
AgriData N°3 : la production de lait dans le monde
Pour ce nouveau numéro d’Agridata, je vous propose d’explorer le monde du lait.
NDLR : les cartes et les graphiques sont interactifs et il est donc par exemple possible de cliquer sur les pays et d’effectuer des recherches pays par pays, d’isoler un produit en particulier ou encore de choisir une année bien précise pour les graphiques…
Graphique 3.1 Evolution de la production mondiale des principaux lait depuis 1961 (en millions de tonnes)
Le lait de vache est le lait le plus produit dans le monde. Sa production mondiale a été multipliée par 2,2 entre 1961 et 2018, passant de 313,6 millions de tonnes à 683,2 millions de tonnes.
En deuxième position, nous trouvons le lait de bufflonne, dont la production mondiale a été multipliée par 7,1 sur la même période, passant de 17,9 millions de tonnes à 127,3 millions de tonnes. Cette progression s’explique par le développement de la production laitière en Inde ou le lait de bufflonne est très développé.
Le lait de chèvre et le lait de brebis ne représentent qu’une faible part de la production laitière mondiale mais sont néanmoins en progression. Leur production a été respectivement multipliée par 2,7 et 2,1 entre 1961 et 2018.
Graphique 3.2 Evolution de la production des 20 premiers pays producteurs de lait (tous laits confondus, hors laits végétaux) (en millions de tonnes)
Alors que l’Inde n’était que le 4è producteur de lait au monde en 1961, le pays est passé premier producteur mondial en 1996 et est désormais loin devant les Etats-Unis avec une production globale de lait de 187,96 millions de tonnes, contre 98,72 millions de tonnes pour les Etats-Unis. Cette différence s’explique notamment par le fait que l’Inde est de loin le premier producteur mondial de lait de bufflonne (91,8 millions de tonnes en 2018) et le deuxième producteur mondial de lait de vache (89,83 millions de tonnes en 2018).
Graphique 3.3 La production de lait de vache par pays en 2018 (en millions de tonnes)
Les Etats-Unis sont le premier producteur de lait de vache au monde avec 98,7 millions de tonnes de lait produite en 2017 devant l’Inde (89,8 millions de tonnes) et le Brésil (33,8 millions de tonnes).
Graphique 3.4 Evolution de la production des 20 premiers pays producteurs de lait de vache depuis 1961 (en millions de tonnes)
Depuis 1991, les Etats-Unis sont restés leader mondial de la production de lait de vache. La production de lait de vache des Etats-Unis a été multipliée par 1,7 sur la période.
L’Inde est passé en 2è position en 1999. La production de lait de vache du pays a été multipliée par 10,1 entre 1961 et 2018.
Le Brésil est désormais le 3è producteur mondial avec 33,8 millions de tonnes en 2019. Sa production de lait de vache a été multipliée par 6,5 entre 1961 et 2018.
A noter également que la Chine est le 5è producteur mondial de lait de vache en 2018 alors que le pays n’est rentré qu’en 1993 dans le top 20 des pays producteurs. La production de lait de vache du pays a été multipliée par 50,9 entre 1961 et 2018.
La France est par contré passée du 4è rang mondial en 1961 au 7è rang mondial en 2018. Sa production n’a été multipliée par 1,3 entre 1961 et 2018. La Pologne est passée du 5è rang en 1961 au 12è rang en 2018. L’Allemagne a également été rétrogradée, passant du 3è rang mondial en 1961 au 4è rang mondial en 2018.
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Agridata N°2 : evolution of the cereal production in the world
For this AgriData n°2, we are going to study cereal production at world level, which are the most cultivated cereals on the planet and how cereal production has evolved since the 1960s.
Figure 2.1 Changes in world cereal production since the 1960s (in metric tons)
Grain production (including rice) increased by a factor of 3.4, from 876.9 million metric tons in 1961 to 2962.9 million tons in 2018.
Figure 2.2 Evolution of the areas devoted to the cultivation of grains in the world (in ha)
The area devoted to grains cultivation increased from 648 million hectares in 1961 (about 11.9 times the area of metropolitan France) to 728.1 million hectares (about 13.4 times the area of metropolitan France). As can also be seen, the area devoted to grain cultivation declined between 1981 and 2002.
Figure 2.3 Share of individual cereals in total world cereal area (in %)
Wheat has been the most widely grown cereal in the world since the 1960s and the area under wheat has ranged from 33.4% to 29.4% between 1961 and 2018. There has also been an increase in the share of cereal area devoted to maize, from 16.4% in 1961 to 26.6% in 2018. This increase was to the detriment of barley, millet and especially oats and rye, which have seen their shares decline steadily since the 1960s.
Figure 2.4 Evolution of the yields of the different cereals cultivated in the world (in metric tons/hectare)
Apart from sorghum and millet, cereal yields have increased since the 1960s. Corn is the most productive crop, with yields increasing from 1.94 metric ton per hectare in 1961 to 5.92 metric tons per hectare in 2018. Rice has increased from 1.87 metric ton per hectare in 1961 to 4.68 metric tons per hectare in 2018. Finally, wheat increased from 1.09 metric ton per hectare in 1961 to 3.43 metric tons per hectare in 2018.
Figure 2.5 Evolution of world cereal production (in millions of metric tonnes)
Maize is now by far the most produced cereal in the world with 1148 million metric tons in 2018, ahead of rice with 782 million metric tons and wheat with 734 million metric tons. Until the mid-1990s, wheat, maize and rice competed in terms of quantity produced, but maize took off in the early 2000s. Thanks to the increase in surface areas but above all to the rise in yields, maize production increased 5.6 times between 1961 and 2020. Rice production increased by a factor of 3.6 and wheat by a factor of 3.3. To a lesser extent, barley, sorghum and millet production also increased. Conversely, oat and rye production has declined.
Figure 2.6 Evolution of the share of the different cereals in relation to total production in volume (in %)
Maize, rice and wheat together account for 89.9% of world cereal production.
While wheat and rice competed for the world’s most important cereal production in the 1960s, wheat remained the world’s most important cereal from 1976 to 1993. In the 1990s, the quantities produced of wheat, maize and rice were roughly equivalent. It was not until the early 2000s that maize definitively became the world’s most produced cereal.

AgriData N°2 : la production de céréales dans le monde
Pour cet AgriData n°2, nous allons étudier la production de céréales au niveau mondial, quelles sont les céréales les plus cultivées sur la planète et comment la production de céréales a évolué depuis les années 60.
NDLR : les graphiques sont interactifs et cliquables et il est donc par exemple possible de choisir une année bien précise…
Graphique 2.1 Evolution de la production mondiale de céréales depuis les années 60 (en tonnes)
La production de céréales (riz inclus) a été multipliée par 3,4, passant de 876,9 millions de tonnes en 1961 à 2962,9 millions de tonnes en 2018.
Graphique 2.2 Evolution des surfaces consacrées à la culture de céréales dans le monde (en ha)
Les surfaces consacrées à la culture de céréales sont passées de 648 millions d’hectares en 1961 (soit environ 11,9 fois la superficie de la France métropolitaine)à 728,1 millions d’hectares (soit environ 13,4 fois la superficiede la France métropolitaine). Comme on peut également le voir, les surfaces consacrées à la culture de céréales ont baisse entre 1981 et 2002.
Graphique 2.3 Part des différentes céréales par rapport à la surface totale consacrée aux céréales dans le monde
Le blé est la céréale la plus cultivée dans le monde depuis les années 60 et les surfaces céréalières consacrées à la culture de blé ont oscillé entre 33,4% et 29,4% entre 1961 et 2018. On remarque également la croissance de la part des surfaces céréalières consacrées à la culture de maïs, passées de 16,4% en 1961 à 26,6% en 2018. Cette hausse s’est faite notamment au détriment de l’orge, du millet et surtout de l’avoine et du seigle, qui ont vu leurs parts régresser régulièrement depuis les années 60.
Graphique 2.4 Evolution des rendements des différentes céréales cultivées dans le monde (en tonne/hectare)
Mis à part le sorgo et le millet, les rendements des céréales ont augmenté depuis les années 60. La palme revient au maïs, dont les rendements sont passés de 1,94 tonne par hectare en 1961 à 5,92 tonnes par hectare en 2018. Le riz est quant à lui passé de 1,87 tonne par hectare en 1961 à 4,68 tonnes par hectare en 2018. Enfin le blé est passé de 1,09 tonne par hectare en 1961 à 3,43 tonnes par hectare en 2018.
Graphique 2.5 Evolution de la production de céréales dans le monde (en millions de tonnes)
Le maïs est désormais de loin la céréale la plus produite dans le monde avec 1148 millions de tonnes en 2018, devant le riz avec 782 millions de tonnes et le blé avec 734 millions de tonnes. Jusqu’au milieu des années 90, le blé, le maïs et le riz ont rivalisé en termes de quantité produite mais le maïs a pris son envol à partir du début des années 2000. Grâce à la hausse des surfaces mais surtout à la hausse des rendements, la production de maïs a été multipliée par 5,6 entre 1961 et 2020. Celle du riz a été multipliée par 3,6 et celle du blé par 3,3. Dans une moindre mesure, les productions d’orge, de sorgho et de millet ont également augmenté. A l’inverse, les productions d’avoine et de seigle ont diminué.
Graphique 2.6 Evolution de la part des différentes céréales par rapport à la production totale en volume (en %)
Le maïs, le riz et le blé représentent à elles trois 89,9% de la production de céréales dans le monde.
Alors que le blé et le riz se sont disputé la place de céréale la plus produite au monde dans les années 60, le blé est resté en tête de 1976 à 1993. Dans les années 90, les quantités produites de blé, de maïs et de riz étaient à peu près équivalentes. Ce n’est qu’à partir du début des années 2000 que le maïs est définitivement devenu la céréale la plus produite au monde.
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Comment les dépenses des ménages français ont évolué depuis 1959 | Agridata n°1 (mise à jour juillet 2026)
Comment les dépenses des ménages français ont-elles évolué depuis 1959 ?
La structure des dépenses des ménages français s’est profondément transformée depuis 1959. La part consacrée à l’alimentation et à l’habillement a fortement diminué, tandis que le logement, les assurances et les communications occupent une place croissante. À partir des comptes nationaux de l’Insee, cette analyse retrace plus de six décennies d’évolution du budget des ménages en France.
Depuis 1959, la structure des dépenses des ménages français s’est profondément transformée. L’alimentation au sens large représentait 33,9 % de leur budget en 1959, contre 20,9 % en 2025. Dans le même temps, la part consacrée au logement et à l’énergie est passée de 12,2 % à 28,0 %.
Le logement a dépassé l’alimentation en 1985 pour devenir le premier poste de consommation. Les pratiques alimentaires ont elles aussi évolué : la restauration représente désormais plus du tiers du budget alimentaire au sens large, tandis que la viande et les boissons alcoolisées occupent une place moins importante dans les achats destinés à la consommation à domicile.
Ce qu’il faut retenir
- La part de l’alimentation au sens large est passée de 33,9 % du budget des ménages en 1959 à 20,9 % en 2025.
- Le logement et l’énergie sont passés de 12,2 % à 28,0 % du budget.
- Le logement a dépassé l’alimentation en 1985.
- La restauration représente 33,8 % du budget alimentaire au sens large en 2025, contre 12,5 % en 1959.
- Dans le panier alimentaire à domicile, la part des plats préparés et autres aliments a été multipliée par plus de trois.
Source : Insee, Comptes nationaux annuels, base 2020. Données en valeur aux prix courants, France entière, 1959-2025.
Comment les dépenses des ménages français ont-elles évolué depuis 1959 ?
Pour étudier l’évolution du budget des ménages sur une période aussi longue, il ne suffit pas de comparer les montants dépensés. Depuis 1959, les prix, les revenus et la dépense totale de consommation ont fortement augmenté.
L’indicateur le plus pertinent est donc la part de chaque poste dans la dépense totale des ménages. Cette part, également appelée coefficient budgétaire, permet de mesurer le poids relatif de l’alimentation, du logement, du transport ou encore des loisirs dans le budget.
La transformation la plus spectaculaire concerne le logement et l’alimentation. En 1959, l’alimentation au sens large dominait très largement le budget des ménages. Elle en représentait 33,9 %, contre seulement 12,2 % pour le logement, l’eau et l’énergie.
En 2025, la situation est inversée. Le logement et l’énergie représentent 28,0 % du budget, contre 20,9 % pour l’alimentation au sens large.
D’autres postes ont également connu des évolutions importantes. La part de l’habillement et des chaussures est passée de 12,0 % à seulement 2,8 %. Celle de l’équipement et de l’entretien du foyer a diminué de 8,6 % à 3,7 %.
À l’inverse, les dépenses d’information et de communication ont progressé de 1,3 % à 3,6 % du budget. La part du transport est également passée de 10,3 % à 12,6 %, tandis que celle de la santé a augmenté de 2,4 % à 3,9 %.
La segmentation détaillée fait également apparaître la progression de plusieurs dépenses de services. La part des assurances est passée de 1,5 % du budget des ménages en 1959 à 5,2 % en 2025. Les services financiers sont passés de 1,3 % à 2,7 %, tandis que les soins corporels progressent de 1,5 % à 2,4 %. La protection sociale et l’hébergement augmentent également, mais de manière plus modérée.
Dans l’ensemble, la structure du budget est devenue moins concentrée sur l’alimentation, l’habillement et l’équipement matériel du foyer. Le logement occupe désormais une place prépondérante, tandis que les dépenses de services, de communication et de transport ont gagné en importance.
La baisse de la part de l’alimentation est cohérente avec un phénomène économique connu sous le nom de loi d’Engel. Lorsque le revenu des ménages augmente, leurs dépenses alimentaires peuvent continuer à progresser en valeur, mais elles représentent généralement une proportion plus faible de leur budget total.
Cette évolution ne signifie donc pas que les ménages consacrent nécessairement moins d’argent à leur alimentation. Elle indique que d’autres dépenses, en particulier celles liées au logement, ont progressé plus rapidement.
Quand le logement a-t-il dépassé l’alimentation ?
Le logement et l’énergie ont dépassé l’alimentation au sens large dans le budget des ménages français en 1985.
En 1984, l’alimentation représentait encore 22,0 % de la dépense totale des ménages, contre 21,5 % pour le logement et l’énergie. L’année suivante, le logement atteignait 21,8 %, contre 21,7 % pour l’alimentation.
Ce croisement constitue une rupture importante dans l’évolution du budget des ménages. Jusqu’au début des années 1980, l’alimentation restait le premier poste de dépense. À partir du milieu de cette décennie, le logement prend durablement la première place.
Depuis ce basculement, l’écart s’est progressivement creusé. En 2025, le logement et l’énergie représentent 28,0 % du budget, soit 7,1 points de plus que l’alimentation au sens large.
Plusieurs phénomènes peuvent contribuer à cette évolution : la progression des loyers, l’amélioration du confort des logements, l’augmentation de leur surface, les dépenses énergétiques ou encore la transformation du parc immobilier.
Il faut également tenir compte de la manière dont la comptabilité nationale mesure la consommation de logement. Les dépenses de logement incluent notamment les loyers réellement payés par les locataires, mais aussi les loyers imputés aux propriétaires occupants.
Ces loyers imputés correspondent à une estimation du service de logement que les propriétaires se fournissent à eux-mêmes. Ils ne constituent pas une somme effectivement versée chaque mois, mais permettent de comparer de façon cohérente la consommation de logement des propriétaires et celle des locataires.
Les données montrent donc clairement la montée du logement dans la consommation des ménages. Elles ne permettent cependant pas d’attribuer cette évolution à une cause unique.
À quoi ressemblait le budget des ménages en 1959 ?
En 1959, le budget des ménages français était très largement dominé par l’alimentation. Selon la définition retenue dans cette analyse, celle-ci représentait 33,9 % de la dépense totale.
Autrement dit, environ un euro sur trois était consacré aux aliments et boissons achetés pour le domicile, aux boissons alcoolisées et à la restauration.
Le logement et l’énergie représentaient alors 12,2 % du budget. Leur poids était presque identique à celui de l’habillement et des chaussures, qui atteignait 12,0 %.
Le transport absorbait 10,3 % des dépenses. L’équipement et l’entretien du foyer en représentaient 8,6 %, tandis que les loisirs, le sport et la culture atteignaient 6,3 %.
Les dépenses de santé directement comptabilisées dans la dépense des ménages représentaient 2,4 % du budget. L’information et la communication n’en représentaient que 1,3 %.
Les assurances représentaient 1,5 % du budget en 1959, les soins corporels également 1,5 % et les services financiers 1,3 %. L’hébergement atteignait 1,7 %, tandis que l’éducation directement financée par les ménages n’en représentait que 0,5 %.
La consommation des ménages était donc davantage concentrée sur les besoins alimentaires, vestimentaires et matériels. Les dépenses liées aux communications étaient encore limitées, à une époque où les équipements numériques, Internet et la téléphonie mobile n’existaient pas.
En 1959, les ménages consacraient proportionnellement près de trois fois plus de leur budget à l’alimentation qu’au logement. Cette hiérarchie s’est ensuite progressivement inversée.
À quoi ressemble le budget des ménages en 2025 ?
En 2025, le logement et l’énergie constituent le premier poste de consommation des ménages français, avec 28,0 % de leur budget. L’alimentation au sens large arrive en deuxième position, avec 20,9 %, devant le transport, qui représente 12,6 %.
Les loisirs et la culture atteignent 7,0 % du budget. Les assurances occupent désormais la cinquième place avec 5,2 %, devant la santé, qui représente 3,9 %.
L’équipement du logement et son entretien comptent pour 3,7 % du budget. La communication atteint un niveau très proche, avec 3,6 %. L’habillement et les chaussures n’en représentent plus que 2,8 %, contre 12,0 % en 1959.
Les services financiers représentent 2,7 % du budget, les soins corporels 2,4 %, l’hébergement 2,1 % et la protection sociale 1,5 %. Le tabac atteint également 1,5 %, tandis que l’éducation directement financée par les ménages représente 0,8 %.
Cette répartition montre que la consommation des ménages ne s’est pas seulement déplacée de l’alimentation vers le logement. Elle s’est aussi progressivement orientée vers les assurances, les services financiers, les communications et différentes dépenses de services.
Comment le budget alimentaire s’est-il transformé ?
Dans cette analyse, le budget alimentaire au sens large comprend trois composantes :
- les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées achetés pour être consommés à domicile ;
- les boissons alcoolisées achetées pour le domicile ;
- les dépenses dans les restaurants et les débits de boissons.
Le tabac, les stupéfiants et les services d’hébergement en sont exclus.
En 1959, les aliments et boissons non alcoolisées consommés à domicile représentaient 70,4 % de ce budget alimentaire. Les boissons alcoolisées en représentaient 17,1 % et la restauration seulement 12,5 %.
En 2025, la consommation à domicile représente 59,8 % du budget alimentaire au sens large. Les boissons alcoolisées en représentent 6,5 % et les restaurants et débits de boissons 33,8 %.
La restauration représente désormais plus du tiers du budget alimentaire
La progression de la restauration constitue l’une des évolutions les plus marquantes de la consommation alimentaire.
En 1959, les restaurants et les débits de boissons représentaient 12,5 % du budget alimentaire au sens large. Cette part a augmenté au cours des décennies suivantes.
Elle atteint 19,0 % en 1980, puis 23,2 % en 1990. En 2000, la restauration représente 26,8 % du budget alimentaire. Elle atteint ensuite 30,0 % en 2019.
Après la rupture provoquée par la crise sanitaire, sa progression reprend. En 2025, la restauration représente 33,8 % du budget alimentaire au sens large.
Sa part a donc été multipliée par environ 2,7 depuis 1959. Cette évolution traduit un déplacement progressif de la dépense alimentaire du domicile vers les restaurants, cafés et autres services de restauration.
Elle ne mesure cependant pas directement le nombre de repas consommés à l’extérieur. Une partie de l’évolution peut aussi être liée aux prix pratiqués dans la restauration, à la montée en gamme ou à la transformation des services proposés.
Les boissons alcoolisées occupent une place moins importante
La part des boissons alcoolisées achetées pour être consommées à domicile a fortement diminué.
Elle représentait 17,1 % du budget alimentaire au sens large en 1959, contre 6,5 % en 2025. Elle a donc perdu plus de dix points sur l’ensemble de la période.
Cette baisse peut refléter plusieurs évolutions : une modification des habitudes de consommation, la transformation des préférences, les politiques de santé publique ou encore des changements dans la structure des prix.
Les données portent cependant sur les dépenses exprimées aux prix courants. Elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer précisément l’évolution des volumes d’alcool consommés.
La crise sanitaire provoque une rupture temporaire
La crise sanitaire de 2020 apparaît très clairement dans les données.
Entre 2019 et 2020, la part de la restauration dans le budget alimentaire chute de 30,0 % à 22,7 %. Dans le même temps, la part consacrée aux aliments et boissons non alcoolisées consommés à domicile passe de 61,7 % à 68,3 %.
Les fermetures administratives, les restrictions de déplacement et le développement du télétravail ont déplacé une partie de la consommation alimentaire vers le domicile.
Cette rupture est toutefois temporaire. Dès la réouverture des restaurants, leur part remonte. Elle atteint 31,7 % en 2022, 32,3 % en 2023, 33,3 % en 2024 et 33,8 % en 2025.
La crise sanitaire interrompt donc momentanément une tendance de long terme sans l’inverser durablement.
Comment la composition du panier alimentaire a-t-elle évolué ?
Le panier alimentaire à domicile regroupe ici les aliments, les boissons non alcoolisées et les boissons alcoolisées achetés pour être consommés à domicile.
La restauration, le tabac et les stupéfiants sont exclus de ce périmètre.
La composition de ce panier a profondément évolué depuis 1959. Certaines catégories, comme la viande, les boissons alcoolisées ou les huiles et graisses, occupent une place moins importante. D’autres, comme les plats préparés, les produits laitiers, les boissons non alcoolisées et les produits sucrés, ont progressé.
La viande occupe une place moins importante
En 1959, la viande représentait 21,5 % du panier alimentaire à domicile. Sa part augmente encore au cours des années suivantes et atteint un maximum d’environ 24,2 % en 1967.
Elle diminue ensuite progressivement. Elle représente 22,4 % du panier en 1990, 20,4 % en 2000, 19,5 % en 2010 et 17,4 % en 2019.
En 2025, la viande ne représente plus que 15,6 % du panier alimentaire à domicile. Sa part a ainsi diminué d’environ six points depuis 1959 et de plus de huit points depuis son maximum de 1967.
Cette évolution porte sur la part de la viande dans la dépense alimentaire. Elle ne doit pas être confondue avec l’évolution des quantités consommées, qui nécessite une analyse complémentaire en volume.
La part des boissons alcoolisées a été divisée par deux
Les boissons alcoolisées représentaient 19,5 % du panier alimentaire à domicile en 1959. En 2025, leur part est tombée à 9,8 %.
En réunissant la viande et les boissons alcoolisées, ces deux catégories représentaient 41,0 % du panier en 1959. Elles n’en représentent plus que 25,4 % en 2025.
Cette évolution montre à quel point la composition des dépenses alimentaires a changé. Le panier s’est progressivement diversifié et la dépense est aujourd’hui moins concentrée sur ces deux catégories.
La part des plats préparés a plus que triplé
Les plats préparés et les autres produits alimentaires ne représentaient qu’environ 3,0 % du panier en 1959.
Leur part augmente progressivement. Elle atteint environ 5 % au début des années 1980, 6 % au début des années 1990, puis dépasse 8 % au milieu des années 2000.
En 2025, les plats préparés et autres produits alimentaires représentent 9,8 % du panier alimentaire à domicile. Leur part a donc été multipliée par environ 3,2 depuis 1959.
Cette progression peut être rapprochée de l’évolution des modes de vie, du développement de l’offre agroalimentaire et de la recherche de produits plus pratiques.
Il convient cependant de rester prudent : cette catégorie comprend également d’autres produits alimentaires qui ne sont pas tous nécessairement des plats préparés.
Les produits laitiers et les œufs progressent
Le lait, les produits laitiers et les œufs représentaient 8,1 % du panier alimentaire en 1959. Leur part atteint 12,0 % en 2025.
La progression est particulièrement marquée durant la seconde moitié du XXe siècle. La part de cette catégorie atteint son maximum au cours des années 2000, avant de se stabiliser autour de 11 à 12 %.
Cette évolution peut refléter la diversification des produits laitiers, le développement des fromages, des yaourts et des desserts lactés, ainsi que les changements de prix relatifs entre les différentes catégories alimentaires.
Les boissons non alcoolisées et les produits sucrés gagnent du terrain
Les boissons non alcoolisées représentaient 4,9 % du panier alimentaire en 1959. Leur part atteint 8,0 % en 2025.
Cette catégorie comprend notamment les jus de fruits et de légumes, le café, le thé, les eaux en bouteille et les boissons rafraîchissantes.
La part du sucre, de la confiserie et des desserts passe parallèlement de 4,6 % à 7,0 % du panier.
À l’inverse, les huiles et graisses voient leur part diminuer de 5,1 % à 2,0 %. Les légumes et légumes secs passent de 10,4 % à 9,5 %, tandis que les fruits et fruits à coque progressent légèrement, de 5,5 % à 6,1 %.
Les céréales dépassent désormais la viande
Les céréales et produits céréaliers représentaient 14,6 % du panier alimentaire en 1959, contre 21,5 % pour la viande.
En 2025, les céréales atteignent 16,7 % du panier et dépassent la viande, qui en représente 15,6 %.
Cette évolution récente doit être interprétée avec prudence. Les données étant exprimées aux prix courants, la hausse de la part des produits céréaliers peut être liée à la fois aux quantités achetées et à l’évolution de leurs prix.
Les ménages consomment-ils réellement moins de produits alimentaires ?
La diminution de la part de l’alimentation dans le budget des ménages ne signifie pas nécessairement que les Français consomment moins de nourriture.
Les données utilisées dans cette analyse sont exprimées aux prix courants. Elles mesurent donc la valeur des dépenses effectuées chaque année. Cette valeur dépend de plusieurs éléments :
- les quantités achetées ;
- le prix des produits et des services ;
- la gamme et la qualité des produits choisis ;
- la fréquentation des restaurants ;
- l’évolution de la dépense totale des ménages.
Une catégorie peut voir sa part augmenter parce que les ménages en achètent davantage, mais aussi parce que ses prix progressent plus rapidement que ceux des autres catégories.
À l’inverse, la part d’un produit peut diminuer dans le budget alors que les quantités consommées restent stables, voire augmentent, si son prix progresse moins vite que les revenus ou que les autres dépenses.
La baisse du poids relatif de l’alimentation traduit avant tout une transformation de la répartition du budget. Elle ne constitue pas une mesure directe des quantités consommées.
Pour distinguer l’effet des prix de celui des volumes, il faut compléter cette analyse par les séries de consommation en volume et par les indices de prix publiés par l’Insee.
Cette distinction est particulièrement importante pour les années récentes, marquées par une forte inflation alimentaire.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est docteur en sciences économiques, consultant et formateur indépendant. Il analyse depuis plus de vingt ans les transformations de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des comportements de consommation. À travers les publications Agridata, il rend les données économiques et sectorielles accessibles grâce à des analyses documentées et à des visualisations interactives.
Méthodologie et sources
Les données proviennent des comptes nationaux annuels de l’Insee en base 2020.
- Période étudiée : 1959-2025.
- Champ géographique : France entière.
- Fréquence : annuelle.
- Unité des montants : millions d’euros aux prix courants.
- Indicateur principal : part de chaque poste dans la dépense totale de consommation des ménages.
- Dernière mise à jour des fichiers utilisés : mai 2026.
Le budget alimentaire au sens large est une catégorie construite pour cette analyse. Il correspond à la somme des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, des boissons alcoolisées et des services de restauration et de débits de boissons.
Le panier alimentaire à domicile comprend les différentes catégories de produits alimentaires, les boissons non alcoolisées et les boissons alcoolisées. La restauration, le tabac et les stupéfiants en sont exclus.
La catégorie « Autres / solde territorial » regroupe les stupéfiants, les autres effets personnels et le solde territorial. Ce dernier correspond notamment à la différence entre les dépenses des résidents français à l’étranger et celles des non-résidents en France. Cette catégorie peut donc prendre une valeur légèrement négative certaines années.
Les résultats peuvent différer d’autres publications utilisant une définition plus restreinte de l’alimentation, par exemple lorsqu’elles excluent les boissons alcoolisées ou la restauration.
Questions fréquentes sur les dépenses des ménages
Quel est le premier poste de dépense des ménages français ?
Le logement, l’eau, le gaz, l’électricité et les autres combustibles constituent le premier poste de dépense des ménages français. Ils représentent 28,0 % de leur budget en 2025.
Quelle part du budget des ménages est consacrée à l’alimentation ?
Selon la définition large utilisée dans cette analyse, l’alimentation représente 20,9 % du budget des ménages en 2025. Cette définition comprend les achats alimentaires et les boissons non alcoolisées, les boissons alcoolisées et la restauration.
Depuis quand le logement représente-t-il davantage que l’alimentation ?
Le logement et l’énergie ont dépassé l’alimentation au sens large dans le budget des ménages en 1985. En 1984, l’alimentation était encore légèrement devant.
Quelle part du budget alimentaire est dépensée au restaurant ?
Les restaurants et les débits de boissons représentent 33,8 % du budget alimentaire au sens large en 2025, contre 12,5 % en 1959.
Pourquoi la part de l’alimentation a-t-elle diminué ?
La part de l’alimentation diminue généralement lorsque le niveau de vie augmente et que d’autres dépenses, comme le logement, progressent plus rapidement. Les changements de prix relatifs contribuent également à cette évolution.
Les ménages achètent-ils moins de viande qu’en 1959 ?
Les données montrent que la viande représente une part moins importante du panier alimentaire : 15,6 % en 2025, contre 21,5 % en 1959. Elles ne permettent toutefois pas de mesurer directement les quantités consommées, car elles sont exprimées en valeur aux prix courants.
Quelle catégorie alimentaire a le plus progressé ?
Parmi les catégories étudiées, les plats préparés et autres produits alimentaires connaissent l’une des plus fortes progressions. Leur part passe d’environ 3,0 % du panier en 1959 à 9,8 % en 2025.
Ce que révèle l’évolution du budget des ménages
Depuis 1959, le budget des ménages français est passé d’une structure dominée par l’alimentation à une structure dominée par le logement.
L’alimentation au sens large demeure un poste majeur, mais sa part est passée de 33,9 % à 20,9 %. Dans le même temps, le logement et l’énergie sont passés de 12,2 % à 28,0 % et ont pris la première place en 1985.
La transformation concerne également la manière de se nourrir. La restauration représente désormais plus du tiers du budget alimentaire au sens large. À domicile, la viande et les boissons alcoolisées occupent une place moins importante, tandis que les plats préparés, les produits laitiers, les boissons non alcoolisées et les produits sucrés ont progressé.
Une prochaine analyse permettra de distinguer les effets des prix et des volumes. Elle aidera à déterminer si ces évolutions correspondent à une modification réelle des quantités consommées ou principalement à une transformation des prix relatifs.

