
Article initialement publié en octobre 2020 et entièrement mis à jour en 2026 à partir des dernières données disponibles de FAOSTAT, de l’Organisation internationale du café, d’UN Comtrade et de la Banque mondiale.
Comment mesurer la production et le marché mondial du café ?
Les statistiques sur le café peuvent désigner des réalités différentes : les cerises récoltées, les grains de café vert, le café torréfié, le café soluble ou encore la boisson consommée. Il est donc indispensable de préciser le produit, l’unité et la période utilisés avant de comparer les chiffres.
La production de café vert en tonnes
Les données de FAOSTAT portent sur le café vert, c’est-à-dire les grains obtenus après le traitement des cerises et avant leur torréfaction. Elles regroupent les différentes espèces cultivées, principalement l’arabica et le robusta.
La production est exprimée en tonnes. Cet indicateur permet de suivre son évolution depuis 1961 et de comparer les volumes obtenus par les différents pays et continents.
Il ne faut pas confondre cette production agricole avec la production de café torréfié ou de café soluble. Ces derniers sont des produits transformés fabriqués à partir du café vert. Ils sont déjà issus de la récolte initiale et ne doivent donc pas être ajoutés aux volumes agricoles.
Production, consommation et commerce mesurent des réalités différentes
La production mesure la quantité de café vert obtenue dans les pays producteurs. La consommation estime les quantités utilisées sur les marchés intérieurs, tandis que les statistiques commerciales recensent les marchandises franchissant les frontières.
Les échanges internationaux doivent eux-mêmes être répartis entre plusieurs catégories :
- le café vert non torréfié ;
- le café torréfié ;
- le café décaféiné ;
- les extraits, essences et concentrés utilisés notamment pour fabriquer du café soluble.
Un pays peut importer du café vert, le torréfier, puis en réexporter une partie. C’est notamment le cas de plusieurs pays européens. Les exportations ne correspondent donc pas nécessairement à une production agricole nationale.
Les volumes produits, consommés, importés et exportés ne doivent pas être additionnés : ils décrivent différentes étapes d’une même filière.
Quelles différences entre l’arabica et le robusta ?
L’arabica et le robusta représentent l’essentiel de la production mondiale de café. Ils proviennent de deux espèces différentes et se distinguent par leurs conditions de culture, leurs caractéristiques gustatives, leur teneur en caféine et leurs principaux débouchés.
L’arabica, un café généralement cultivé en altitude
L’arabica provient principalement de l’espèce Coffea arabica. Il est généralement cultivé en altitude, dans des régions où les températures sont relativement modérées.
Ses grains sont recherchés pour la diversité de leurs arômes, leur finesse et leur acidité. L’arabica contient généralement moins de caféine que le robusta et occupe une place importante sur les marchés des cafés de spécialité.
Cette espèce est cependant plus sensible aux températures élevées, aux maladies et aux variations climatiques. Sa culture nécessite des conditions environnementales particulières.
Le Brésil est le premier producteur mondial d’arabica. La Colombie, l’Éthiopie, le Honduras, le Pérou et plusieurs pays d’Amérique centrale figurent également parmi ses principaux producteurs.
Le robusta, mieux adapté aux climats chauds et humides
Le robusta correspond principalement à l’espèce Coffea canephora. Il peut être cultivé à plus basse altitude et supporte généralement mieux les températures élevées et certaines maladies.
Il contient davantage de caféine que l’arabica. Son goût est souvent décrit comme plus puissant, plus amer et plus corsé. Il est largement utilisé dans les mélanges pour espresso, auxquels il apporte du corps et de la crème, ainsi que dans la fabrication du café soluble.
Le Vietnam est le principal producteur mondial de robusta. Le Brésil, l’Indonésie et l’Ouganda en produisent également des volumes importants.
Plusieurs pays produisent les deux types de café
La distinction géographique entre arabica et robusta n’est pas absolue. Plusieurs grands pays producteurs cultivent les deux espèces.
Le Brésil est à la fois le premier producteur d’arabica et un producteur important de robusta, souvent appelé conilon dans le pays. L’Indonésie produit majoritairement du robusta, mais dispose également de régions spécialisées dans l’arabica. Le Vietnam cultive surtout du robusta, tout en produisant une quantité plus limitée d’arabica.
L’Inde, l’Ouganda et plusieurs pays africains associent également les deux productions. La répartition entre arabica et robusta peut évoluer d’une campagne à l’autre en fonction des prix, des conditions météorologiques, des plantations et des stratégies des producteurs.
Une carte mondiale doit donc éviter de classer systématiquement chaque pays dans une seule catégorie. Il est préférable de distinguer :
- les pays où l’arabica est dominant ;
- les pays où le robusta est dominant ;
- les pays disposant d’une production significative des deux types.
Graphique 12.1 Où produit-on principalement de l’arabica et du robusta dans le monde ?
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
L’arabica et le robusta répondent à des marchés différents et leurs prix peuvent évoluer de manière distincte. Leur répartition influence donc la valeur des exportations, les stratégies des torréfacteurs et l’exposition des pays producteurs aux fluctuations du marché.
Cette distinction est également importante face au changement climatique. L’arabica est particulièrement dépendant de conditions de température et d’altitude relativement précises, tandis que le robusta présente généralement une meilleure tolérance à la chaleur. Les deux espèces restent néanmoins exposées aux sécheresses, aux pluies excessives, aux maladies et à la dégradation des conditions de culture.
Comment la production mondiale de café a-t-elle évolué depuis 1961 ?
La production mondiale de café vert a fortement progressé au cours des six dernières décennies. Selon FAOSTAT, elle est passée de 4,53 millions de tonnes en 1961 à 11,28 millions de tonnes en 2024. Elle a donc été multipliée par près de 2,5, ce qui représente une hausse de 149 %.
Cette évolution n’a cependant pas été régulière. La production de café reste marquée par d’importantes fluctuations annuelles, liées notamment aux conditions climatiques, aux cycles de production des caféiers, aux maladies et aux variations de prix. Le point bas de la série est observé en 1976, avec environ 3,52 millions de tonnes. À partir des années 1990, la production mondiale franchit progressivement de nouveaux paliers, jusqu’au niveau record enregistré en 2024 dans cette série.
Graphique 12.2 Évolution de la production mondiale de café par continent entre 1961 et 2024 (en tonnes)
Une géographie de la production profondément transformée
Les Amériques demeurent la première région productrice, mais leur poids relatif a nettement diminué. Elles représentaient 76,2 % de la production mondiale en 1961, contre 50,6 % en 2024. Leur production a néanmoins progressé de 3,45 à 5,71 millions de tonnes.
La transformation la plus spectaculaire concerne l’Asie. Sa production est passée d’environ 201 000 tonnes en 1961 à 3,61 millions de tonnes en 2024. Sa part mondiale a ainsi bondi de 4,4 % à 32 %, sous l’effet notamment du développement de la production au Vietnam et en Indonésie.
La production africaine a plus que doublé, passant de 871 000 tonnes à 1,91 million de tonnes. Son poids relatif a légèrement reculé, de 19,2 % à 16,9 %, mais le continent connaît un redressement important depuis le début des années 2010, porté notamment par l’Éthiopie et l’Ouganda.
L’Océanie demeure un bassin secondaire, avec environ 50 000 tonnes en 2024, soit moins de 0,5 % de la production mondiale. La production européenne est marginale.
Quels sont les principaux pays producteurs de café ?
La croissance de la production mondiale s’est accompagnée d’une profonde recomposition du classement des pays producteurs. Certains producteurs historiques ont conservé une place importante, tandis que de nouveaux acteurs, notamment asiatiques, se sont imposés.
Graphique 12.3 Évolution des 20 premiers pays producteurs de café entre 1961 et 2024
Le Brésil conserve sa première place
Le Brésil demeure de très loin le premier producteur mondial. Sa production atteint 3,39 millions de tonnes en 2024, contre 2,23 millions en 1961. Il représente environ 30 % de la production mondiale.
Son poids relatif a néanmoins diminué : le Brésil assurait à lui seul près de la moitié de la production mondiale en 1961. Sa production reste également soumise à de fortes variations annuelles. Elle avait atteint un maximum de 3,71 millions de tonnes en 2020.
L’essor spectaculaire du Vietnam
Le changement le plus remarquable est l’ascension du Vietnam. Le pays ne produisait que 4 100 tonnes de café en 1961 et encore seulement 92 000 tonnes en 1990. Sa production atteint désormais 2,02 millions de tonnes, soit 17,9 % du total mondial.
Le Vietnam est ainsi devenu le deuxième producteur mondial. À eux seuls, le Brésil et le Vietnam représentent près de 48 % de la production mondiale de café.
Un groupe de producteurs importants derrière les deux leaders
La Colombie occupe la troisième place avec environ 840 000 tonnes en 2024. Sa production reste toutefois inférieure au record de 1,1 million de tonnes atteint en 1992.
L’Indonésie, quatrième producteur mondial, affiche une progression plus régulière : sa production est passée de 103 000 tonnes en 1961 à près de 808 000 tonnes en 2024.
L’Éthiopie arrive au cinquième rang mondial et au premier rang africain, avec environ 576 000 tonnes. Elle devance l’Ouganda, dont la production atteint 402 000 tonnes. L’Inde et le Pérou dépassent également 350 000 tonnes.
Des trajectoires très différentes selon les pays
En Amérique centrale, le Honduras s’est affirmé comme un producteur majeur : sa production est passée de 21 000 tonnes en 1961 à environ 324 000 tonnes en 2024. Le Guatemala reste important, tandis que le Mexique produit aujourd’hui nettement moins que lors de son sommet de 1990.
En Afrique, les évolutions sont également contrastées. L’Éthiopie et l’Ouganda renforcent leur place, alors que d’anciens grands producteurs comme la Côte d’Ivoire ou l’Angola ont fortement reculé sur longue période.
La production mondiale apparaît enfin relativement concentrée : les cinq premiers producteurs assurent environ 67,6 % du total mondial, et les dix premiers près de 83,3 %.
Comment la répartition de la production mondiale de café s’est-elle transformée ?
La production mondiale de café reste concentrée dans un nombre limité de pays, mais sa répartition géographique s’est profondément transformée depuis 1961. La domination du Brésil s’est atténuée, tandis que l’Asie a pris une place croissante sous l’effet de l’essor du Vietnam et de l’Indonésie.
Une production largement dominée par le Brésil en 1961
En 1961, le Brésil produit environ 2,23 millions de tonnes de café vert, soit 49,2 % de la production mondiale. À lui seul, le pays représente donc presque autant que tous les autres producteurs réunis.
La Colombie occupe la deuxième place avec 9,9 % du total mondial. Elle devance la Côte d’Ivoire, qui représente environ 4,1 %, et l’Angola, avec 3,7 %.
L’Éthiopie, le Mexique, le Salvador, l’Indonésie, le Guatemala et l’Ouganda complètent alors le groupe des dix premiers producteurs. Plusieurs pays africains occupent donc une place importante dans l’économie mondiale du café.
Graphique 12.4 Répartition de la production mondiale de café par pays en 1961]
En 2024, le Brésil reste premier mais son poids a diminué
En 2024, le Brésil conserve sa première place avec 3,39 millions de tonnes, mais sa part mondiale est revenue à environ 30 %. Cette diminution relative ne traduit pas un recul de sa production sur longue période : elle résulte surtout de la croissance beaucoup plus rapide de nouveaux pays producteurs.
Le principal changement est l’apparition du Vietnam au deuxième rang mondial. Avec 2,02 millions de tonnes, le pays représente désormais 17,9 % de la production mondiale. Le Brésil et le Vietnam assurent ensemble près de 48 % de la production mondiale de café.
La Colombie et l’Indonésie occupent les troisième et quatrième places, avec respectivement 7,4 % et 7,2 % du total mondial. L’Éthiopie arrive en cinquième position avec 5,1 %.
Derrière ces cinq grands producteurs figurent notamment l’Ouganda, l’Inde, le Pérou et le Honduras. La production reste donc concentrée : les cinq premiers pays représentent environ 67,6 % du total mondial, et les dix premiers un peu plus de 83 %.
Graphique 12.5 Répartition de la production mondiale de café par pays en 2024
Le centre de gravité de la production se déplace vers l’Asie
,La comparaison entre 1961 et 2024 fait apparaître trois évolutions majeures.
Premièrement, la production mondiale dépend moins exclusivement du Brésil, même si celui-ci demeure le premier producteur. Sa part a reculé de 49,2 % à 30,4 %.
Deuxièmement, l’Asie est devenue un bassin majeur de production. Le Vietnam et l’Indonésie représentent ensemble environ 25 % de la production mondiale en 2024, contre seulement 2,4 % en 1961.
Troisièmement, la hiérarchie s’est renouvelée. Des producteurs historiques comme l’Angola et la Côte d’Ivoire ont perdu une grande partie de leur poids, tandis que le Vietnam, l’Indonésie, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Pérou et le Honduras ont renforcé leur position.
La production mondiale de café reste ainsi très concentrée, mais elle est aujourd’hui répartie entre plusieurs grands bassins de production en Amérique latine, en Asie et en Afrique.
Quels sont les principaux marchés consommateurs de café?
La consommation mondiale de café peut être étudiée à partir des bilans du département américain de l’Agriculture, l’USDA. Celui-ci exprime les volumes en milliers de sacs de 60 kilogrammes et convertit les différentes formes de café en équivalent café vert.
D’après l’USDA, la consommation mondiale atteindrait 171,8 millions de sacs de 60 kg au cours de la campagne 2024/25, soit environ 10,3 millions de tonnes en équivalent café vert. Elle progresserait ainsi de près de 5 % par rapport à la campagne précédente. Ces résultats portent sur des campagnes commerciales et peuvent encore être révisés.
Selon l’USDA, la consommation mondiale de café est passée de 114,4 millions de sacs de 60 kg en 2002/03 à 171,8 millions en 2024/25. Elle a ainsi progressé d’environ 50 % en vingt-deux ans, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne proche de 1,9 %.
Exprimée en équivalent café vert, cette consommation représente environ 6,86 millions de tonnes en 2002/03, contre 10,31 millions de tonnes en 2024/25.
L’analyse commence volontairement en 2002/03. Les données USDA antérieures ne couvrent pas l’ensemble des grands marchés importateurs : la série passe brutalement de 27,6 millions de sacs en 2001/02 à 114,4 millions en 2002/03. Cette rupture correspond à un élargissement du champ statistique et non à une multiplication réelle de la consommation mondiale.
L’Union européenne, les États-Unis et le Brésil dominent la consommation mondiale
Considérée comme un seul marché, l’Union européenne est le premier ensemble consommateur de café. Sa consommation atteindrait 41,2 millions de sacs en 2024/25, soit environ 2,47 millions de tonnes et 24 % du total mondial.
Elle devance les États-Unis, avec 26,1 millions de sacs, et le Brésil, avec près de 22 millions de sacs. Ces trois marchés concentrent à eux seuls environ 52 % de la consommation mondiale de café.
Le Brésil occupe une position particulière puisqu’il est à la fois le premier producteur mondial, le premier exportateur et l’un des principaux consommateurs. Une part importante de sa récolte alimente donc son marché intérieur.
Derrière ces trois poids lourds viennent plusieurs marchés asiatiques. Le Japon consommerait environ 6,5 millions de sacs, devant les Philippines avec 6,2 millions et la Chine avec 5,9 millions. L’Indonésie et le Vietnam, également grands producteurs, développent progressivement leur propre marché intérieur.
Les estimations de l’USDA mettent notamment en évidence la progression de la consommation au Vietnam et en Chine. À l’inverse, la consommation japonaise, bien que toujours importante, apparaît plus mature.
Graphique 12.6 Principaux marchés consommateurs de café en 2024/25 (en milliers de sacs de 60 kg)
La consommation de café varie fortement entre les pays européens
Les données du European Coffee Report 2024-2025 permettent d’observer plus précisément les différences entre les 27 pays de l’Union européenne. Elles mesurent les volumes de produits de café vendus en 2024, en réunissant le café en grains, le café moulu, les dosettes et le café soluble.
Selon cette méthodologie, environ 1,74 million de tonnes de produits de café ont été vendues dans l’Union européenne en 2024, pour une valeur estimée à 27,8 milliards d’euros. Cela correspond à une moyenne de 3,87 kg de produits de café par habitant.
Les marchés les plus importants en volume sont logiquement les pays les plus peuplés. L’Allemagne arrive nettement en tête avec 457 600 tonnes, soit plus du quart des volumes européens. Elle devance la France avec 221 900 tonnes, l’Italie avec 188 100 tonnes, l’Espagne avec 150 900 tonnes et la Pologne avec 108 600 tonnes. Ces cinq pays représentent près de 65 % du marché européen.
La hiérarchie change lorsque les volumes sont rapportés à la population. La Suède arrive alors en tête avec environ 8 kg par habitant, devant la Finlande avec 7,69 kg et la Slovénie avec 7,11 kg. La Croatie, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et les Pays-Bas dépassent également 5 kg par habitant.
Avec 3,24 kg par habitant, la France se situe en dessous de la moyenne européenne calculée à partir de ces données. Elle demeure néanmoins le deuxième marché de l’Union européenne en volume total en raison de la taille de sa population.
Les volumes par habitant les plus faibles sont observés en Irlande, en Tchéquie, en Roumanie, en Slovaquie et en Hongrie. Ces écarts traduisent des habitudes de consommation différentes, mais peuvent également être influencés par la place du café soluble, le poids de la restauration et les méthodes de mesure du marché.
Graphique 12.7 Volume de produits de café vendu par habitant dans les pays de l’Union européenne en 2024 (en kg)
La place de la consommation hors domicile diffère selon les pays
À l’échelle de l’Union européenne, environ 79 % des volumes sont écoulés dans le commerce de détail, principalement pour une consommation à domicile. La restauration, les cafés et les autres formes de consommation hors domicile représentent les 21 % restants.
Cette répartition varie fortement selon les pays. La restauration représente environ 51 % des volumes en Grèce, 47 % au Portugal, 42 % en Croatie et 39 % en Espagne. Le poids du tourisme, la densité des cafés et les habitudes sociales contribuent vraisemblablement à cette importance de la consommation hors domicile.
À l’inverse, le commerce de détail domine très largement en Slovaquie, en Tchéquie, en Allemagne et en Pologne. En France, environ 84 % des volumes passent par le commerce de détail, contre 16 % par la restauration.
Ces résultats rappellent que la taille d’un marché ne dépend pas uniquement du nombre de consommateurs. Les habitudes de préparation, la fréquence de consommation, la place du café soluble ou des dosettes et l’importance du secteur de la restauration modifient également la structure de la demande.
Deux sources qui ne mesurent pas exactement la même chose
Les résultats de l’USDA et ceux de l’European Coffee Report ne doivent pas être comparés directement.
L’USDA exprime la consommation en équivalent café vert et raisonne par campagne commerciale. Le rapport européen mesure, pour l’année civile 2024, la masse des différents produits de café vendus. Or un kilogramme de café soluble ne correspond pas à un kilogramme de café vert utilisé pour le fabriquer.
Les données de l’USDA sont donc adaptées à la comparaison des grands marchés mondiaux, tandis que celles du rapport européen permettent de comparer la taille et la structure des marchés nationaux au sein de l’Union européenne.
Quels sont les principaux exportateurs et importateurs de café vert ?
Le commerce international du café vert met en relation un nombre relativement limité de grands pays producteurs avec des marchés de consommation et de transformation beaucoup plus dispersés. En 2024, les importations mondiales déclarées représentent environ 7,15 millions de tonnes, pour une valeur de 32,4 milliards de dollars.
Ces données regroupent le café non torréfié, qu’il soit décaféiné ou non. Le café vert décaféiné ne représente toutefois qu’environ 2,5 % des volumes et 3,1 % de la valeur des échanges.
Le Brésil, le Vietnam et la Colombie dominent les exportations
Le Brésil occupe une position très largement dominante. Les importations déclarées en provenance du pays atteignent environ 2,51 millions de tonnes, soit 35,1 % du commerce mondial de café vert en volume. Leur valeur s’élève à 10,6 milliards de dollars, ce qui représente près du tiers de la valeur totale.
Le Vietnam arrive en deuxième position avec 1,13 million de tonnes, soit 15,9 % des volumes mondiaux, pour une valeur de 4,28 milliards de dollars. Sa part en valeur, 13,2 %, est inférieure à sa part en volume. Cet écart s’explique notamment par la place importante du robusta dans les exportations vietnamiennes, généralement moins valorisé que l’arabica.
La Colombie complète le trio de tête avec environ 666 000 tonnes, soit 9,3 % des volumes, mais 11 % de la valeur mondiale. La valeur moyenne de ses exportations est ainsi sensiblement supérieure à celle du Brésil et du Vietnam, ce qui reflète notamment son positionnement sur les cafés arabicas.
À eux seuls, ces trois pays concentrent un peu plus de 60 % des volumes mondiaux de café vert échangés.
L’Ouganda occupe la quatrième place en volume avec environ 301 000 tonnes, devant l’Éthiopie et le Honduras, qui exportent chacun près de 287 000 tonnes. L’Éthiopie se distingue néanmoins davantage en valeur : avec environ 1,48 milliard de dollars, elle se situe devant l’Ouganda, ce qui traduit une valorisation moyenne plus élevée de ses cafés.
Le Pérou, l’Indonésie, l’Inde et le Guatemala complètent les dix premières origines. Ensemble, les dix premiers pays représentent près de 85 % des volumes mondiaux.
Graphique 12.8 Principaux pays d’origine du café vert importé dans le monde en 2024
L’Allemagne et la Belgique apparaissent également parmi les principaux pays fournisseurs, alors qu’elles ne produisent pas de café. Leur présence résulte des activités de négoce, de transformation et de réexportation. L’Allemagne occupe notamment une place majeure dans la décaféination du café vert.
Les écarts entre les classements en volume et en valeur doivent être interprétés avec prudence. Ils peuvent refléter les variétés commercialisées, la qualité des cafés, la proportion de café décaféiné, les certifications, les conditions contractuelles ou encore le moment auquel les transactions ont été enregistrées.
Les États-Unis et l’Europe concentrent les importations
Les États-Unis sont le premier importateur mondial de café vert en 2024, avec environ 1,35 million de tonnes, représentant 18,9 % des importations mondiales. La valeur correspondante atteint 6,77 milliards de dollars, soit près de 21 % du total mondial.
L’Allemagne arrive en deuxième position avec 1,12 million de tonnes et 4,58 milliards de dollars. Elle constitue à la fois un grand marché de consommation, un centre de torréfaction et une importante plateforme de transformation et de réexportation.
L’Italie occupe la troisième place avec environ 656 000 tonnes, devant le Japon, qui en importe 360 000 tonnes, et l’Espagne, avec 340 000 tonnes. Ces cinq pays concentrent ensemble environ 53,5 % des importations mondiales de café vert en volume.
La France est le sixième importateur mondial en volume, avec environ 229 000 tonnes, pour une valeur légèrement supérieure à 1,07 milliard de dollars. Elle représente ainsi 3,2 % des volumes et 3,3 % de la valeur des importations mondiales.
Graphique 12.9 Principaux pays importateurs de café vert en 2024
Le Canada, la Suisse, la Chine, la Corée du Sud, les Pays-Bas et le Royaume-Uni figurent également parmi les principaux marchés. La Suisse se distingue par une valeur moyenne d’importation relativement élevée : elle n’occupe que la huitième place en volume, mais la sixième en valeur.
La forte présence de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la France, des Pays-Bas et de la Belgique confirme le rôle central de l’Europe dans le commerce mondial du café. Ces importations ne correspondent toutefois pas uniquement à la consommation intérieure : une partie du café est torréfiée, décaféinée, transformée ou réexportée vers d’autres marchés.
Une chaîne de valeur très internationalisée
La géographie du commerce du café vert reste donc fortement asymétrique. La production exportable est concentrée en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et en Afrique, tandis que les principaux débouchés se trouvent en Amérique du Nord, en Europe et en Asie orientale.
Les volumes échangés ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la valeur captée par chaque pays. Une part importante de la valeur finale du café est créée après l’importation, lors de la décaféination, de la torréfaction, de l’assemblage, du conditionnement et de la commercialisation.
Source : UN Comtrade, données 2024, codes SH 090111 et 090112. Les exportations par origine sont reconstituées à partir des importations déclarées par les pays partenaires. Les volumes correspondent au poids net et les valeurs sont exprimées en dollars courants. Calculs et mise en forme : Olivier Frey.
Quels pays dominent le commerce du café torréfié ?
La géographie du commerce du café torréfié est très différente de celle du café vert. Alors que les exportations de café vert sont dominées par les grands pays producteurs, celles de café torréfié sont principalement assurées par des pays consommateurs disposant d’une industrie de transformation, de marques reconnues et de réseaux internationaux de distribution.
En 2024, les exportations déclarées de café torréfié atteignent environ 1,36 million de tonnes, pour une valeur proche de 16 milliards de dollars. Ces données regroupent le café torréfié décaféiné et non décaféiné. Le décaféiné représente seulement environ 4 % des volumes, mais près de 5 % de la valeur.
L’Italie et l’Allemagne dominent les volumes exportés
L’Italie est le premier exportateur mondial de café torréfié en volume. Ses exportations atteignent environ 292 000 tonnes en 2024, soit 21,4 % des volumes déclarés, pour une valeur de 2,75 milliards de dollars.
L’Allemagne arrive en deuxième position avec près de 259 000 tonnes, représentant 19 % des volumes mondiaux, et une valeur de 2,12 milliards de dollars. À elles seules, l’Italie et l’Allemagne assurent ainsi plus de 40 % des exportations mondiales de café torréfié en volume.
La Suisse occupe une position particulière. Avec environ 111 000 tonnes, elle n’est que le troisième exportateur en volume, mais elle arrive très largement en tête en valeur avec 3,87 milliards de dollars, soit plus de 24 % de la valeur mondiale déclarée.
La valeur moyenne des exportations suisses atteint près de 35 dollars par kilogramme, contre environ 9,40 dollars pour l’Italie et 8,20 dollars pour l’Allemagne. Cet écart peut notamment refléter la place des cafés portionnés, des capsules, des produits conditionnés et des marques positionnées sur des segments à forte valeur ajoutée.
Les Pays-Bas occupent la quatrième place avec environ 91 000 tonnes, devant les États-Unis, la Pologne, le Canada et la France.
La France exporte approximativement 58 000 tonnes de café torréfié. Elle ne se situe qu’au huitième rang en volume, mais atteint la quatrième place mondiale en valeur, avec environ 1,32 milliard de dollars. Comme pour la Suisse, cette différence suggère une forte présence de produits conditionnés ou positionnés sur des segments relativement valorisés.
Graphique 12.10 Principaux pays exportateurs de café torréfié en 2024
La France et les États-Unis sont les premiers importateurs
Les importations mondiales déclarées représentent environ 1,33 million de tonnes de café torréfié, pour une valeur de 15,54 milliards de dollars.
La France est le premier importateur mondial, aussi bien en volume qu’en valeur. Elle importe environ 152 000 tonnes, soit 11,4 % des volumes mondiaux, pour une valeur de 2,34 milliards de dollars, représentant un peu plus de 15 % de la valeur totale.
Les États-Unis arrivent en deuxième position avec près de 128 000 tonnes et une valeur de 2,22 milliards de dollars. La valeur moyenne de leurs importations, supérieure à 17 dollars par kilogramme, témoigne également de la place importante des cafés conditionnés et des produits à forte valeur ajoutée.
L’Allemagne occupe le troisième rang en volume avec environ 90 000 tonnes, devant la Pologne, les Pays-Bas, le Canada et le Royaume-Uni.
La place de la France s’explique notamment par l’importance de ses achats en provenance de Suisse. En 2024, les importations françaises de café torréfié d’origine suisse atteignent environ 37 000 tonnes, pour une valeur supérieure à 1,2 milliard de dollars. La Suisse représente ainsi près du quart des volumes, mais plus de la moitié de la valeur des importations françaises de café torréfié.
Graphique 12.11 Principaux pays importateurs de café torréfié en 2024
L’Europe capte une part importante de la valeur ajoutée
Le commerce du café torréfié illustre le déplacement de la valeur au sein de la filière. Le Brésil, le Vietnam ou la Colombie dominent la production et les exportations de café vert, mais ils occupent une place beaucoup plus limitée dans les échanges de produits torréfiés.
À l’inverse, l’Italie, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, la France, la Pologne et la Belgique figurent parmi les principaux exportateurs alors qu’ils ne produisent pratiquement pas de café. Leur position repose sur l’importation de café vert, sa transformation, son assemblage, son conditionnement et sa commercialisation.
La torréfaction ne constitue d’ailleurs qu’une partie de la valeur ajoutée. Le format de vente, les capsules, le conditionnement, la marque et les réseaux de distribution expliquent également les écarts considérables de valeur moyenne observés entre les pays.
Les valeurs douanières moyennes ne doivent donc pas être assimilées à des prix de détail ou à des différences de qualité du café. Elles reflètent une combinaison de produits, de formats, de marques, de contrats commerciaux et de conditions logistiques.
Source : UN Comtrade, données 2024, codes SH 090121 et 090122. Volumes exprimés en poids net et valeurs en dollars courants. Les différences entre les totaux d’exportation et d’importation résultent notamment des modes de valorisation — généralement FOB à l’exportation et CIF à l’importation —, des calendriers d’enregistrement et de la couverture des déclarations. Calculs : Olivier Frey.
Méthodologie et sources
Cette analyse mobilise plusieurs sources statistiques, dont les périmètres et les unités ne sont pas parfaitement identiques.
Données sur la production
Les données de production proviennent de FAOSTAT, la base statistique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
L’analyse porte sur la production de café vert, exprimée en tonnes, entre 1961 et 2024. Les données nationales ont été regroupées par continent afin d’étudier les transformations de la géographie mondiale de la production.
Certaines valeurs publiées par FAOSTAT peuvent être des estimations lorsque les statistiques nationales sont absentes ou incomplètes.
Données sur la consommation
Les données mondiales de consommation sont principalement issues de la base Production, Supply and Distribution de l’USDA.
L’indicateur utilisé est la consommation intérieure, ou « Domestic Consumption », exprimée en milliers de sacs de 60 kg. Les données ont été converties en tonnes selon la formule suivante :
Nombre de milliers de sacs × 60 = volume en tonnes.
Les chiffres de l’USDA sont présentés par campagne commerciale. La campagne 2024/2025 ne correspond donc pas exactement à l’année civile 2024.
Pour compléter l’analyse des marchés européens, les données nationales sont issues de l’European Coffee Report 2024-2025, publié par la European Coffee Federation. Ces données permettent d’affiner la comparaison entre les différents marchés de l’Union européenne.
Les chiffres de consommation de l’USDA et ceux du rapport européen ne doivent pas être comparés sans précaution. Ils peuvent reposer sur des périodes, des unités ou des méthodes d’estimation différentes.
Données sur le commerce international
Les données d’importation et d’exportation proviennent d’UN Comtrade, la base des Nations unies consacrée au commerce international.
Quatre catégories douanières ont été retenues :
- SH 090111 : café non torréfié et non décaféiné ;
- SH 090112 : café non torréfié et décaféiné ;
- SH 090121 : café torréfié et non décaféiné ;
- SH 090122 : café torréfié et décaféiné.
Les volumes correspondent au poids net déclaré et sont convertis de kilogrammes en tonnes. Les valeurs sont exprimées en dollars courants.
Pour le café vert, le classement des pays exportateurs a été reconstitué à partir des importations déclarées par pays d’origine. Cette méthode dite des données miroir permet d’intégrer certains grands fournisseurs, notamment le Vietnam et l’Éthiopie, absents ou incomplets dans les déclarations directes d’exportation disponibles.
Pour le café torréfié, les déclarations directes des pays exportateurs ont été utilisées, leur couverture étant suffisamment complète.
Les statistiques d’un pays exportateur ne correspondent pas toujours exactement aux importations déclarées par ses partenaires. Ces écarts peuvent notamment provenir :
- de la différence entre la valorisation FOB à l’exportation et CIF à l’importation ;
- du décalage entre les dates d’expédition et de réception ;
- des réexportations ;
- des différences de couverture statistique ;
- des corrections ou estimations effectuées par les administrations douanières.
Enfin, les valeurs moyennes calculées en dollars par kilogramme ne constituent pas des prix de détail. Elles reflètent la composition des produits échangés, leur niveau de transformation, leur conditionnement, leur origine et les conditions commerciales.
Les calculs, regroupements géographiques et visualisations ont été réalisés par Olivier Frey.
Dernière mise à jour des données : août 2026.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques et consultant indépendant depuis 2009. Il accompagne les coopératives agricoles et les entreprises agroalimentaires dans leurs réflexions stratégiques à travers des études économiques et sectorielles, des missions de conseil, des formations professionnelles et des conférences.
Avec les analyses Agridata, il décrypte les transformations des filières agricoles et agroalimentaires à partir de données statistiques publiques, mises en perspective au moyen de graphiques et de cartes interactives.
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Questions fréquentes sur le marché mondial du café
Quelle est la production mondiale de café ?
La production mondiale de café vert atteint environ 11,28 millions de tonnes en 2024, contre 4,53 millions de tonnes en 1961. Elle a donc été multipliée par près de 2,5 en un peu plus de soixante ans.
Quel est le premier pays producteur de café au monde ?
Le Brésil est le premier producteur mondial de café. En 2024, il produit environ 3,39 millions de tonnes, soit près de 30 % de la production mondiale.
Quels sont les principaux pays producteurs de café ?
En 2024, les cinq premiers producteurs sont le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l’Indonésie et l’Éthiopie. Le Brésil et le Vietnam représentent ensemble près de 48 % de la production mondiale.
Quelle est la différence entre le café arabica et le robusta ?
L’arabica est généralement cultivé en altitude, dans des conditions relativement fraîches. Il est souvent associé à des profils aromatiques plus fins et plus acides. Le robusta pousse davantage à basse altitude et sous des climats plus chauds. Il contient plus de caféine et présente généralement davantage de corps et d’amertume.
Ces caractéristiques générales n’empêchent pas l’existence de robustas de grande qualité ou d’importantes différences entre les origines et les méthodes de transformation.
Quels sont les plus grands marchés de consommation du café ?
L’Union européenne constitue le premier marché lorsqu’elle est considérée comme un ensemble. Parmi les marchés nationaux suivis par l’USDA, les États-Unis et le Brésil figurent parmi les plus importants.
Pour la campagne 2024/2025, l’Union européenne représente environ 24 % de la consommation mondiale, devant les États-Unis et le Brésil.
Quels sont les principaux exportateurs de café vert ?
Le Brésil est le premier fournisseur mondial de café vert. En 2024, il représente environ 35 % des volumes échangés, devant le Vietnam avec près de 16 % et la Colombie avec un peu plus de 9 %.
Quels pays dominent les exportations de café torréfié ?
L’Italie et l’Allemagne sont les deux premiers exportateurs de café torréfié en volume. La Suisse occupe toutefois la première place en valeur, en raison notamment de son positionnement sur des produits transformés, conditionnés et fortement valorisés.
Pourquoi les grands producteurs ne dominent-ils pas le commerce du café torréfié ?
Les pays producteurs exportent principalement du café vert. Une grande partie de la torréfaction, de l’assemblage, du conditionnement et de la commercialisation est ensuite réalisée dans les pays consommateurs.
L’Italie, l’Allemagne, la Suisse ou la France captent ainsi une partie importante de la valeur ajoutée alors qu’ils ne produisent pratiquement pas de café.
Les statistiques de production, de consommation et de commerce sont-elles directement comparables ?
Non. La production est généralement mesurée en tonnes de café vert par année civile, tandis que les données de consommation peuvent être exprimées en sacs de 60 kg et par campagne commerciale. Les échanges douaniers sont, quant à eux, enregistrés selon le poids et la valeur des produits au moment de leur passage en douane.
Ces différences de période, d’unité et de définition expliquent pourquoi les totaux ne coïncident pas toujours parfaitement.

