
Article initialement publié en mai 2020 et entièrement mis à jour en août 2026 à partir des dernières données disponibles de FAOSTAT, de Tomato News, du World Processing Tomato Council et d’UN Comtrade.
La tomate est l’un des légumes les plus produits dans le monde. Elle est commercialisée fraîche, mais alimente également une importante industrie de transformation produisant notamment du concentré, des tomates pelées, des sauces, du coulis et du jus.
En 2024, la production mondiale de tomates a atteint 188,5 millions de tonnes, contre seulement 27,6 millions de tonnes en 1961. Elle a donc été multipliée par environ 6,8 en 63 ans.
Cette progression s’est accompagnée d’une transformation profonde de la géographie de la production. L’Asie représente désormais plus de 60 % des volumes mondiaux et la Chine assure, à elle seule, près du tiers de la production.
Cette analyse présente :
- l’évolution de la production mondiale depuis 1961 ;
- les principaux pays producteurs ;
- la répartition de la production en 1961 et en 2024 ;
- les spécificités de la tomate destinée à l’industrie ;
- les principaux exportateurs et importateurs de concentré ;
- les grands flux commerciaux de tomates fraîches.
Les graphiques sont interactifs : il est possible de sélectionner une année, de rechercher un pays ou de survoler les différentes zones afin d’afficher les valeurs détaillées.
Comment mesurer la production mondiale de tomates ?
La production mondiale de tomates peut être étudiée à partir de trois indicateurs principaux : les volumes produits, les surfaces récoltées et les rendements.
La production de tomates en tonnes
La production correspond à la quantité de tomates récoltées au cours d’une année. Elle est exprimée en tonnes et permet de comparer les volumes produits par les différents pays ainsi que leur évolution dans le temps.
Selon FAOSTAT, la production mondiale de tomates a atteint 188,5 millions de tonnes en 2024, contre 27,6 millions de tonnes en 1961.
Cet indicateur porte sur l’ensemble des tomates récoltées, qu’elles soient ensuite :
- vendues et consommées fraîches ;
- destinées à la transformation industrielle ;
- utilisées pour produire du concentré, des sauces, des tomates pelées, du coulis ou du jus.
Les statistiques de production agricole ne permettent donc pas, à elles seules, de distinguer précisément les tomates commercialisées sur le marché du frais de celles livrées aux usines de transformation.
Les surfaces récoltées en hectares
Les surfaces récoltées correspondent aux superficies sur lesquelles les tomates ont effectivement été récoltées au cours de l’année. Elles sont exprimées en hectares.
Leur évolution permet de déterminer si la progression de la production repose principalement sur une extension des surfaces cultivées ou sur une amélioration des rendements.
Une augmentation des volumes ne signifie donc pas nécessairement que davantage de terres sont consacrées à la tomate. Elle peut également résulter de techniques de production plus performantes, du développement des cultures sous serre, de l’irrigation ou de l’utilisation de variétés plus productives.
Le rendement en tonnes par hectare
Le rendement rapporte la production totale à la surface récoltée. Il est généralement exprimé en tonnes par hectare :
Rendement = production en tonnes ÷ surface récoltée en hectares
Cet indicateur permet de comparer la productivité des systèmes de production. Deux pays disposant de surfaces similaires peuvent obtenir des volumes très différents en fonction :
- des conditions climatiques ;
- de l’accès à l’eau ;
- des variétés cultivées ;
- du recours aux serres ;
- du niveau de mécanisation ;
- des pratiques agronomiques ;
- de la destination des tomates produites.
Les rendements des cultures sous serre peuvent notamment être très supérieurs à ceux des cultures en plein champ. Une comparaison internationale doit donc tenir compte des différences entre les systèmes de production.
La tomate d’industrie constitue une partie de la production totale
Les données consacrées à la tomate d’industrie ne doivent pas être ajoutées aux chiffres de la production mondiale publiés par FAOSTAT.
Les tomates destinées à la transformation sont déjà comprises dans la production agricole totale. Les statistiques de Tomato News et du World Processing Tomato Council permettent simplement d’identifier, au sein de cette production, les volumes livrés aux industries de transformation.
Il convient ainsi de distinguer :
- la production totale de tomates, mesurée par FAOSTAT ;
- la production de tomates destinées à l’industrie, qui constitue une partie du total ;
- la production de concentré et d’autres produits transformés, exprimée en poids de produit fini ;
- les échanges commerciaux, qui peuvent comprendre des réexportations.
Ces différents chiffres ne doivent donc pas être additionnés directement.
Une production mondiale multipliée par près de sept depuis 1961
La production mondiale de tomates est passée de 27,6 millions de tonnes en 1961 à 188,5 millions de tonnes en 2024. Malgré des fluctuations annuelles, sa progression s’est poursuivie presque continuellement sur l’ensemble de la période.
Cette croissance a surtout été portée par l’Asie. La production asiatique est passée de 7,6 millions à 113,9 millions de tonnes, soit une multiplication par près de 15. L’Asie assure ainsi aujourd’hui plus de 60 % de la production mondiale.
La progression est également particulièrement forte en Afrique. La production du continent est passée de moins de 2 millions de tonnes en 1961 à 26,4 millions de tonnes en 2024, soit une multiplication par plus de 13.
Les évolutions ont été moins rapides dans les autres régions :
- la production des Amériques est passée de 7 à 25,2 millions de tonnes ;
- celle de l’Europe est passée de 10,9 à 22,5 millions de tonnes ;
- celle de l’Océanie est passée de 181 000 à près de 498 000 tonnes.
L’Europe produit donc davantage de tomates qu’en 1961, mais son poids relatif a fortement diminué en raison de la croissance beaucoup plus rapide de l’Asie et de l’Afrique.
Graphique 5.1 Évolution de la production mondiale de tomates par continent entre 1961 et 2024 (en tonnes)
La Chine, l’Inde et la Turquie dominent désormais la production
L’évolution du classement des principaux producteurs illustre la transformation de la géographie mondiale de la tomate.
En 1961, la Chine et les États-Unis occupaient déjà les deux premières places avec environ 4,8 millions de tonnes chacun. Ils étaient suivis par l’URSS, l’Italie, l’Espagne et la Türkiye.
Depuis cette date, la Chine a connu une croissance spectaculaire. Sa production est passée de 4,8 millions de tonnes en 1961 à 61,7 millions en 2024. Elle a donc été multipliée par près de 13.
L’évolution de l’Inde est encore plus marquée : sa production est passée de 464 000 tonnes à 21,3 millions de tonnes, soit une multiplication par environ 46. L’Inde est aujourd’hui le deuxième producteur mondial.
La Turquie occupe la troisième place avec 14,6 millions de tonnes, devant les États-Unis, qui produisent environ 10,7 millions de tonnes. Même si la production américaine a plus que doublé depuis 1961, sa progression a été beaucoup moins rapide que celle des principaux producteurs asiatiques.
Plusieurs pays africains se sont également imposés dans le classement mondial. L’Égypte produit désormais 7,5 millions de tonnes, le Nigéria 3,7 millions et l’Algérie près de 1,8 million.
L’Italie et l’Espagne restent les deux principaux producteurs de l’Union européenne, avec respectivement 6 millions et 4,6 millions de tonnes en 2024. Leur poids relatif dans la production mondiale a néanmoins nettement diminué.
Graphique 5.2 Évolution de la production des principaux pays producteurs de tomates entre 1961 et 2024 (en tonnes)
La répartition mondiale de la production s’est profondément transformée
Les volumes montrent l’ampleur de la croissance. La comparaison des parts mondiales permet, quant à elle, de mesurer la transformation de l’équilibre entre les pays et les continents.
En 1961, la Chine et les États-Unis étaient presque à égalité
En 1961, la production mondiale était dominée par deux pays aux volumes quasiment identiques. La Chine représentait 17,47 % de la production mondiale, contre 17,46 % pour les États-Unis.
L’écart entre les deux pays ne dépassait alors que 5 181 tonnes. Aucun d’entre eux ne disposait donc de la position dominante qu’occupe aujourd’hui la Chine.
L’URSS arrivait en troisième position avec 12,31 %, devant l’Italie avec 9,69 %. L’Espagne et la Türkiye représentaient respectivement 4,36 % et 4,06 % du total mondial.
Les principales parts étaient les suivantes :
- Chine : 17,47 % ;
- États-Unis : 17,46 % ;
- URSS : 12,31 % ;
- Italie : 9,69 % ;
- Espagne : 4,36 % ;
- Turquie : 4,06 % ;
- Égypte : 3,15 % ;
- Bulgarie : 2,63 % ;
- France : 1,92 % ;
- Mexique : 1,70 %.
Les dix premiers pays réalisaient ensemble 74,75 % de la production mondiale.
À l’échelle continentale, l’Europe constituait la première zone de production avec 39,42 % des volumes mondiaux. Elle devançait l’Asie, qui en représentait 27,53 %, et les Amériques, avec 25,26 %. La part de l’Afrique ne s’élevait encore qu’à 7,13 %.
Graphique 5.3 Répartition de la production mondiale de tomates par pays et par continent en 1961 (en %)
En 2024, la Chine assure près du tiers de la production mondiale
En 2024, la situation est radicalement différente. Avec 61,7 millions de tonnes, la Chine représente 32,73 % de la production mondiale. Sa part a presque doublé depuis 1961.
L’Inde occupe la deuxième place avec 11,31 %, tandis que la Türkiye représente 7,75 %. Les États-Unis arrivent désormais en quatrième position avec 5,67 %, contre 17,46 % en 1961.
Les dix premières places se répartissent ainsi :
- Chine : 32,73 % ;
- Inde : 11,31 % ;
- Turquie : 7,75 % ;
- États-Unis : 5,67 % ;
- Égypte : 3,99 % ;
- Italie : 3,20 % ;
- Espagne : 2,43 % ;
- Mexique : 2,34 % ;
- Brésil : 2,34 % ;
- Nigéria : 1,98 %.
Ces dix pays représentent 73,74 % du total mondial, une proportion très proche de celle observée en 1961. La concentration au sommet s’est néanmoins renforcée : les trois premiers producteurs réalisaient 47,24 % de la production en 1961, contre 51,80 % en 2024.
À elle seule, l’Asie représente désormais 60,38 % de la production mondiale. L’Afrique arrive en deuxième position avec 13,99 %, juste devant les Amériques avec 13,32 %. La part de l’Europe est descendue à 11,93 %.
Graphique 5.4 Répartition de la production mondiale de tomates par pays et par continent en 1924 (en %)
La comparaison entre les deux années fait apparaître un déplacement du centre de gravité de la production vers l’Asie. La part asiatique a progressé de près de 33 points depuis 1961, tandis que celle de l’Europe a reculé d’environ 27,5 points et celle des Amériques de près de 12 points.
Comment les surfaces cultivées en tomates ont-elles évolué ?
Les données de la FAO montrent une forte extension des surfaces consacrées à la tomate depuis le début des années 1960. En additionnant les superficies déclarées par les différents pays, la surface mondiale récoltée passe d’environ 1,68 million d’hectares en 1961 à 5,12 millions d’hectares en 2024. Elle a donc été multipliée par un peu plus de trois en six décennies, ce qui correspond à une progression de 205 %.
Cette croissance n’a toutefois pas été régulière. Les surfaces atteignent 2,44 millions d’hectares en 1980, puis 3,85 millions en 2000 et 4,48 millions en 2010. Après avoir culminé à environ 5,23 millions d’hectares en 2022, elles se replient légèrement en 2023 et 2024. Ce recul récent reste limité et ne remet pas en cause la tendance de long terme.
Graphique 5.5 Évolution des surfaces consacrées à la tomate dans les 20 principaux pays producteurs (en ha)
La Chine, l’Inde et le Nigéria dominent désormais les surfaces mondiales
La géographie mondiale de la tomate a profondément changé. En 1961, les cinq pays ou ensembles territoriaux disposant des surfaces les plus importantes étaient la Chine, avec 303 000 hectares, l’URSS, avec 233 000 hectares, les États-Unis, avec 189 000 hectares, l’Italie, avec 127 000 hectares, et le Mexique, avec 69 000 hectares.
En 2024, le classement est très différent. La Chine reste en tête avec près de 1,09 million d’hectares, devant l’Inde avec 854 000 hectares et le Nigéria avec 822 000 hectares. La Turquie et l’Égypte suivent, mais à une certaine distance, avec respectivement 182 000 et 175 000 hectares.
À eux seuls, la Chine, l’Inde et le Nigéria représentent désormais environ 54 % des surfaces mondiales consacrées à la tomate. Les cinq premiers pays en concentrent un peu plus de 61 %, contre environ 55 % en 1961.
Une forte expansion des surfaces en Chine et en Inde
La Chine conserve sa première place sur l’ensemble de la période, mais sa trajectoire n’est pas linéaire. Les surfaces diminuent pendant les années 1960 et 1970, passant de 303 000 hectares en 1961 à 241 000 hectares en 1980. Elles progressent ensuite très rapidement, notamment à partir des années 1990 : 674 000 hectares en 2000, 952 000 en 2010 et près de 1,1 million en 2024.
L’Inde connaît une progression encore plus spectaculaire. Les superficies passent de 50 000 hectares en 1961 à 160 000 en 1980, puis à 460 000 en 2000 et 854 000 en 2024. L’Inde est ainsi passée de la neuvième place mondiale en 1961 à la deuxième place en 2000, position qu’elle conserve en 2024.
D’autres pays asiatiques ont également renforcé leur place. Les surfaces atteignent 68 500 hectares en Iran, 67 900 hectares en Ouzbékistan, 67 100 hectares au Pakistan et 59 000 hectares en Indonésie en 2024. La progression du Pakistan est particulièrement marquée depuis 2000, avec des surfaces qui ont plus que doublé.
Le Nigéria devient l’un des principaux pays de la tomate
La transformation la plus spectaculaire concerne le Nigéria. Les surfaces passent de seulement 18 000 hectares en 1961 à 210 000 en 2000, puis à 822 000 hectares en 2024. Le pays occupe désormais la troisième place mondiale, alors qu’il se situait autour de la vingtième place au début de la période.
Les données nigérianes présentent cependant des variations importantes au cours des dernières années, avec un maximum dépassant un million d’hectares en 2022. Elles doivent donc être interprétées avec prudence, notamment lorsque certaines valeurs reposent sur des estimations nationales ou de la FAO.
La progression africaine ne se limite pas au Nigéria. Le Cameroun passe de 6 500 hectares en 1961 à 66 100 hectares en 2024. La Guinée, le Mozambique, le Ghana, le Soudan et la Tanzanie figurent également parmi les pays ayant fortement développé leurs surfaces.
L’Égypte conserve parallèlement une place majeure. Ses surfaces sont passées de 61 000 hectares en 1961 à 175 000 hectares en 2024, après avoir atteint un maximum de près de 252 000 hectares en 2009.
En Afrique du Nord, l’Algérie et la Tunisie enregistrent également une progression sur longue période. L’Algérie passe de 8 500 à 24 400 hectares et la Tunisie de 7 800 à 22 600 hectares. La trajectoire du Maroc est plus modérée : ses surfaces atteignent 16 400 hectares en 2024, contre 13 800 en 1961 et 26 000 en 2000.
La production de tomates d’industrie a presque doublé depuis 1994
La tomate d’industrie est spécialement cultivée pour être transformée en concentré, sauces, tomates pelées, pulpe, coulis ou jus. Les variétés employées, les techniques de culture, les modes de récolte et l’organisation des filières diffèrent de ceux du marché de la tomate fraîche.
Les données historiques transmises par le World Processing Tomato Council permettent de suivre l’évolution de cette production depuis 1994.
La somme des pays renseignés atteignait environ 22,8 millions de tonnes en 1994. Elle dépassait 31 millions de tonnes en 1999, avant d’atteindre 42,2 millions de tonnes en 2009 et 41,3 millions en 2015.
Les données récentes montrent que la production mondiale reste très fluctuante. Elle s’élevait à 38,1 millions de tonnes en 2016, puis a atteint un sommet de 45,8 millions de tonnes en 2024. Elle est ensuite redescendue à 40,4 millions de tonnes en 2025.
L’estimation arrêtée au 30 mars 2026 faisait état d’une production mondiale de 39,8 millions de tonnes en 2026. Par rapport au niveau reconstitué de 1994, les volumes destinés à l’industrie ont ainsi augmenté d’environ 75 %.
Ces fluctuations annuelles s’expliquent notamment par les conditions météorologiques, les disponibilités en eau, les rendements, les surfaces contractualisées avec les producteurs, les prix et le niveau des stocks de produits transformés.
Graphique 5.6 Évolution de la production de tomates destinées à l’industrie par pays entre 1994 et 2026 (en tonnes)
Les États-Unis restent leaders mais leur domination s’est atténuée
Les États-Unis occupent la première place mondiale sur l’ensemble de la période. Leur production atteignait 10,46 millions de tonnes en 1994, soit près de 46 % du total reconstitué cette année-là.
En 2025, la production américaine s’élevait à environ 11 millions de tonnes, dont 10,54 millions en Californie. Les volumes sont donc proches de ceux observés en 1994, mais leur part dans la production mondiale est descendue à environ 27 %.
Cette évolution ne traduit pas un effondrement de la production américaine. Elle résulte surtout du développement de nouveaux bassins de transformation dans d’autres régions du monde.
La Chine s’est imposée parmi les trois principaux transformateurs
La Chine est le pays dont la position a le plus évolué. Sa production de tomates destinées à l’industrie est passée de seulement 600 000 tonnes en 1994 à 4,6 millions en 2019.
Après avoir atteint 10,45 millions de tonnes en 2024, elle est retombée à 4,9 millions en 2025. L’estimation pour 2026 s’établissait à 5,92 millions de tonnes.
Cette forte variabilité montre que la production chinoise s’ajuste rapidement aux conditions de marché, aux stocks et aux perspectives d’exportation de produits transformés.
L’Italie conserve une position particulièrement solide
L’Italie constitue le principal bassin européen de transformation. Sa production est passée de 3,67 millions de tonnes en 1994 à 5,84 millions en 2025.
Malgré d’importantes fluctuations annuelles, l’Italie est restée presque constamment parmi les trois premiers producteurs mondiaux. Sa filière bénéficie d’un tissu industriel développé et d’un positionnement important sur les tomates pelées, les sauces et le concentré.
L’Espagne a également renforcé sa production, qui est passée de 1,28 million de tonnes en 1994 à 2,41 millions en 2025. La Türkiye est passée de 1,1 à 2,2 millions de tonnes sur la même période.
La production mondiale est devenue moins concentrée
En 1994, les États-Unis, l’Italie et l’Espagne représentaient ensemble environ 67,5 % des volumes recensés.
En 2025, les États-Unis, l’Italie et la Chine en représentaient environ 53,8 %. La production reste donc concentrée, mais elle est désormais répartie entre un plus grand nombre de bassins.
L’Iran, le Brésil, le Chili, le Portugal, l’Algérie, la Turquie et l’Égypte occupent aujourd’hui une place significative dans l’approvisionnement mondial des industries de transformation.
Des perspectives contrastées pour la campagne 2026
Les estimations pour 2026 font apparaître des trajectoires différentes selon les pays.
La production californienne pourrait reculer de 10,54 à 8,89 millions de tonnes, soit une baisse d’environ 16 %. À l’inverse, la production chinoise pourrait remonter de 4,9 à 5,92 millions de tonnes.
L’Italie resterait relativement stable autour de 5,8 millions de tonnes. L’Espagne progresserait de 2,41 à 2,75 millions de tonnes et la Türkiye de 2,2 à 2,45 millions.
Ces chiffres correspondent à des intentions ou à des estimations de début de campagne. Ils ne doivent pas être interprétés comme des résultats définitifs.
La Chine et l’Italie dominent les exportations de concentré de tomates
Le concentré constitue l’un des principaux produits issus de la transformation de la tomate. Il est transporté sous différentes concentrations, puis utilisé par les industriels pour fabriquer des sauces, des préparations alimentaires et de nombreux produits transformés.
En 2025, les exportations mondiales recensées de concentré ont atteint environ 3,86 millions de tonnes.
La Chine était le premier exportateur avec 1,17 million de tonnes, soit un peu plus de 30 % du commerce mondial. Elle devançait l’Italie, qui exportait près de 794 000 tonnes, soit environ 20,5 % du total.
Les principaux pays suivants étaient :
- États-Unis : environ 351 000 tonnes ;
- Espagne : 303 000 tonnes ;
- Portugal : 245 000 tonnes ;
- Chili : 223 000 tonnes ;
- Iran : 177 000 tonnes ;
- Turquie : 154 000 tonnes.
La Chine et l’Italie représentent ainsi, à elles seules, plus de la moitié des exportations mondiales recensées. Les cinq premiers exportateurs en réalisent près des trois quarts.
L’analyse historique montre que la Chine et l’Italie occupaient déjà les deux premières places à la fin des années 2000. Les exportations chinoises ont toutefois connu d’importantes fluctuations en fonction des récoltes, des stocks disponibles et de la demande internationale.
Le Chili a progressivement renforcé sa position, tandis que l’Iran et la Turquie sont devenus des acteurs significatifs du commerce mondial de concentré.
Graphique 5.7 Les principaux pays exportateurs de concentré de tomates en 2025 (en tonnes)
Le commerce de tomates fraîches repose sur de grands flux régionaux
Les échanges internationaux de tomates fraîches obéissent à une géographie différente de celle du concentré. La fragilité du produit, les délais de transport et les exigences de fraîcheur favorisent les échanges entre pays proches.
D’après les déclarations recensées dans UN Comtrade, environ 7,7 millions de tonnes de tomates fraîches ont été exportées en 2024.
Le Mexique était de loin le premier exportateur avec 2,06 millions de tonnes, soit près de 27 % du total recensé. Il était suivi par :
- les Pays-Bas : 924 000 tonnes ;
- le Maroc : 798 000 tonnes ;
- l’Espagne : 638 000 tonnes ;
- la Turquie : 492 000 tonnes.
Le flux entre le Mexique et les États-Unis est de très loin le plus important : environ 2,06 millions de tonnes de tomates mexicaines ont été expédiées vers le marché américain.
En Europe et autour du bassin méditerranéen, les échanges sont plus diversifiés. Le Maroc a notamment exporté environ 411 000 tonnes vers la France et 127 000 tonnes vers le Royaume-Uni. Les Pays-Bas ont expédié près de 350 000 tonnes vers l’Allemagne et 168 000 tonnes vers le Royaume-Uni.
Les Pays-Bas constituent à la fois un producteur sous serre, un exportateur et une plateforme de réexportation. Les volumes exportés ne doivent donc pas être systématiquement interprétés comme une production intégralement nationale.
Graphique 5.8 Les principaux flux commerciaux de tomates fraîches dans le monde en 2024 (en tonnes)
Quelle place occupe la France dans la filière tomate ?
La France n’est plus un grand producteur mondial de tomates en volume. Elle se distingue cependant par des rendements élevés, une production largement orientée vers le marché du frais et une forte présence des cultures sous serre. Elle conserve également une petite filière de tomates destinées à la transformation, mais reste dépendante des importations pour satisfaire sa consommation.
Une part limitée de la production mondiale
Selon les données reprises par FranceAgriMer à partir de la Statistique agricole annuelle d’Agreste, la France métropolitaine a produit 673 634 tonnes de tomates en 2024, sur une surface récoltée de 5 293 hectares. Le rendement moyen atteint ainsi 127,3 tonnes par hectare.
Pour les comparaisons internationales, FAOSTAT estime la production française à environ 692 000 tonnes en 2024. Ce chiffre, établi sur un périmètre géographique légèrement plus large, représente 0,37 % de la production mondiale et place la France autour de la 34e position mondiale.
La différence entre les données françaises et celles de FAOSTAT ne remet donc pas en cause le diagnostic : la France occupe une place limitée dans la production mondiale, mais se distingue par un rendement élevé
La position relative de la France s’est nettement affaiblie depuis 1961. Elle produisait alors 530 400 tonnes de tomates et occupait approximativement la neuvième place mondiale, avec près de 2 % de la production totale. En 2024, les volumes français sont supérieurs d’environ 31 % à ceux de 1961, mais la production mondiale a été multipliée par près de sept. Le recul de la France dans le classement résulte donc moins d’un effondrement de sa production que d’une croissance beaucoup plus rapide en Chine, en Inde, en Turquie et dans plusieurs pays africains.
La production française a par ailleurs atteint un maximum d’environ 940 000 tonnes en 1985. Elle évolue depuis les années 2000 dans une fourchette généralement comprise entre 600 000 et 850 000 tonnes.
Des surfaces fortement réduites, mais des rendements beaucoup plus élevés
Les surfaces consacrées à la tomate en France sont passées de 20 269 hectares en 1961 à environ 6 080 hectares en 2024, soit une diminution de 70 %. La France est ainsi passée de la seizième à la 73e place mondiale pour les surfaces.
Cette contraction n’a pas entraîné une baisse équivalente de la production, car les rendements ont fortement progressé. Le rendement moyen calculé à partir des données FAOSTAT est passé d’environ 26 tonnes par hectare en 1961 à 114 tonnes par hectare en 2024. Il a donc été multiplié par plus de quatre.
Ce rendement moyen est environ trois fois supérieur à la moyenne mondiale. Il s’explique en grande partie par la place occupée par les cultures sous serre et par des systèmes de production intensifs qui permettent d’obtenir des volumes importants sur des surfaces relativement limitées.
La serre représente plus des deux tiers de la production française
Les données définitives d’Agreste permettent de distinguer trois composantes dans la production française de 2024 :
- les tomates sous serre représentent 2 108 hectares et 476 123 tonnes ;
- les tomates de plein air destinées au marché du frais occupent 1 468 hectares et produisent 54 741 tonnes ;
- les tomates de plein air destinées à l’industrie couvrent 2 505 hectares pour une production de 164 959 tonnes.
Les cultures sous serre ne représentent donc qu’environ 35 % des surfaces, mais fournissent plus de 68 % de la production française. À l’inverse, la tomate d’industrie mobilise environ 41 % des surfaces pour un peu moins de 24 % des volumes.
Cette répartition explique le niveau élevé du rendement moyen français. Elle montre également que la filière nationale repose principalement sur la tomate fraîche cultivée sous serre, davantage que sur une production extensive destinée à l’industrie.
Source : Agreste, Statistique agricole annuelle 2024, résultats définitifs.
Une petite filière de tomates destinées à l’industrie
La France conserve une production de tomates destinées à la transformation, notamment pour la fabrication de concentrés, de sauces, de tomates pelées et d’autres produits transformés. Son poids demeure cependant limité à l’échelle mondiale.
Selon les données du World Processing Tomato Council, la production française destinée à l’industrie s’établissait à environ 168 000 tonnes en 2024, puis à 186 000 tonnes en 2025. Elle représenterait moins de 0,5 % de la production mondiale de tomates d’industrie.
Pour la campagne 2026, la prévision est ramenée à 150 000 tonnes, soit une baisse de 19 % par rapport à 2025. La France se situe très loin des principaux acteurs européens que sont l’Italie, l’Espagne et le Portugal.
Sur longue période, la filière s’est contractée. La production française de tomates d’industrie atteignait 277 000 tonnes en 1994 et 371 000 tonnes en 1999. Elle est descendue à moins de 100 000 tonnes en 2007, avant de se stabiliser le plus souvent entre 130 000 et 200 000 tonnes au cours des dernières années.
Une dépendance structurelle aux importations
La production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins du marché français. Cette dépendance concerne les tomates fraîches, notamment pendant la contre-saison, mais aussi les produits transformés.
En 2024, la France a importé environ 616 000 tonnes de tomates fraîches et destinées à l’industrie, contre 350 000 tonnes exportées. Le déficit commercial en volume atteint ainsi approximativement 266 000 tonnes.
La dépendance est particulièrement forte pour le concentré de tomates. En 2024, les importations françaises ont atteint 121 000 tonnes, contre seulement 14 000 tonnes exportées. Le déficit dépasse donc 107 000 tonnes. En 2025, la France reste l’un des principaux importateurs mondiaux de concentré, avec près de 120 000 tonnes importées.
Ces données montrent que les flux d’importation ne jouent pas seulement un rôle saisonnier pour le marché du frais. Ils sont également indispensables à l’approvisionnement de l’industrie agroalimentaire française.
Source : FranceAgriMer, chiffres clés des filières fruits et légumes.
Une filière davantage positionnée sur la productivité que sur les volumes
La France occupe finalement une position intermédiaire dans la filière mondiale de la tomate. Elle n’est plus un producteur majeur en volume et dispose de surfaces relativement réduites. En revanche, ses rendements sont élevés et sa production est fortement spécialisée dans la tomate fraîche cultivée sous serre.
Ses principaux atouts résident donc dans la productivité, la maîtrise technique des cultures et la proximité du marché français. Ses principales limites sont le faible volume disponible, une saison de production qui ne couvre pas l’ensemble de l’année et une dépendance importante aux importations, particulièrement pour les produits transformés.
La France doit ainsi être considérée comme un marché important et un producteur spécialisé, plutôt que comme une grande puissance mondiale de la tomate.
Ce qu’il faut retenir
- La production mondiale de tomates a atteint 188,5 millions de tonnes en 2024.
- Elle a été multipliée par environ 6,8 depuis 1961.
- La Chine est le premier producteur mondial avec 61,7 millions de tonnes, soit 32,73 % du total.
- L’Asie représente désormais environ 60 % de la production mondiale.
- L’Inde et la Türkiye occupent les deuxième et troisième places.
- Près de 40 millions de tonnes de tomates sont destinées chaque année à la transformation.
- Les États-Unis, l’Italie et la Chine constituent les principaux pôles de la tomate d’industrie.
- La Chine et l’Italie dominent les exportations de concentré.
- Le Mexique est le premier exportateur de tomates fraîches, principalement vers les États-Unis.
Méthodologie et sources
Les données sur la production totale de tomates proviennent de FAOSTAT, dans le domaine consacré aux cultures et produits de l’élevage. Elles portent sur la production de tomates et couvrent la période 1961-2024.
Pour éviter un double comptage, la série agrégée « Chine » a été conservée dans les graphiques de répartition, tandis que ses composantes géographiques détaillées ont été exclues.
Les données sur la tomate destinée à l’industrie et le commerce du concentré proviennent du Processed Tomato YearBook 2026 publié par Tomato News, ainsi que du Processed Tomato YearBook 2018 pour les séries historiques. Les données 2026 sont des estimations ou des intentions arrêtées au 30 mars 2026.
Les données sur les échanges de tomates fraîches proviennent d’UN Comtrade. Elles correspondent aux flux déclarés sous le code douanier HS 070200. Les échanges de concentré correspondent au code HS 200290.
Les écarts éventuels entre les exportations et les importations peuvent être liés aux méthodes de déclaration, aux périodes d’enregistrement, aux réexportations et à la couverture variable des pays.
Sources principales :
- FAOSTAT, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ;
- World Processing Tomato Council ;
- Tomato News, Processed Tomato YearBook 2018 et Processed Tomato YearBook 2026 ;
- UN Comtrade, statistiques du commerce international.
À propos de l’auteur
Olivier Frey est économiste et consultant spécialisé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et les filières coopératives. Il réalise des études économiques et sectorielles, accompagne les entreprises dans leurs réflexions stratégiques et intervient dans le cadre de formations et de conférences.
Pour approfondir ces sujets :
Questions fréquentes sur la production mondiale de tomates
Quel est le premier pays producteur de tomates au monde ?
La Chine est le premier producteur mondial. En 2024, elle a produit environ 61,7 millions de tonnes, soit près de 32,7 % de la production mondiale.
Quelle quantité de tomates est produite chaque année dans le monde ?
La production mondiale a atteint environ 188,5 millions de tonnes en 2024, contre 27,6 millions de tonnes en 1961.
Quels sont les principaux pays producteurs de tomates ?
En 2024, les principaux producteurs étaient la Chine, l’Inde, la Turquie, les États-Unis, l’Égypte, l’Italie, l’Espagne, le Mexique, le Brésil et le Nigéria.
Quelle continent produit le plus de tomates ?
L’Asie est la première région productrice avec environ 60 % de la production mondiale. Cette position s’explique principalement par le poids de la Chine, de l’Inde et de la Turquie.
Quelle est la différence entre tomate fraîche et tomate d’industrie ?
La tomate fraîche est principalement destinée à être vendue directement aux consommateurs. La tomate d’industrie est cultivée pour être transformée en concentré, sauces, tomates pelées, coulis, pulpe ou jus.
Quel est le premier exportateur de concentré de tomates ?
La Chine est le premier exportateur mondial de concentré de tomates. Elle devance l’Italie, les États-Unis, l’Espagne et le Portugal.
Quel est le premier exportateur de tomates fraîches ?
Le Mexique est le premier exportateur mondial en volume. L’essentiel de ses exportations est destiné aux États-Unis.


Dear Olivier,
You’ve done a great job.
However, I’d like to clarify the situation with the acreage reflected at graph 5.2.
There’s no Russia in your top 40 list. However, this country had more than 18K ha in 2018, despite this figure had declined drastically since 2001. Please find the source: https://agrovesti.net/lib/industries/vegetables/posevnye-ploshchadi-i-valovye-sbory-pomidorov-otkrytogo-grunta-v-rossii-itogi-2018-goda.html
Unfortunately this one is in original language only, but I think you can understand the diagram inside.
Hope, it will help in your future researches.
Best regards,
Rishat Salimgareev
Tomato Enthusiast
Hello. It’s true, Russia was indeed missing. I made the corrections with the data I had.
Thanks for pointing that out.