
Agriculture biologique dans le monde : chiffres 2024 | Agridata n°16
Mise à jour : août 2026
L’agriculture biologique s’est fortement développée depuis le début des années 2000. Les surfaces agricoles conduites en bio ont été multipliées par plus de six en près d’un quart de siècle, tandis que les ventes de produits biologiques ont atteint des niveaux records dans plusieurs grands marchés.
Cette progression n’est cependant ni uniforme ni linéaire. Une grande partie des surfaces mondiales se concentre en Australie, essentiellement sous forme de pâturages extensifs. À l’inverse, les principaux marchés de consommation se situent en Amérique du Nord et en Europe. Depuis quelques années, la croissance des surfaces ralentit également dans plusieurs régions, malgré une demande qui montre des signes de reprise.
En France, l’agriculture biologique a connu une expansion particulièrement rapide entre 2008 et 2022. La situation est désormais plus contrastée : les surfaces et le nombre de fermes engagées reculent, alors que les ventes de produits bio progressent à nouveau.
Agridata rassemble et analyse des données agricoles et agroalimentaires afin de mieux comprendre l’évolution des productions, de la consommation et du commerce international. Cette analyse présente les principales évolutions de l’agriculture biologique dans le monde jusqu’en 2024 et en France jusqu’en 2025.
Ce qu’il faut retenir
- Près de 98,9 millions d’hectares étaient conduits en agriculture biologique dans le monde en 2024, soit 2,1 % des terres agricoles mondiales.
- Avec plus de 53 millions d’hectares, l’Australie représente à elle seule près de 54 % des surfaces bio mondiales. Environ 99 % de ces surfaces sont toutefois constituées de pâturages extensifs.
- Les dix premiers pays concentrent environ 82 % des surfaces bio mondiales.
- Le marché mondial des produits biologiques a atteint près de 145 milliards d’euros en 2024. L’Amérique du Nord et l’Europe en représentent ensemble plus de 85 %.
- L’Union européenne comptait environ 18,1 millions d’hectares bio en 2024, soit 11,1 % de sa surface agricole.
- En France, les surfaces bio ou en conversion atteignent 2,69 millions d’hectares en 2025, soit 10,04 % de la surface agricole française.
- La France comptait 61 159 fermes engagées en bio en 2025, mais leur nombre diminue pour la première fois.
- Le marché bio français à domicile atteint 12,617 milliards d’euros en 2025, en progression de 3,6 % en valeur et d’environ 2 % en volume.
Comment mesurer l’agriculture biologique ?
Que recouvre l’appellation « agriculture biologique » ?
L’agriculture biologique est un mode de production encadré par des cahiers des charges et des procédures de certification. Dans l’Union européenne, elle est notamment régie par le règlement européen relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques.
Ce mode de production repose sur plusieurs principes :
- l’interdiction des organismes génétiquement modifiés ;
- la limitation de l’utilisation des produits chimiques de synthèse ;
- le recours à des pratiques favorisant les cycles naturels ;
- des règles spécifiques concernant l’alimentation, les soins et les conditions d’élevage des animaux ;
- la certification et le contrôle des exploitations et des entreprises concernées.
Les règles ne sont toutefois pas parfaitement identiques dans tous les pays. Les comparaisons internationales doivent donc être interprétées avec prudence.
Quelle différence entre une surface bio et une surface en conversion ?
Une exploitation qui souhaite obtenir la certification biologique doit respecter une période de conversion. Pendant cette période, elle applique les règles de l’agriculture biologique, mais ses produits ne bénéficient pas encore tous de la certification correspondante.
Les statistiques du FiBL et de l’Agence BIO additionnent généralement :
- les surfaces totalement certifiées bio ;
- les surfaces encore en conversion.
Cette distinction est importante. Un recul des surfaces en conversion peut annoncer un ralentissement futur, même si les surfaces déjà certifiées continuent temporairement de progresser.
Quels indicateurs faut-il comparer ?
La seule superficie cultivée en bio ne suffit pas à mesurer le développement du secteur.
Plusieurs indicateurs doivent être distingués :
- la surface agricole bio en hectares ;
- la part du bio dans la surface agricole nationale ;
- le nombre de fermes ou de producteurs engagés ;
- le nombre d’entreprises de transformation et de distribution ;
- la valeur du marché des produits bio ;
- la part du bio dans les achats alimentaires ;
- la consommation bio par habitant.
Un grand pays agricole peut disposer de millions d’hectares bio tout en conservant une faible part de bio dans sa surface agricole totale. À l’inverse, un petit pays peut consacrer une proportion importante de son territoire agricole au bio sans représenter un volume considérable à l’échelle mondiale.
Comment les surfaces agricoles biologiques ont-elles évolué dans le monde ?
Les surfaces agricoles biologiques sont passées d’environ 14,9 millions d’hectares en 2000 à 98,9 millions en 2024. Elles ont donc été multipliées par 6,6 en vingt-quatre ans.
La croissance a été particulièrement rapide après 2010. Les surfaces mondiales atteignaient alors 35,9 millions d’hectares, contre 74,7 millions en 2020 et un peu plus de 99 millions en 2023.
Cette progression spectaculaire doit cependant être nuancée. Une part considérable de l’augmentation provient de l’intégration de vastes surfaces de pâturages extensifs en Océanie, principalement en Australie.
Une géographie dominée par l’Océanie
En 2024, les surfaces bio se répartissent de la manière suivante :
- Océanie : 53,2 millions d’hectares, soit 53,8 % du total mondial ;
- Europe : 19,6 millions d’hectares, soit 19,8 % ;
- Amérique latine : 10,3 millions d’hectares, soit 10,4 % ;
- Asie : 8,7 millions d’hectares, soit 8,8 % ;
- Amérique du Nord : 4,3 millions d’hectares, soit 4,4 % ;
- Afrique : 2,8 millions d’hectares, soit 2,8 %.
L’Europe présente la progression la plus régulière. Ses surfaces sont passées de 4,5 millions d’hectares en 2000 à 19,6 millions en 2024.
L’Océanie a connu une évolution beaucoup plus spectaculaire, passant de 5,3 à 53,2 millions d’hectares. Cette augmentation s’explique principalement par l’Australie.
L’Asie et l’Afrique ont également développé leurs surfaces, mais les séries anciennes doivent être interprétées avec prudence, car la couverture statistique s’est améliorée au fil du temps.
Une légère diminution en 2024
Après plusieurs décennies de croissance, les surfaces mondiales ont diminué de 176 000 hectares en 2024, soit un recul limité de 0,2 %.
Les évolutions sont contrastées :
- l’Afrique recule de 17,6 % ;
- l’Asie recule de 4,8 % ;
- l’Europe diminue de 0,5 % ;
- l’Amérique latine recule de 0,8 % ;
- l’Océanie reste pratiquement stable ;
- l’Amérique du Nord progresse de 30,7 %.
La progression nord-américaine reflète toutefois largement l’intégration de nouvelles données américaines. Elle ne doit donc pas être entièrement interprétée comme une augmentation réelle des surfaces en une seule année.
De la même manière, certains reculs peuvent provenir de changements réglementaires, de révisions statistiques, de modifications dans les systèmes de certification ou du retrait d’un nombre limité de grands groupements de producteurs.
Graphique 16.1 — Évolution des surfaces agricoles biologiques dans le monde par région, 2000-2024
Quels pays possèdent les plus grandes surfaces agricoles bio ?
La production bio mondiale apparaît extrêmement concentrée. Les dix pays disposant des plus grandes superficies rassemblent environ 82 % des surfaces bio mondiales.
L’Australie occupe une position très particulière
En 2024, les principaux pays en superficie sont :
- Australie : 53,0 millions d’hectares ;
- Inde : 4,0 millions d’hectares ;
- Argentine : 3,9 millions d’hectares ;
- Chine : 3,6 millions d’hectares ;
- Uruguay : 3,3 millions d’hectares ;
- États-Unis : 3,2 millions d’hectares ;
- Espagne : 2,9 millions d’hectares ;
- France : 2,7 millions d’hectares ;
- Italie : 2,5 millions d’hectares ;
- Allemagne : 1,9 million d’hectares.
À elle seule, l’Australie représente environ 53,6 % des surfaces bio mondiales. Cette domination doit être relativisée : selon le FiBL, environ 99 % de ses surfaces correspondent à des pâturages extensifs.
Un hectare de pâturage extensif australien ne peut pas être directement comparé, sur le plan de la production ou de la valeur économique, à un hectare de maraîchage, de vigne ou de grandes cultures en Europe.
L’Inde se distingue également par le nombre de producteurs recensés. Le pays compte plus de 2,3 millions de producteurs bio, souvent organisés dans le cadre de certifications de groupe. La comparaison du nombre de producteurs entre pays reste cependant délicate, car les structures agricoles et les méthodes de comptabilisation diffèrent fortement.
Graphique 16.2 — Les pays disposant des plus grandes surfaces agricoles biologiques en 2024
Quels pays consacrent la plus grande part de leur agriculture au bio ?
Le classement change lorsque l’on rapporte les surfaces bio à la surface agricole totale.
En 2024, le Liechtenstein arrive en tête avec 43,5 % de sa surface agricole conduite en bio. Parmi les pays disposant d’une agriculture plus importante, les proportions les plus élevées sont notamment observées en :
- Autriche : 27,2 % ;
- Uruguay : 23,1 % ;
- Estonie : 22,5 % ;
- Grèce : 21,7 % ;
- Portugal : 20,3 % ;
- Italie : 19,2 % ;
- République tchèque : 17,2 % ;
- Suède : 16,5 % ;
- Lettonie : 15,6 %.
Au total, 22 pays consacrent au moins 10 % de leurs surfaces agricoles au bio.
À l’autre extrémité, plus de la moitié des pays disposant de données restent sous le seuil de 1 %. Le développement de l’agriculture biologique demeure donc très inégal.
Graphique 16.3 — Part de l’agriculture biologique dans la surface agricole de chaque pays en 2024
Quelle place l’agriculture biologique occupe-t-elle dans l’Union européenne ?
L’Union européenne représente l’un des principaux pôles mondiaux de l’agriculture biologique.
Les surfaces bio des États membres sont passées d’environ 3,7 millions d’hectares en 2000 à 18,1 millions en 2024. Elles ont ainsi été multipliées par près de cinq.
En 2024, 11,1 % de la surface agricole de l’Union européenne est conduite en bio. Cette proportion est nettement supérieure à la moyenne mondiale de 2,1 %, mais reste très éloignée de l’objectif européen de 25 % à l’horizon 2030.
Espagne, France et Italie dominent en superficie
Les États membres disposant des plus grandes surfaces bio sont :
- l’Espagne, avec environ 2,9 millions d’hectares ;
- la France, avec environ 2,7 millions ;
- l’Italie, avec 2,5 millions ;
- l’Allemagne, avec 1,9 million ;
- la Grèce, avec 1,1 million.
Ces pays représentent une part importante des surfaces bio européennes, mais leur position change lorsque l’on considère la proportion de bio dans leur agriculture.
L’Autriche, l’Estonie, la Grèce et le Portugal figurent parmi les pays les plus avancés en proportion. La France possède l’une des plus grandes superficies absolues, mais sa part de surfaces bio se situe autour de la moyenne européenne.
L’objectif de 25 % en 2030 paraît très ambitieux
Pour atteindre 25 % de surfaces agricoles bio en 2030, l’Union européenne devrait plus que doubler la proportion observée en 2024.
La situation diffère fortement entre États membres. Certains pays sont déjà proches ou au-dessus de 20 %, tandis que d’autres restent sous les 5 %.
La réalisation de cet objectif ne dépend pas uniquement des aides à la conversion. Elle suppose aussi :
- des débouchés suffisants pour les producteurs ;
- une demande dynamique ;
- une organisation adaptée des filières ;
- des capacités de transformation ;
- des prix permettant de rémunérer les contraintes du mode de production ;
- une progression de la consommation dans la restauration collective et commerciale.
Graphique 16.4 — Surfaces agricoles biologiques et part du bio dans les pays de l’Union européenne en 2024
Où se situent les principaux marchés de produits biologiques ?
Le marché mondial des produits biologiques atteint près de 145 milliards d’euros en 2024.
Sa géographie est très différente de celle des surfaces agricoles.
L’Amérique du Nord représente environ 65,7 milliards d’euros de ventes, soit 45 % du marché mondial. L’Europe atteint 58,7 milliards, soit un peu plus de 40 %. L’Asie représente 18,3 milliards d’euros.
À l’inverse, l’Océanie concentre près de 54 % des surfaces bio mondiales, mais seulement un peu plus de 1 % des ventes au détail.
Cette différence montre que les surfaces agricoles, la transformation des produits et la consommation finale ne se situent pas nécessairement dans les mêmes pays.
Les États-Unis constituent de loin le premier marché
Les principaux marchés nationaux sont :
- États-Unis : 60,4 milliards d’euros ;
- Allemagne : 17,0 milliards ;
- Chine : 15,5 milliards ;
- France : 12,2 milliards ;
- Canada : 5,2 milliards ;
- Italie : 5,2 milliards ;
- Suisse : 4,4 milliards ;
- Royaume-Uni : 4,1 milliards.
Les quatre premiers pays représentent à eux seuls près des trois quarts du marché mondial recensé.
Ces chiffres doivent néanmoins être interprétés avec précaution. Les données de marché ne sont pas actualisées chaque année dans tous les pays. Le FiBL peut conserver la dernière valeur disponible lorsqu’aucune donnée plus récente et suffisamment fiable n’a été publiée.
Graphique 16.5 — Les principaux marchés de produits biologiques dans le monde en 2024
La Suisse arrive en tête pour la consommation par habitant
La taille totale du marché dépend fortement de la population. La consommation par habitant permet une autre lecture.
En 2024, les niveaux les plus élevés sont observés en :
- Suisse : 481 euros par habitant ;
- Danemark : 373 euros ;
- Autriche : 292 euros ;
- Luxembourg : 264 euros ;
- Allemagne : 204 euros ;
- Suède : 190 euros ;
- France : 178 euros ;
- États-Unis : 176 euros.
La Suisse arrive également en tête pour la part du bio dans les ventes alimentaires, avec 12,3 %, devant le Danemark à 11,6 % et l’Autriche à 11,4 %.
La France représente un grand marché en valeur absolue, mais le bio n’y représente que 5,7 % des ventes alimentaires selon les données internationales du FiBL pour 2024.
Graphique 16.6 — Consommation bio par habitant et part du bio dans les ventes alimentaires en 2024
Comment les surfaces agricoles bio ont-elles évolué en France ?
La France a connu une expansion particulièrement rapide de l’agriculture biologique entre 2008 et 2022.
Les surfaces bio et en conversion sont passées de 550 629 hectares en 2008 à 2 822 012 hectares en 2022. Elles ont donc été multipliées par plus de cinq.
La part du bio dans la surface agricole française est passée de 2,02 % à 10,48 % sur la même période.
Un retournement depuis 2022
Après le maximum atteint en 2022, les surfaces diminuent pendant trois années consécutives :
- 2,82 millions d’hectares en 2022 ;
- 2,76 millions en 2023 ;
- 2,72 millions en 2024 ;
- 2,69 millions en 2025.
La diminution cumulée atteint environ 130 000 hectares entre 2022 et 2025, soit 4,6 %.
Les surfaces certifiées résistent mieux que les surfaces en conversion. En 2025, la France compte :
- 2,434 millions d’hectares certifiés bio ;
- 258 816 hectares en conversion ;
- un total de 2,692 millions d’hectares.
Les surfaces en conversion ont diminué d’environ 41 % depuis 2022 et de plus de moitié depuis 2020. Les surfaces entrant dans leur première année de conversion sont passées de 273 340 hectares en 2020 à 118 206 hectares en 2025.
Cette évolution réduit le réservoir de surfaces susceptibles d’obtenir une certification complète dans les prochaines années.
Graphique 16.7 — Évolution des surfaces certifiées bio et en conversion en France, 2008-2025
Le nombre de fermes bio diminue pour la première fois
La France comptait 61 159 fermes engagées en agriculture biologique en 2025, soit 17,3 % des exploitations agricoles françaises selon les estimations de l’Agence BIO.
Leur nombre diminue de 1,3 % par rapport à 2024. L’année 2025 est marquée par :
- 3 489 nouveaux producteurs ;
- 4 228 arrêts de certification ;
- un solde négatif de 788 producteurs.
Il s’agit du premier solde annuel négatif observé par l’Agence BIO.
Cette diminution ne signifie pas que toutes les fermes concernées abandonnent l’agriculture. Certaines cessent leur activité, d’autres changent de statut ou quittent la certification biologique.
Le nombre d’entreprises situées en aval de la production diminue également. La France compte 24 679 préparateurs, distributeurs, restaurateurs ou importateurs engagés dans le bio en 2025, contre plus de 28 000 en 2021.
Quelles productions occupent les surfaces bio françaises ?
Les surfaces bio françaises sont largement dominées par les prairies et les cultures destinées à l’alimentation animale.
En 2025 :
- les surfaces et cultures fourragères représentent 1,69 million d’hectares, soit près de 63 % du total ;
- les céréales, oléagineux, protéagineux et légumes secs représentent 626 462 hectares, soit 23,3 % ;
- la viticulture représente 151 933 hectares, soit 5,6 % ;
- les fruits occupent 70 519 hectares ;
- les légumes frais représentent 43 022 hectares ;
- les plantes à parfum, aromatiques et médicinales représentent 20 425 hectares.
Les cultures végétales destinées directement à l’alimentation humaine n’occupent donc qu’une partie minoritaire de la surface bio totale.
Des évolutions très contrastées en 2025
Les surfaces de fruits progressent de 3,7 % et celles de légumes de 2,2 %.
À l’inverse :
- les céréales et oléoprotéagineux diminuent de 3,9 % ;
- les surfaces viticoles reculent de 7,7 % ;
- les plantes à parfum, aromatiques et médicinales diminuent de 25 % ;
- les autres surfaces reculent de 7,4 %.
Les surfaces fourragères progressent légèrement dans leur ensemble, mais cette augmentation provient principalement des surfaces toujours en herbe. Les cultures fourragères proprement dites diminuent.
Ces différences montrent que le ralentissement du bio français ne touche pas toutes les filières de la même manière. Les débouchés, les coûts de production, les conditions climatiques et les niveaux de prix influencent directement les décisions de maintien ou de sortie de la certification.
Graphique 16.8 — Répartition des surfaces agricoles bio françaises par production en 2025
Le marché bio français repart-il réellement ?
Le marché français des produits alimentaires biologiques consommés à domicile est passé de 4,3 milliards d’euros en 2012 à 12,6 milliards en 2025.
Il a presque triplé en valeur courante.
La progression a été particulièrement rapide entre 2015 et 2020. Le marché a atteint 12,83 milliards d’euros en 2020, avant de reculer entre 2021 et 2022 puis de se stabiliser en 2023.
Une reprise se dessine depuis 2024 :
- +0,8 % en valeur en 2024 ;
- +3,6 % en 2025.
L’Agence BIO estime que les prix des produits bio ont augmenté de 1,6 % en 2025. Une fois cet effet retiré, les ventes auraient progressé d’environ 2 % en volume.
Le marché retrouve ainsi approximativement son niveau nominal de 2021, mais il demeure inférieur à son maximum de 2020. En tenant compte de l’inflation cumulée, le rattrapage reste encore plus incomplet.
Les magasins spécialisés et la vente directe gagnent du terrain
En 2025, la consommation bio à domicile se répartit ainsi :
- grande distribution généraliste : 5,828 milliards d’euros, soit 46 % du marché ;
- magasins spécialisés bio : 3,761 milliards, soit 30 % ;
- vente directe : 1,708 milliard, soit 13,5 % ;
- artisans et commerçants : 1,321 milliard, soit 10,5 %.
La grande distribution retrouve une croissance de 1,2 % en 2025, après plusieurs années de recul. Ses ventes demeurent néanmoins inférieures de 16 % à leur niveau de 2020.
Les magasins spécialisés progressent de 8,5 % en 2025. La vente directe augmente de 3,8 % et les artisans-commerçants de 1,4 %.
La structure du marché s’est donc modifiée. La grande distribution conserve la première place, mais les magasins spécialisés et la vente directe représentent une part croissante des ventes.
Les ventes bio en restauration collective atteignent 552 millions d’euros en 2025, en progression de 7 %. La restauration commerciale représente 335 millions d’euros.
Ces chiffres ne doivent pas être additionnés directement aux ventes à domicile : la consommation à domicile est évaluée au stade du détail, TTC, tandis que la restauration est mesurée au stade de gros, HT.
Graphique 16.9 — Évolution des ventes de produits alimentaires bio par circuit en France, 2012-2025
Quelles familles de produits portent la reprise ?
En 2025, la croissance concerne la plupart des familles de produits :
- fruits et légumes frais : 2,214 milliards d’euros, en hausse de 7,3 % ;
- crèmerie et œufs : 1,976 milliard, en hausse de 5,3 % ;
- boulangerie et pâtisserie fraîche : 981 millions, en hausse de 6,2 % ;
- boissons sans alcool : 543 millions, en hausse de 5,8 % ;
- boissons alcoolisées : 1,512 milliard, en hausse de 4,1 % ;
- épicerie : 3,830 milliards, en hausse de 2,8 % ;
- viandes : 882 millions, en hausse de 2,7 %.
Les produits de la mer, le traiteur et les surgelés restent pratiquement stables.
Malgré la reprise récente, plusieurs catégories restent très en dessous de leur niveau de 2020. C’est notamment le cas des viandes, dont les ventes sont passées de 1,18 milliard d’euros en 2020 à 882 millions en 2025.
Les fruits et légumes apparaissent à l’inverse comme l’un des principaux moteurs du redémarrage.
Graphique 16.10 — Évolution des ventes de produits alimentaires bio par famille en France, 2012-2025
Quelle part du marché bio français repose sur les importations ?
En 2025, les importations de produits biologiques destinés au marché français sont évaluées à 2,381 milliards d’euros, en progression de 2 %.
Elles représentent 28,3 % de la consommation bio française évaluée au stade de gros. Cette proportion est la plus faible enregistrée depuis 2017 et a diminué de 16 % depuis 2020.
Les importations proviennent :
- à 47 % des autres pays de l’Union européenne ;
- à 53 % de pays tiers.
Près de la moitié des importations correspondent à des produits tropicaux qui ne peuvent pas, ou difficilement, être produits en France : café, cacao, thé, bananes, fruits exotiques et certaines épices.
La dépendance varie fortement selon les catégories.
Les produits laitiers, les œufs, les viandes et le vin sont très majoritairement approvisionnés en France. À l’inverse, la part des approvisionnements étrangers est beaucoup plus élevée pour les fruits, les produits de la mer, les produits surgelés et l’épicerie.
Les exportations françaises de produits bio atteignent 1,193 milliard d’euros en 2025, en progression de 1 %. Le vin représente encore 637 millions d’euros, soit 53 % des exportations bio françaises.
Pourquoi la production et la consommation bio peuvent-elles diverger ?
La situation récente de la France peut sembler paradoxale : le marché repart, mais les surfaces et le nombre de fermes engagées diminuent.
Ce décalage s’explique en partie par la temporalité de la conversion.
Une décision de conversion prise par un agriculteur ne se traduit pas immédiatement par une surface totalement certifiée. Inversement, le recul des conversions observé depuis 2022 continue de peser sur les surfaces plusieurs années plus tard.
Les décisions des producteurs dépendent également :
- des perspectives de débouchés ;
- des différences de prix entre bio et conventionnel ;
- des coûts de production ;
- du coût de la certification ;
- des aides disponibles ;
- des conditions climatiques ;
- de l’organisation des filières locales ;
- des possibilités de valorisation réelle des produits sous le label bio.
Une production certifiée peut être vendue sur le marché conventionnel lorsqu’aucun débouché bio suffisamment rémunérateur n’est disponible. La progression des surfaces n’entraîne donc pas automatiquement une progression équivalente des ventes bio.
À l’inverse, une reprise de la demande peut être satisfaite temporairement par les stocks, par une meilleure valorisation de la production nationale ou par les importations, avant d’entraîner de nouvelles conversions.
Méthodologie et sources
Les données mondiales sont principalement issues de l’édition 2026 de The World of Organic Agriculture, publiée par le Research Institute of Organic Agriculture FiBL et IFOAM – Organics International. Elles portent généralement sur l’année 2024.
Les statistiques couvrent les surfaces agricoles certifiées biologiques et les surfaces en conversion. Elles sont établies à partir des administrations nationales, des organismes certificateurs, d’Eurostat, de FAOSTAT et de différentes sources professionnelles.
Les données de marché ne sont pas disponibles chaque année dans tous les pays. Lorsqu’aucune nouvelle donnée fiable n’est publiée, le FiBL peut reprendre la dernière valeur disponible. Les comparaisons de marchés doivent donc être considérées comme des ordres de grandeur.
Les données françaises proviennent de l’Agence BIO, des organismes certificateurs, d’Agreste et des évaluations réalisées avec AND-i. Les données de production portent sur l’année 2025.
Les ventes à domicile sont exprimées en euros courants, au stade du détail et toutes taxes comprises. Les données relatives à la restauration, aux importations et aux exportations sont établies au stade de gros et hors taxes. Elles ne sont donc pas directement additionnables.
Les données internationales et françaises peuvent présenter de légères différences pour la France en raison des dates d’extraction, des révisions et des périmètres statistiques. Les comparaisons internationales utilisent les données homogénéisées par le FiBL, tandis que l’analyse détaillée de la France utilise les données de l’Agence BIO.
Sources principales :
À propos de l’auteur
Olivier Frey est consultant spécialisé dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Il accompagne les coopératives agricoles, les entreprises agroalimentaires et les organisations professionnelles dans leurs réflexions stratégiques, leurs études économiques et sectorielles et l’analyse de leurs marchés.
Avec Agridata, il rassemble, traite et met en perspective des données issues de sources statistiques nationales et internationales afin de rendre accessibles les grandes transformations de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes sur l’agriculture biologique
Quelle est la surface agricole biologique dans le monde ?
En 2024, près de 98,9 millions d’hectares sont conduits en agriculture biologique ou en conversion dans le monde.
Quelle part des terres agricoles mondiales est cultivée en bio ?
L’agriculture biologique représente environ 2,1 % des terres agricoles mondiales en 2024.
Quel pays possède la plus grande surface agricole bio ?
L’Australie arrive très largement en tête avec environ 53 millions d’hectares. Près de 99 % de ces surfaces correspondent cependant à des pâturages extensifs.
Quel pays consacre la plus grande part de son agriculture au bio ?
Le Liechtenstein arrive en tête avec 43,5 % de sa surface agricole en bio. Parmi les pays disposant d’une agriculture plus importante, l’Autriche atteint 27,2 % et l’Uruguay 23,1 %.
Quel est le premier marché bio mondial ?
Les États-Unis constituent le premier marché mondial, avec environ 60,4 milliards d’euros de ventes au détail en 2024.
Quel pays consomme le plus de produits bio par habitant ?
La Suisse arrive en tête avec environ 481 euros de produits bio achetés par habitant en 2024.
Quelle est la surface agricole bio en France ?
En 2025, la France compte environ 2,69 millions d’hectares bio ou en conversion, soit 10,04 % de sa surface agricole.
Quel est le nombre de fermes bio en France?
La France comptait 61 159 fermes engagées en agriculture biologique en 2025, soit 17,3 % des exploitations agricoles.
Le nombre de fermes bio continue-t-il d’augmenter en France ?
Non. Après une longue période de croissance, le nombre de fermes engagées diminue de 1,3 % en 2025. L’Agence BIO enregistre pour la première fois davantage de sorties que de nouveaux engagements.
Quelle est la valeur du marché bio français ?
Les ventes de produits alimentaires bio consommés à domicile atteignent 12,617 milliards d’euros en 2025. Elles progressent de 3,6 % en valeur et d’environ 2 % en volume.
Quelle est la différence entre une surface bio et une surface en conversion ?
Une surface certifiée bio a terminé la période réglementaire de conversion. Une surface en conversion respecte déjà les règles de l’agriculture biologique, mais ses productions ne bénéficient pas encore toutes de la certification complète.
Quel est l’objectif européen pour l’agriculture biologique ?
L’Union européenne vise 25 % de surfaces agricoles conduites en bio en 2030. La proportion était de 11,1 % en 2024.

Agridata n°20 : évolution des émissions de CO2 par pays
Cette semaine j’ai décidé de m’intéresser à l’évolution des émissions de CO2 par pays. C’est un sujet complexe car il faut parfois combiner plusieurs sources de données. Si ces graphiques ont quelques défauts inhérents aux sources de données (les émissions liées au transport aérien ou au commerce de marchandises ne sont en général pas pris en compte) ils permettent tout de même de se faire une idée de l’évolution des émissions de CO2 pays par pays sur longue période.
Plusieurs jeux de données ont été utilisés pour réaliser ces graphiques : la base de données EDGAR – Emissions Database for Global Atmospheric Research, des données retravaillées par Our World In Data, le Global Carbon Budget, United Nations, World Population Prospects pour l’évolution de la population, World Bank World development indicators pour l’évolution du PIB.
Je vous rappelle que ces graphiques sont interactifs, c’est à dire que vous pouvez faire une recherche par pays, sélectionner un continent en particulier en cliquant sur la légende du graphique. N’hésitez donc pas à utiliser toutes les possibilités offertes pour examiner plus en détail l’évolution d’un continent ou d’un pays.
Graphique 20.1 Evolution des émissions annuelles de gaz à effet de serre en équivalents CO2 par continent sur longue période (en tCO2éq)
Au début de cette période, en 1850, le Royaume-Uni était le premier émetteur de GES, avec des émissions près de six fois supérieures à celles du deuxième pays le plus émetteur, les États-Unis. La France, l’Allemagne et la Belgique complètent la liste des cinq premiers émetteurs. Entre 1850 et 1960, le monde a connu une croissance constante des émissions, due en grande partie à l’industrialisation et à la croissance démographique, en particulier aux États-Unis. Cette évolution n’a connu que quelques interruptions dues à des événements historiques, comme la Grande Dépression dans les années 1930 et la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Dans les années 1950, la Chine et la Russie ont commencé à voir leurs émissions augmenter à mesure que leurs économies se développaient.
Depuis le début du 21e siècle, les émissions mondiales de GES ont augmenté régulièrement par rapport aux deux décennies précédentes, principalement en raison de l’augmentation des émissions de CO2 fossile de la Chine, de l’Inde et d’autres pays émergents.
Depuis 2010, nous émettons collectivement plus 50 milliards de tonnes de CO2e par an. Cela représente une augmentation de plus de 40 % par rapport aux années 1990, où les émissions s’élevaient à environ 35 milliards de tonnes.
Après une légère baisse en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont reparties à la hausse.
Graphique 20.2 Evolution des émissions annuelles cumulées de gaz à effet de serre en équivalents CO2 par continent sur longue période (combustibles fossiles et de l’industrie, ainsi que changement d’affectation des sols) (en tCO2éq)
Il a été démontré qu’il existe une relation directe et linéaire entre la quantité totale de CO2 émise par l’activité humaine et le niveau de réchauffement à la surface de la Terre. En outre, le moment où une tonne de CO2 est émise n’a qu’un impact limité sur l’ampleur du réchauffement qu’elle provoquera en fin de compte. En effet, les émissions de CO2 d’il y a des centaines d’années continuent à contribuer au réchauffement de la planète, et le réchauffement actuel est déterminé par le total cumulé des émissions de CO2 au fil du temps.
Un peu plus de la moitié de toutes les émissions cumulées de CO2 dans le monde ont eu lieu depuis 1990, année du premier rapport d’évaluation du GIEC. Ce rapport a reconfirmé le changement climatique anthropique d’une manière incontournable et a conduit à la création de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Graphique 20.3 Les émissions cumulées de gaz à effet de serre en équivalents CO2 par pays jusqu’en 2022 (combustibles fossiles et de l’industrie, ainsi que changement d’affectation des sols) (en milliards de tCO2éq)
Les États-Unis restent en première position pour leurs émissions cumulées de CO2 sur longue période. À fin 2022, les États-Unis ont émis plus de 554,79 milliards de tonnes de CO2 depuis 1850.
L’histoire des émissions nationales de CO2 est aussi une histoire de développement. Au cours des premières décennies de la chronologie, les émissions mondiales de CO2 étaient dominées par le changement d’affectation des terres et la sylviculture. A cette époque, les plus gros émetteurs étaient principalement des nations géographiquement étendues comme les États-Unis, la Russie et la Chine, qui abattaient leurs forêts tempérées pour en faire des terres agricoles et des combustibles. Dans le même temps, plusieurs pays européens (Royaume Uni, France et Allemagne) se sont mis à émettre de plus en plus de CO2 parce qu’ils étaient en pleine industrialisation alimentée par le charbon. Au Brésil et en Indonésie la déforestation a commencé vers 1950, notamment pour l’élevage de bétail, l’exploitation forestière et les plantations d’huile de palme.
Graphique 20.4 Répartition des émissions cumulées de gaz à effet de serre en équivalents CO2 par pays jusqu’en 2022 (combustibles fossiles et de l’industrie, ainsi que changement d’affectation des sols) (%)
Avec 20,89 % du total des émissions à ce jour, les Etats-Unis ont de loin la part la plus importante.
Graphique 20.5 Evolution des émissions de gaz à effet de serre des principaux pays émetteurs depuis 1970 (en millions de tCO2éq)
Alors que les États-Unis ont conservé leur place de premier émetteur de CO2 jusqu’en 2003, les pays asiatiques ont également commencé à émerger, la Chine en tête.
Avec une croissance économique soutenue, la Chine a connu une explosion de ses émissions dans les années 2000 (+285 % entre 1990 et 2022). L’essor chinois repose en effet principalement sur la consommation de charbon, l’énergie la plus polluante. La réduction de son usage du charbon a toutefois entrainé un ralentissement de ses émissions de GES, qui ont plafonné entre 2014 et 2016, avant d’augmenter de nouveau.
Graphique 20.6 Répartition des émissions de gaz à effet par pays pour l’année 1990 (en %)
En 1990 les Etats-Unis étaient le pays qui émettait le plus de CO2 et représentait près de 19% des émissions mondiales.
En 1990, les 10 premiers émetteurs représentaient 61% des émissions globales.
Graphique 20.7 Répartition des émissions de gaz à effet par pays pour l’année 2022 (en %)
En valeur absolue, la Chine est désormais de loin le plus important émetteur de gaz à effet de serre. A lui seul, le pays émet près de 30% des émissions mondiales de GES.
En 2022, les 10 premiers émetteurs représentaient 64,2% des émissions globales.
Graphique 20.8 Evolution des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2022
L’année 1990 sert d’année de référence pour de nombreux pays qui se sont donnés des objectifs en termes de réduction de gaz à effet de serre. La Commission européenne a par exemple présenté son “paquet climat” (ou “Fit for 55”) en 2021. Ce dernier comprend des mesures d’une ampleur inédite, destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030 par rapport à 1990. Elle est également souvent considérée comme la dernière ligne de démarcation après laquelle on peut raisonnablement considérer que les décideurs politiques sont conscients des dangers du changement climatique induit par l’homme.
Entre 1990 et 2022, la majorité des pays européens ont vu leurs émissions diminuer. Seuls quelques uns (Portugal, Espagne, Norvège) ont vu leurs émissions augmenté mais la hausse a été contenu à 10%. Les pays des autres continents ont en grande majorité augmenter leurs émissions de plus de 50% sur la période. Parmi les grands pays quelques uns font tout de même exception, à l’image du Japon (-10,5%) ou les Etats-Unis (-2,4%).
Graphique 20.9 Répartition des émissions annuelles totales de dioxyde de carbone (CO₂) en 2022 (en tCO2éq par habitant)
On retrouve les petits pays producteurs d’hydrocarbures aux premières places. Ainsi le Qatar (37,6 tCO2e), les Emirats arabes unis (25,8 tCO2e), le Bahreïn (25,7 tCO2e) ou encore le Koweit (25,6 tCO2e) sont les pays avec le plus fort taux d’émissions de gaz à effet de serre par habitant.
Graphique 20.10 Evolution des émissions annuelles totales de dioxyde de carbone (CO₂) par habitant depuis 1970 (en tCO2éq par habitant)
Graphique 20.11 Répartition des émissions annuelles totales de dioxyde de carbone (CO₂) en 2022 en fonction du PIB par habitant
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