combinaison de produits, de formats, de marques, de contrats commerciaux et de conditions logistiques.
Source : UN Comtrade, données 2024, codes SH 090121 et 090122. Volumes exprimés en poids net et valeurs en dollars courants. Les différences entre les totaux d’exportation et d’importation résultent notamment des modes de valorisation — généralement FOB à l’exportation et CIF à l’importation —, des calendriers d’enregistrement et de la couverture des déclarations. Calculs : Olivier Frey.
Méthodologie et sources
Cette analyse mobilise plusieurs sources statistiques, dont les périmètres et les unités ne sont pas parfaitement identiques.
Données sur la production
Les données de production proviennent de FAOSTAT, la base statistique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
L’analyse porte sur la production de café vert, exprimée en tonnes, entre 1961 et 2024. Les données nationales ont été regroupées par continent afin d’étudier les transformations de la géographie mondiale de la production.
Certaines valeurs publiées par FAOSTAT peuvent être des estimations lorsque les statistiques nationales sont absentes ou incomplètes.
Données sur la consommation
Les données mondiales de consommation sont principalement issues de la base Production, Supply and Distribution de l’USDA.
L’indicateur utilisé est la consommation intérieure, ou « Domestic Consumption », exprimée en milliers de sacs de 60 kg. Les données ont été converties en tonnes selon la formule suivante :
Nombre de milliers de sacs × 60 = volume en tonnes.
Les chiffres de l’USDA sont présentés par campagne commerciale. La campagne 2024/2025 ne correspond donc pas exactement à l’année civile 2024.
Pour compléter l’analyse des marchés européens, les données nationales sont issues de l’European Coffee Report 2024-2025, publié par la European Coffee Federation. Ces données permettent d’affiner la comparaison entre les différents marchés de l’Union européenne.
Les chiffres de consommation de l’USDA et ceux du rapport européen ne doivent pas être comparés sans précaution. Ils peuvent reposer sur des périodes, des unités ou des méthodes d’estimation différentes.
Données sur le commerce international
Les données d’importation et d’exportation proviennent d’UN Comtrade, la base des Nations unies consacrée au commerce international.
Quatre catégories douanières ont été retenues :
- SH 090111 : café non torréfié et non décaféiné ;
- SH 090112 : café non torréfié et décaféiné ;
- SH 090121 : café torréfié et non décaféiné ;
- SH 090122 : café torréfié et décaféiné.
Les volumes correspondent au poids net déclaré et sont convertis de kilogrammes en tonnes. Les valeurs sont exprimées en dollars courants.
Pour le café vert, le classement des pays exportateurs a été reconstitué à partir des importations déclarées par pays d’origine. Cette méthode dite des données miroir permet d’intégrer certains grands fournisseurs, notamment le Vietnam et l’Éthiopie, absents ou incomplets dans les déclarations directes d’exportation disponibles.
Pour le café torréfié, les déclarations directes des pays exportateurs ont été utilisées, leur couverture étant suffisamment complète.
Les statistiques d’un pays exportateur ne correspondent pas toujours exactement aux importations déclarées par ses partenaires. Ces écarts peuvent notamment provenir :
- de la différence entre la valorisation FOB à l’exportation et CIF à l’importation ;
- du décalage entre les dates d’expédition et de réception ;
- des réexportations ;
- des différences de couverture statistique ;
- des corrections ou estimations effectuées par les administrations douanières.
Enfin, les valeurs moyennes calculées en dollars par kilogramme ne constituent pas des prix de détail. Elles reflètent la composition des produits échangés, leur niveau de transformation, leur conditionnement, leur origine et les conditions commerciales.
Les calculs, regroupements géographiques et visualisations ont été réalisés par Olivier Frey.
Dernière mise à jour des données : août 2026.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques et consultant indépendant depuis 2009. Il accompagne les coopératives agricoles et les entreprises agroalimentaires dans leurs réflexions stratégiques à travers des études économiques et sectorielles, des missions de conseil, des formations professionnelles et des conférences.
Avec les analyses Agridata, il décrypte les transformations des filières agricoles et agroalimentaires à partir de données statistiques publiques, mises en perspective au moyen de graphiques et de cartes interactives.
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Questions fréquentes sur le marché mondial du café
Quelle est la production mondiale de café ?
La production mondiale de café vert atteint environ 11,28 millions de tonnes en 2024, contre 4,53 millions de tonnes en 1961. Elle a donc été multipliée par près de 2,5 en un peu plus de soixante ans.
Quel est le premier pays producteur de café au monde ?
Le Brésil est le premier producteur mondial de café. En 2024, il produit environ 3,39 millions de tonnes, soit près de 30 % de la production mondiale.
Quels sont les principaux pays producteurs de café ?
En 2024, les cinq premiers producteurs sont le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l’Indonésie et l’Éthiopie. Le Brésil et le Vietnam représentent ensemble près de 48 % de la production mondiale.
Quelle est la différence entre le café arabica et le robusta ?
L’arabica est généralement cultivé en altitude, dans des conditions relativement fraîches. Il est souvent associé à des profils aromatiques plus fins et plus acides. Le robusta pousse davantage à basse altitude et sous des climats plus chauds. Il contient plus de caféine et présente généralement davantage de corps et d’amertume.
Ces caractéristiques générales n’empêchent pas l’existence de robustas de grande qualité ou d’importantes différences entre les origines et les méthodes de transformation.
Quels sont les plus grands marchés de consommation du café ?
L’Union européenne constitue le premier marché lorsqu’elle est considérée comme un ensemble. Parmi les marchés nationaux suivis par l’USDA, les États-Unis et le Brésil figurent parmi les plus importants.
Pour la campagne 2024/2025, l’Union européenne représente environ 24 % de la consommation mondiale, devant les États-Unis et le Brésil.
Quels sont les principaux exportateurs de café vert ?
Le Brésil est le premier fournisseur mondial de café vert. En 2024, il représente environ 35 % des volumes échangés, devant le Vietnam avec près de 16 % et la Colombie avec un peu plus de 9 %.
Quels pays dominent les exportations de café torréfié ?
L’Italie et l’Allemagne sont les deux premiers exportateurs de café torréfié en volume. La Suisse occupe toutefois la première place en valeur, en raison notamment de son positionnement sur des produits transformés, conditionnés et fortement valorisés.
Pourquoi les grands producteurs ne dominent-ils pas le commerce du café torréfié ?
Les pays producteurs exportent principalement du café vert. Une grande partie de la torréfaction, de l’assemblage, du conditionnement et de la commercialisation est ensuite réalisée dans les pays consommateurs.
L’Italie, l’Allemagne, la Suisse ou la France captent ainsi une partie importante de la valeur ajoutée alors qu’ils ne produisent pratiquement pas de café.
Les statistiques de production, de consommation et de commerce sont-elles directement comparables ?
Non. La production est généralement mesurée en tonnes de café vert par année civile, tandis que les données de consommation peuvent être exprimées en sacs de 60 kg et par campagne commerciale. Les échanges douaniers sont, quant à eux, enregistrés selon le poids et la valeur des produits au moment de leur passage en douane.
Ces différences de période, d’unité et de définition expliquent pourquoi les totaux ne coïncident pas toujours parfaitement.

AgriData n°11 Evolution de la production et de la commercialisation de miel en France et dans le monde (mise à jour 06/2023)
Cette semaine je vous propose quelques graphiques et cartes sur un produit symbole du petit déjeuner : le miel. Nous allons analyser l’évolution de la production et de la commercialisation de miel en France et dans le monde. Vous découvrirez ainsi quels sont les principaux pays producteurs et quelle est l’évolution de leur production, quelle est le niveau de la consommation dans les différents pays du monde, quels sont les principaux flux d’import/export.
NDLR : les cartes et les graphiques sont interactifs et il est donc par exemple possible de cliquer sur les pays et d’effectuer des recherches pays par pays, d’isoler un produit en particulier ou encore de choisir une année bien précise pour les graphiques…
Les données utilisées sont issues de FAO Stat, UN Comtrade ainsi que FranceAgriMer.
Graphique 11.1 Evolution de la production de miel chez les 20 premiers pays producteurs depuis 1961 (en tonnes)
Alors que les Etats-Unis ont été les leaders mondiaux de 1961 à 1978, la Chine est devenue le leader mondial incontesté depuis 1979.
Entre 1961 et 2021, la production de miel en Chine a été multiplié par 9,1. Mais la palme de la progression revient à la Turquie, dont la production de miel a été multipliée par 12 et qui est désormais le 2è plus gros producteur de miel au monde.
A l’inverse, la production de miel des Etats-Unis a été divisée par 2,2 sur la même période.
La production française a été multipliée par 2,5 sur la période, passant de 8 000 tonnes à 19 802 tonnes.
Graphique 11.2 Répartition de la production mondiale de miel en 1961 (en %)
En 1961, la production mondiale de miel était dominée par les Etats-Unis qui, avec 124 316 tonnes de miel, représentaient plus du quart de la production mondiale devant la Chine (11,86% de la production mondiale) et le Mexique (5,34% de la production mondiale). L’Amérique représentait ainsi 47,39% de la production mondiale en 1961, devant l’Asie (20,86%) et l’Europe (14,96%).
Avec 8 000 tonnes de miel produites, la France était le 13è producteur mondial et représentait 1,78% de la production mondiale en 1961.
Graphique 11.3 Répartition de la production mondiale de miel en 2018 (en %)
En 2018, avec 457 203 tonnes de miel produites, la Chine représentait à elle seule le quart de la production mondiale de miel, loin devant la Turquie (6,35% de la production mondiale) et l’Argentine (4,42% de la production mondiale).
Avec 17 489 tonnes, la France était le 27è producteur mondial et représentait 0,97% de la production mondiale en 2018.
NB : 2018 était la dernière année pour laquelle les statistiques des principaux pays étaient disponibles.
Graphique 11.4 La disponibilité alimentaire en miel par habitant en 2018 (en kilos)
NB : la consommation de miel par habitant n’est pas simple à calculer. En effet, les données disponibles reflètent la notion de disponibilité, ce qui signifie qu’il s’agit d’un volume de miel qui est mis en vente sur le marché pour chaque pays. En divisant ce volume par le nombre d’habitants d’un pays, nous obtenons un chiffre qui ne reflète pas totalement la consommation réelle de sucre dudit pays.
La disponibilité alimentaire en miel est la plus important en République Centrafricaine avec 3,34 kilos par an et par habitant, devant la Croatie (2,2 kilos par an et par habitant) et l’Uruguay (1,8 kilos par an et par habitant).
En France, elle est de 0,56 kilo de miel par habitant en 2018. Les 2/3 du miel consommé en France sont importées.
Graphique 11.5 Répartition des exportations de miel en volume en 2021 (en kg)
Premier producteur mondial de miel, la Chine en est également le premier exportateur avec 145 886 tonnes, devant l’Inde (70 514 tonnes) et l’Ukraine (61 167 tonnes).
Graphique 11.6 Répartition des exportations de miel en valeur en 2021 (en $)
La Nouvelle-Zélande est le premier exportateur mondial en valeur avec un montant de 327,5 millions de $, devant la Chine (260 millions de $) et l’Argentine (202,7 millions de $). La première place de la Nouvelle-Zélande s’explique par le fait qu’elle exporte principalement du miel de Manuka qui est le plus cher au monde.
Graphique 11.7 Origine des importations de miel par la France en 2021
Face à la baisse de production de miel en France ces dernières années, nous sommes contraints d’avoir recours à l’importation afin de satisfaire la demande. Chaque année, la France importe en moyenne 35 000 tonnes de miel.
En 2021, la majorité des importations de miel provenait de l’Union Européenne. Les principaux exportateurs de miel vers la France sont l’Espagne (7401 tonnes), l’Allemagne (4393 tonnes) et l’Ukraine (3474 tonnes).
Graphique 11.8 Nombre d’apiculteurs en France en 2021
La France comptait 70 847 apiculteurs en 2021 (contre 62 445 en 2019).
Les apiculteurs possédant moins de 50 ruches représentaient 91,9% des apiculteurs français en 2021.
Graphique 11.9 Production française de miel par catégorie en 2021 (en tonnes)
En 2021, la production française de miel s’élevait 19 802 tonnes, soit une baisse de 37,7% par rapport à l’année précédente, qui était une excellente année.
Bien qu’ils représentaient 91,9% du total en 2021, les apiculteurs ayant moins de 50 ruches n’ont produit que 23,4% de la production française de miel. A l’inverse, les apiculteurs ayant plus de 400 ruches ont produit 36,9% de la production française de miel.
Graphique 11.10 Production de miel par région en 2021 (en tonnes)
C’est en Occitanie que l’on a produit le plus de miel en 2021 (3681 tonnes) devant la Nouvelle-Aquitaine (3554 tonnes) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (2778 tonnes).
Graphique 11.11 Circuit de commercialisation du miel en France par taille d’exploitation en 2019
Pour les apiculteurs qui ont moins de 400 ruches, la vente directe est de loin le circuit de commercialisation privilégié.
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Production mondiale de sucre : évolution, principaux pays et commerce | Agridata n°10
La production mondiale de sucre repose principalement sur deux cultures : la canne à sucre, cultivée dans les régions tropicales et subtropicales, et la betterave sucrière, davantage présente dans les zones tempérées. Depuis les années 1960, la croissance de la production s’est accompagnée d’une profonde transformation de la géographie du marché mondial du sucre.
Quels sont aujourd’hui les principaux pays producteurs et consommateurs de sucre ? Comment ont évolué les récoltes de canne à sucre et de betterave sucrière ? Quels pays dominent les exportations et les importations de sucre brut et raffiné ? À partir des données de FAOSTAT, de l’USDA et d’UN Comtrade, cet Agridata analyse l’évolution de la production, de la consommation et du commerce international du sucre.
Comment mesurer la production et le marché mondial du sucre ?
L’analyse du marché mondial du sucre nécessite de distinguer trois niveaux.
FAOSTAT mesure d’abord la production agricole de canne à sucre et de betterave sucrière. Les volumes correspondent au poids des plantes récoltées et non à la quantité de sucre obtenue après transformation. Une tonne de canne ou de betterave ne produit qu’une fraction de son poids sous forme de sucre.
Les données de l’USDA portent, quant à elles, sur le sucre centrifugé effectivement produit, exprimé en équivalent sucre brut. Elles permettent de comparer la production, la consommation, les échanges et les stocks au cours des différentes campagnes sucrières.
Enfin, UN Comtrade recense les échanges déclarés sous le code SH 1701, qui regroupe les sucres de canne ou de betterave et le saccharose chimiquement pur présentés sous forme solide. Ces données sont utilisées pour analyser la valeur du commerce, la distinction entre sucre brut et sucre raffiné et les principaux flux entre pays.
Les trois sources sont donc complémentaires : FAOSTAT décrit la géographie des matières premières agricoles, l’USDA mesure l’équilibre mondial du sucre et UN Comtrade permet d’observer l’organisation des échanges internationaux.
Comment la production mondiale de canne à sucre a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de canne à sucre est passée de 448 millions de tonnes en 1961 à 1,93 milliard de tonnes en 2024. Elle a ainsi été multipliée par 4,3 en un peu plus de soixante ans.
Cette croissance n’a cependant pas été parfaitement régulière. Après avoir franchi le milliard de tonnes à la fin du XXe siècle, la production a fortement accéléré durant les années 2000, portée notamment par le développement de la filière brésilienne. Elle a atteint un record de 2,02 milliards de tonnes en 2023, avant de reculer de 4,2 % en 2024.
Une production toujours dominée par les Amériques et l’Asie
Les Amériques restent la première région productrice. Leur production est passée de 236 millions de tonnes en 1961 à près de 990 millions de tonnes en 2024. Leur part dans le total mondial est toutefois restée remarquablement stable, passant de 52,6 % à 51,2 %.
L’Asie a connu une progression encore plus rapide, de 173 à 816 millions de tonnes. Sa part mondiale est passée de 38,6 % à 42,2 %. Elle se rapproche donc progressivement des Amériques, sous l’effet de l’expansion observée en Inde, en Chine, au Pakistan et en Thaïlande.
L’Afrique produit environ 96 millions de tonnes de canne en 2024, contre 28 millions en 1961. Malgré cette progression, sa part mondiale est passée de 6,3 % à 5 %. L’Océanie représente environ 1,6 % de la production mondiale, principalement grâce à l’Australie.
Graphique 10.1 Évolution de la production mondiale de canne à sucre par continent, 1961-2024
Le Brésil a profondément transformé la hiérarchie mondiale
En 1961, l’Inde était le premier producteur mondial avec 110 millions de tonnes, devant le Brésil et Cuba, qui produisaient respectivement 59 et 56 millions de tonnes.
La hiérarchie est très différente en 2024. Le Brésil atteint 760 millions de tonnes, soit 39,3 % de la production mondiale. Sa production a été multipliée par près de 13 depuis 1961. Cette progression est liée au développement simultané du marché du sucre et de celui de l’éthanol produit à partir de canne.
L’Inde occupe la deuxième place avec 453 millions de tonnes, soit 23,4 % du total. À eux seuls, le Brésil et l’Inde concentrent donc près de 63 % de la production mondiale.
La Chine arrive loin derrière avec 102 millions de tonnes, devant le Pakistan et la Thaïlande, autour de 84 et 82 millions de tonnes. La montée en puissance de la Thaïlande est particulièrement notable : sa production a été multipliée par plus de 40 depuis 1961.
À l’inverse, Cuba a connu un recul spectaculaire. Après avoir produit près de 81 millions de tonnes à la fin des années 1980, le pays n’en produit plus qu’environ 9 millions en 2024. Cette évolution illustre le déplacement du centre de gravité de la filière mondiale vers le Brésil et les grandes économies sucrières asiatiques.
Graphique 10.2 Évolution de la production de canne à sucre par pays, 1961-2024
Comment la production mondiale de betterave sucrière a-t-elle évolué ?
La production mondiale de betterave sucrière est passée de 161 millions de tonnes en 1961 à 294 millions de tonnes en 2024, soit une progression de 83 %. Sa croissance est donc nettement moins rapide que celle de la canne à sucre.
La production de betterave a atteint un sommet de 314 millions de tonnes en 1989. Le niveau de 2024 reste inférieur d’environ 7 % à ce record. Contrairement à la canne, la betterave n’a donc pas suivi une trajectoire de croissance continue.
L’Europe reste dominante, mais son poids relatif diminue
L’Europe demeure le principal bassin betteravier mondial avec 197 millions de tonnes en 2024, soit 67,2 % du total. Elle représentait néanmoins 85,2 % de la production mondiale en 1961. Son poids relatif a donc diminué de 18 points.
Cette évolution s’explique moins par un effondrement de la production européenne que par l’apparition de nouveaux bassins de production. L’Asie est passée de 6 à près de 47 millions de tonnes, ce qui porte sa part mondiale de 3,8 % à 16 %. La Turquie, la Chine et l’Iran participent notamment à cette progression.
L’Afrique produit désormais un peu plus de 15 millions de tonnes, principalement en Égypte. Sa part mondiale dépasse 5 %, alors qu’elle était presque inexistante au début des années 1960.
Les Amériques représentent environ 12 % du total mondial, une proportion relativement stable sur longue période.
Graphique 10.3 Évolution de la production mondiale de betterave sucrière par continent, 1961-2024
La Russie, l’Allemagne et la France dominent la production betteravière
La comparaison sur longue période doit tenir compte de la disparition de l’Union soviétique. En 1961, l’URSS produisait près de 51 millions de tonnes de betteraves, devant les États-Unis, l’Allemagne, la France et la Pologne.
En 2024, la Russie occupe la première place avec 46,7 millions de tonnes, soit 15,9 % du total mondial. Elle devance l’Allemagne avec 36,7 millions de tonnes, la France avec 32,6 millions et les États-Unis avec 32 millions.
Ces quatre pays représentent ensemble environ 58 % de la production mondiale de betteraves. La France conserve donc une place centrale dans cette filière, avec 11,1 % du total mondial.
La Turquie et la Pologne complètent le groupe de tête. L’Égypte constitue l’une des évolutions les plus marquantes : sa production atteint près de 14 millions de tonnes en 2024, contre des volumes encore marginaux dans les années 1960.
À l’inverse, la production italienne est passée de 7,1 millions de tonnes en 1961 à environ 1,5 million en 2024, témoignant de la contraction de certains bassins betteraviers européens.
Graphique 10.4 Évolution de la production de betterave sucrière par pays, 1961-2024
Comment la production mondiale de sucre a-t-elle évolué ?
La production mondiale de sucre centrifugé est passée de 53,3 millions de tonnes lors de la campagne 1960/61 à 180,3 millions de tonnes en 2024/25. Elle a donc été multipliée par 3,4.
Dans le même temps, la consommation humaine est passée de 47,5 à 175,4 millions de tonnes. Sa progression, proche de 270 %, a été légèrement plus rapide que celle de la production.
La croissance du marché mondial repose principalement sur le sucre de canne. Sa production a été multipliée par 4,6 depuis 1960/61, contre 1,8 pour le sucre de betterave. La part du sucre de canne dans la production mondiale est ainsi passée de 56,3 % à 77,1 %. Le sucre de betterave ne représente plus que 22,9 % du total.
La production mondiale a culminé à 194,2 millions de tonnes en 2017/18. Depuis, elle fluctue autour de 180 millions de tonnes sous l’effet des conditions climatiques, des arbitrages entre sucre et éthanol au Brésil et des variations de production en Inde, en Thaïlande et dans l’Union européenne.
Pour 2025/26, l’USDA estime la production à 186,1 millions de tonnes. Elle pourrait revenir à 184,9 millions de tonnes en 2026/27. Ces deux dernières campagnes doivent être présentées comme des estimations ou des prévisions et non comme des résultats définitifs.
Graphique 10.5 Production et consommation mondiales de sucre, campagnes 1960/61 à 2026/27
Graphique 10.6 Production mondiale de sucre de canne et de sucre de betterave, campagnes 1960/61 à 2026/27
Quels sont les principaux pays producteurs de sucre ?
La hiérarchie mondiale s’est profondément transformée depuis les années 1960. Lors de la campagne 1960/61, Cuba occupait la première place avec 6,8 millions de tonnes de sucre, devant l’Union européenne, l’URSS, les États-Unis, le Brésil et l’Inde.
En 2024/25, le Brésil domine très largement le classement avec 43,7 millions de tonnes, soit 24,2 % de la production mondiale. L’Inde occupe la deuxième place avec 28 millions de tonnes et 15,5 % du total. Ces deux pays produisent près de 40 % du sucre mondial.
L’Union européenne arrive en troisième position avec 16,3 millions de tonnes, presque entièrement issues de la betterave. Elle devance la Chine, avec 11,2 millions de tonnes, et la Thaïlande, avec 10,2 millions.
Les cinq premiers producteurs concentrent environ 61 % de la production mondiale et les dix premiers plus de 77 %. La production est donc relativement concentrée.
Les profils nationaux restent cependant très différents. Le Brésil, l’Inde et la Thaïlande produisent presque exclusivement du sucre de canne. L’Union européenne et la Russie reposent principalement sur la betterave. Les États-Unis combinent les deux matières premières, avec une production légèrement majoritaire de sucre de betterave.
La trajectoire de Cuba est à nouveau remarquable : premier producteur mondial en 1960/61, le pays ne produit plus qu’environ 100 000 tonnes selon les données USDA pour 2024/25.
Graphique 10.7 Évolution de la production de sucre par pays, 1960/61-2026/27
Graphique 10.8 Principaux producteurs mondiaux de sucre en 2024/25
Quels sont les principaux pays consommateurs de sucre ?
La consommation mondiale est plus dispersée que la production. Les cinq premiers marchés représentent environ 46 % de la consommation, contre 61 % de la production pour les cinq premiers producteurs.
L’Inde constitue le premier marché mondial avec 29,1 millions de tonnes en 2024/25, soit 16,6 % du total. L’Union européenne arrive en deuxième position avec 15,8 millions de tonnes, juste devant la Chine avec 15,4 millions.
Les États-Unis consomment 11,2 millions de tonnes et le Brésil 9 millions. L’Indonésie, le Pakistan et la Russie constituent également des marchés importants, avec des consommations comprises entre 6 et 7 millions de tonnes.
Les situations d’approvisionnement sont très différentes. Le Brésil produit près de cinq fois plus de sucre qu’il n’en consomme et dégage un excédent exportable considérable. La Chine, les États-Unis et l’Indonésie consomment en revanche davantage qu’ils ne produisent et figurent parmi les principaux importateurs mondiaux.
L’Inde occupe une position plus fluctuante. Son niveau de production dépend fortement des conditions climatiques et des politiques publiques, ce qui peut la faire passer d’une situation excédentaire à une situation plus tendue selon les campagnes.
Ces comparaisons doivent rester prudentes : les variations de stocks, les différences de calendrier et les conversions en équivalent sucre brut empêchent de déduire mécaniquement les importations de la seule différence entre production et consommation.
Graphique 10.9 Principaux pays consommateurs de sucre en 2024/25
Quels pays dominent les exportations et les importations de sucre ?
En volume, les exportations mondiales atteignent près de 64,8 millions de tonnes en 2024/25 selon l’USDA. Le marché est extrêmement concentré du côté des exportateurs.
Le Brésil exporte à lui seul 34,9 millions de tonnes, soit 53,8 % du total mondial. La Thaïlande arrive en deuxième position avec 5,7 millions de tonnes, devant l’Inde avec 3,8 millions, l’Australie avec 2,6 millions et l’Union européenne avec 2,1 millions.
Les cinq premiers exportateurs représentent près de 76 % des volumes mondiaux. Le marché dépend donc fortement de la récolte brésilienne et des arbitrages effectués par les industriels brésiliens entre production de sucre et production d’éthanol.
Les profils d’exportation diffèrent également. Le Brésil et l’Australie exportent majoritairement du sucre brut. L’Union européenne, l’Arabie saoudite, le Maroc, l’Ukraine et la Russie exportent surtout du sucre raffiné. La Thaïlande et l’Inde occupent une position intermédiaire.
Graphique 10.10 Principaux exportateurs mondiaux de sucre en volume en 2024/25
Les importations sont beaucoup plus fragmentées. L’Indonésie est le premier importateur avec 4,8 millions de tonnes, devant la Chine avec 4,6 millions et les États-Unis avec 3,1 millions.
L’Inde, les Émirats arabes unis, la Malaisie, l’Arabie saoudite, l’Algérie, le Maroc et le Bangladesh figurent également parmi les principaux acheteurs. Les dix premiers importateurs ne représentent qu’environ 49 % du total mondial.
Cette dispersion reflète la diversité des débouchés : consommation intérieure, alimentation de raffineries, constitution de stocks ou réexportation de sucre transformé.
Graphique 10.11 Principaux importateurs mondiaux de sucre en volume en 2024/25
Que révèle la valeur du commerce mondial du sucre en 2024 ?
Selon UN Comtrade, les exportations déclarées de sucre relevant du code SH 1701 atteignent 37,6 milliards de dollars en 2024. Le Brésil représente à lui seul 18,6 milliards de dollars, soit 49,5 % du total.
La Thaïlande et l’Inde arrivent ensuite avec respectivement 2,4 et 2,2 milliards de dollars. La France occupe la quatrième place avec 1,6 milliard de dollars, devant l’Allemagne avec 1,2 milliard.
Ce classement en valeur ne reflète pas seulement la production agricole. Il met également en évidence le rôle des pays spécialisés dans le raffinage, la transformation et les échanges régionaux. La France, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique occupent ainsi une place plus importante en valeur qu’en production de canne ou de sucre brut.
Graphique 10.12 Principaux exportateurs de sucre en valeur en 2024
Les importations déclarées atteignent environ 34,5 milliards de dollars. L’Indonésie arrive en tête avec 3 milliards de dollars, devant les États-Unis avec 2,7 milliards, la Chine avec 2,4 milliards et l’Inde avec 1,8 milliard.
Le Maroc, la Malaisie, l’Arabie saoudite, l’Italie et l’Algérie figurent également parmi les principaux marchés. La concentration est beaucoup plus faible qu’à l’exportation : les cinq premiers importateurs ne représentent qu’environ un tiers de la valeur mondiale.
L’écart entre la valeur totale des exportations et celle des importations ne constitue pas une anomalie. Les exportations sont généralement déclarées en valeur FOB, tandis que les importations sont souvent enregistrées en valeur CIF, et les calendriers, réexportations et déclarations incomplètes créent également des différences.
Graphique 10.13 Principaux importateurs de sucre en valeur en 2024
Quelle place occupent le sucre brut et le sucre raffiné dans le commerce mondial ?
Le sucre brut représente environ 53,4 % de la valeur des exportations recensées, contre 46,6 % pour le sucre raffiné et les autres sucres du code SH 1701.
Du côté des importations, le sucre brut atteint environ 60,9 % de la valeur totale. Cette proportion plus élevée s’explique par l’importance des pays qui importent du sucre brut pour l’affiner localement avant consommation ou réexportation.
Le Brésil domine très largement les exportations de sucre brut avec 15,9 milliards de dollars, soit près de 80 % de la valeur mondiale recensée pour cette catégorie. Aucun autre pays n’approche ce niveau.
Le commerce du sucre raffiné est beaucoup moins concentré. Le Brésil reste en tête avec 2,7 milliards de dollars, mais il est suivi par l’Inde, la France, la Thaïlande et l’Allemagne. Ces cinq pays représentent environ la moitié des exportations mondiales de sucre raffiné en valeur.
La France se distingue particulièrement : sur ses 1,6 milliard de dollars d’exportations, environ 1,55 milliard correspond au sucre raffiné et aux autres sucres, soit plus de 96 % du total. Sa place dans le commerce mondial repose donc principalement sur la transformation et les échanges intra-européens.
Graphique 10.14 Exportations de sucre brut et raffiné par pays en 2024
Du côté des importations de sucre brut, l’Indonésie arrive en tête, devant la Chine, les États-Unis, l’Inde et le Maroc. Ces pays accueillent d’importantes capacités de raffinage ou doivent compléter une production nationale insuffisante.
Pour le sucre raffiné, l’Italie occupe la première place en valeur, devant les États-Unis, l’Espagne, le Mexique et la Belgique. Le marché est ici beaucoup plus fragmenté et largement alimenté par des échanges régionaux.
Graphique 10.15 Importations de sucre brut et raffiné par pays en 2024
Quels sont les grands flux du commerce mondial du sucre ?
Le graphique ci-dessous confirme le rôle central du Brésil dans l’approvisionnement mondial. Les principaux flux relient le Brésil à l’Indonésie, à l’Inde, à la Chine, aux Émirats arabes unis, à l’Algérie, à l’Égypte et au Maroc.
Les flux Brésil–Indonésie et Brésil–Inde dépassent chacun 1,6 milliard de dollars. Ils sont suivis par les exportations brésiliennes vers la Chine, évaluées à 1,4 milliard de dollars, et vers les Émirats arabes unis, à près de 1,2 milliard.
L’orientation géographique est très diversifiée : le sucre brésilien alimente simultanément l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Amérique du Nord et certains marchés européens. Cette diversification réduit la dépendance du Brésil envers une destination particulière, tout en rendant le marché mondial très sensible à sa production.
La Thaïlande joue un rôle majeur dans les échanges asiatiques, notamment vers l’Indonésie et le Cambodge. L’Inde approvisionne davantage des marchés d’Afrique et du Moyen-Orient, comme la Libye, le Soudan, la Somalie, la Tanzanie ou Djibouti.
Les échanges européens sont principalement des flux de sucre raffiné. L’Allemagne exporte notamment vers l’Italie et la Belgique, tandis que la France approvisionne surtout l’Espagne, la Belgique et l’Italie. Ces trois destinations représentent près de 57 % de la valeur des exportations françaises recensées.
En Amérique du Nord, les échanges entre le Mexique et les États-Unis apparaissent dans les deux sens. Cela traduit la coexistence de flux de sucre brut, de sucre raffiné, de réexportations et de régimes commerciaux spécifiques.
Le graphique retient les 50 premiers flux en valeur, qui représentent environ 60 % de la valeur totale recensée. Il met donc en évidence les grandes routes commerciales sans prétendre représenter tous les échanges de moindre importance.
Graphique 10.16 Principaux flux mondiaux de sucre en valeur en 2024
Ce qu’il faut retenir
La production mondiale de sucre repose de plus en plus sur la canne, qui fournit désormais plus des trois quarts du sucre produit. Le Brésil et l’Inde dominent la production, mais seul le Brésil dispose d’un excédent exportable suffisamment important pour occuper une position véritablement centrale sur le marché mondial.
La betterave conserve néanmoins une place essentielle en Europe, en Russie, aux États-Unis et en Turquie. La France reste à la fois l’un des principaux producteurs mondiaux de betteraves et un acteur important du commerce de sucre raffiné.
Le commerce mondial est beaucoup plus concentré du côté des exportateurs que des importateurs. Le Brésil réalise plus de la moitié des exportations mondiales en volume et près de la moitié de leur valeur. Les importations sont, au contraire, réparties entre de nombreux marchés asiatiques, africains, européens et nord-américains.
Enfin, la géographie du commerce ne se confond pas avec celle de la production agricole. Certains pays produisent et exportent du sucre brut, tandis que d’autres importent, raffinent puis réexportent. Cette distinction explique notamment la place de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Maroc ou de l’Arabie saoudite dans les classements commerciaux.
À propos de l’auteur
Je suis Olivier Frey, docteur en sciences économiques, consultant et économiste spécialisé dans l’agriculture et l’agroalimentaire.
J’accompagne les entreprises, les coopératives agricoles et les organisations professionnelles dans leurs réflexions stratégiques à travers des études économiques et sectorielles, des missions de conseil, des formations et des conférences.
Mes analyses Agridata ont pour objectif de rendre accessibles des données agricoles, économiques et commerciales parfois complexes afin de mieux comprendre les transformations des filières agroalimentaires.
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Pour aller plus loin
Pour approfondir l’analyse des grandes productions agricoles et de leur commerce international, vous pouvez également consulter :
- Panorama de l’agriculture dans l’Union européenne ;
- Production et commercialisation du café dans le monde ;
- Évolution de la production et de la commercialisation du cacao ;
- Évolution de la production et de la commercialisation du riz ;
- Production et consommation de tomates dans le monde ;
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Questions fréquentes sur la production mondiale de sucre
Quel est le premier pays producteur de sucre au monde ?
Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre. Sa production a atteint environ 43,7 millions de tonnes pendant la campagne 2024/25, soit un peu plus de 24 % de la production mondiale.
Quelle quantité de sucre est produite chaque année dans le monde ?
La production mondiale de sucre centrifugé a atteint environ 180,3 millions de tonnes en 2024/25. Elle s’élevait à seulement 53,3 millions de tonnes en 1960/61 et a donc été multipliée par près de 3,4.
Quels sont les principaux pays producteurs de sucre ?
En 2024/25, les principales zones productrices étaient le Brésil, l’Inde, l’Union européenne, la Chine et la Thaïlande. Elles étaient suivies par les États-Unis, la Russie, le Pakistan, le Mexique et l’Australie.
Les cinq premiers producteurs représentaient environ 61 % de la production mondiale.
Quelle est la différence entre la production de canne à sucre et la production de sucre ?
La production de canne à sucre correspond au poids de la plante récoltée. La production de sucre désigne la quantité de sucre obtenue après extraction et transformation.
En 2024, près de 1,93 milliard de tonnes de canne à sucre ont été récoltées dans le monde. Elles ont permis de produire une quantité de sucre très inférieure, car seule une partie du poids de la canne est transformée en sucre.
Les mêmes précautions s’appliquent à la betterave sucrière : les tonnes de betteraves récoltées ne doivent pas être additionnées aux tonnes de sucre produit.
Quelle part du sucre mondial provient de la canne à sucre ?
Le sucre de canne représente environ 77 % de la production mondiale de sucre en 2024/25, contre 56 % au début des années 1960. Le sucre de betterave fournit les 23 % restants.
Cette évolution montre que la croissance du marché mondial a été principalement portée par les grands pays producteurs de canne, notamment le Brésil, l’Inde, la Chine et la Thaïlande.
Quels pays produisent le plus de canne à sucre ?
Le Brésil est le premier producteur mondial de canne à sucre avec environ 760 millions de tonnes en 2024. Il devance l’Inde avec 453 millions de tonnes, puis la Chine, le Pakistan et la Thaïlande.
Le Brésil et l’Inde concentrent ensemble près de 63 % de la production mondiale de canne à sucre.
Quels pays produisent le plus de betteraves sucrières ?
En 2024, les principaux producteurs de betteraves sucrières étaient la Russie, l’Allemagne, la France et les États-Unis. Ils étaient suivis par la Turquie, la Pologne, l’Égypte, l’Ukraine et la Chine.
L’Europe représente encore environ les deux tiers de la production mondiale de betteraves sucrières.
Quels sont les principaux producteurs de sucre dans l’Union européenne ?
Selon les estimations de la Commission européenne, l’Union européenne a produit environ 16,6 millions de tonnes de sucre en 2024/25.
L’Allemagne arrive en tête avec environ 4,7 millions de tonnes, devant la France avec 4,5 millions et la Pologne avec 2,6 millions. Ces trois pays concentrent plus de 71 % de la production européenne.
Quel pays consomme le plus de sucre ?
L’Inde est le premier marché mondial avec une consommation intérieure d’environ 29,1 millions de tonnes en 2024/25. Elle devance l’Union européenne, la Chine, les États-Unis et le Brésil.
Ces chiffres correspondent à la consommation intérieure totale et non à la consommation par habitant.
L’Inde est le premier marché mondial avec une consommation intérieure d’environ 29,1 millions de tonnes en 2024/25. Elle devance l’Union européenne, la Chine, les États-Unis et le Brésil.
Ces chiffres correspondent à la consommation intérieure totale et non à la consommation par habitant.
Quel est le premier exportateur mondial de sucre ?
Le Brésil est de très loin le premier exportateur mondial. Ses exportations ont atteint environ 34,9 millions de tonnes en 2024/25, soit près de 54 % des volumes mondiaux recensés par l’USDA.
Il devance la Thaïlande, l’Inde, l’Australie et l’Union européenne.
Quel est le premier importateur mondial de sucre ?
En volume, l’Indonésie est le premier importateur mondial avec environ 4,8 millions de tonnes en 2024/25, devant la Chine et les États-Unis.
En valeur, les importations indonésiennes recensées par UN Comtrade ont atteint environ 3 milliards de dollars en 2024.
Quelle est la différence entre le sucre brut et le sucre raffiné ?
Le sucre brut est obtenu après la première extraction et conserve encore des impuretés et une partie de la mélasse. Il doit généralement être raffiné avant d’être utilisé dans de nombreux produits alimentaires.
Le sucre raffiné a subi des opérations supplémentaires de purification et de cristallisation. Il peut être directement destiné aux consommateurs ou aux industries agroalimentaires.
Quels pays exportent le plus de sucre raffiné ?
Le commerce du sucre raffiné est moins concentré que celui du sucre brut. En 2024, les principaux exportateurs en valeur étaient le Brésil, l’Inde, la France, la Thaïlande et l’Allemagne.
La France a exporté environ 1,55 milliard de dollars de sucre raffiné et d’autres sucres solides, soit plus de 96 % de la valeur totale de ses exportations relevant du code SH 1701.
Pourquoi les valeurs mondiales des exportations et des importations sont-elles différentes ?
Les exportations sont généralement déclarées en valeur FOB, c’est-à-dire au départ du pays exportateur. Les importations sont souvent enregistrées en valeur CIF, qui inclut le coût du transport et de l’assurance jusqu’au pays importateur.
Des différences de calendrier, de déclaration, de couverture statistique et de traitement des réexportations peuvent également expliquer les écarts entre les deux totaux.

AgriData N°9 Evolution de la production et de la commercialisation de l’abricot
Cette semaine je vous propose quelques graphiques et cartes sur un fruit typique de l’été : l’abricot.
Vous découvrirez ainsi quels sont les principaux pays producteurs et exportateurs d’abricot. Nous ferons également un focus sur la France, avec des données sur la production par département, les exportations et les importations.
NDLR : les cartes et les graphiques sont interactifs et il est donc par exemple possible de cliquer sur les pays et d’effectuer des recherches pays par pays, d’isoler un produit en particulier ou encore de choisir une année bien précise pour les graphiques
Graphique 9.1 Evolution de la production mondiale d’abricots entre 1961 et 2018 (en tonnes)
La production mondiale d’abricot est passée de 1,3 millions de tonnes en 1961 à 3,8 millions de tonnes en 2018 (soit 2,9 fois plus). Elle a connu un pic en 2016 avec une production de 4,9 millions de tonnes.
Graphique 9.2 Evolution des surfaces consacrées à la production d’abricots dans le monde entre 1961 et 2018 (en hectares)
Les surfaces consacrées à la culture d’abricots dans le monde ont régulièrement augmenté et sont passées de 213 367 hectares en 1961 à 548 730 hectares en 2018 (soit 2,57 fois plus).
Les rendements au niveau mondial sont passés de 6,18 tonnes par hectare en 1961 à 7 tonnes par hectare en 2018.
Graphique 9.3 Evolution de la production des 20 principaux pays producteurs d’abricots entre 1961 et 2018.
Les pays leaders de la production d’abricots se sont succédés au fil des décennies.
Si les Etats-Unis étaient les premiers producteurs d’abricots au monde en 1961 devant la Hongrie et la Turquie, l’URSS est devenue le premier producteur mondial en 1967 mais a laissé provisoirement le leadership mondial à l’Espagne en 1968 pour le reprendre l’année suivante et ce jusqu’en 1978. Depuis 1982, la Turquie est le pays qui a été le plus souvent leader. L’URSS a été leader en 1978, l’Iran en 1996 et 2006 et l’Ouzbékistan en 2014 et 2016.
Carte 9.4 La production d’abricots par pays en 2018 (en tonnes)
L’abricot était cultivé dans 59 pays en 2018.
La France était le 8è pays producteur d’abricot au monde en 2018.
Graphique 9.5 Les échanges d’abricots dans le monde en 2017 (en tonnes)
L’Espagne est le premier exportateur d’abricots au monde avec 89 316 tonnes exportées, devant la Turquie (63 531 tonnes) et la France (56 409 tonnes).
Le premier importateur mondial est l’Allemagne avec 78 296 tonnes devant la Russie (48 042 tonnes) et l’Irak (32 800 tonnes).
En 2017, la France a importé près de 15 000 tonnes d’abricots depuis l’Espagne.
Graphique 9.6 Evolution de la production d’abricots en France par département entre 2000 et 2019 (en tonnes)
Carte 9.7 Les principaux départements producteurs d’abricots en France en 2019 (en tonnes)
La Drôme est le premier département producteur d’abricots avec 50900 tonnes en 2019, devant le Gard (29000 tonnes) et les Bouches-du-Rhône (16977 tonnes).
Graphique 9.8 Evolution des exportations françaises d’abricot entre 1999 et 2019 (en volume et en valeur) (en tonnes et en millions d’euros)
Les exportations françaises d’abricots sont aléatoires et évoluent entre 20000 et 65000 tonnes par an. Elles ont par contre chuté à la fois en volume et en valeur depuis 2014 pour atteindre un plus bas en 2019 à 21768 tonnes et 33,1 millions d’euros.
Graphique 9.9 Evolution des importations françaises d’abricot entre 1999 et 2019 (en volume et en valeur) (en tonnes et en millions d’euros)
Après avoir diminué au début des années 2000, jusqu’à atteindre un plus bas en 2004 à 7715 tonnes et 10,3 millions d’euros, les importations françaises d’abricot ont augmenté et ont atteint un pic en 2018 avec 22660 tonnes. Si les importations ont augmenté en volume, c’est surtout en valeur que l’augmentation est significative à partir de 2011. En 2013, les importations françaises d’abricots représentaient un montant de 33,9 millions d’euros.
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